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Qui sont Jacques Doillon et Benoît Jacquot, les deux réalisateurs accusés par Judith Godrèche ?

Cinéastes, Jacques Doillon et Benoît Jacquot sont des grandes figures du cinéma d’auteur français. Ils sont tout deux visés depuis ce jeudi 8 février par une plainte de Judith Godrèche pour viol sur mineur de 15 ans.

Ils sont tous les deux des héritiers de la Nouvelle Vague. Jacques Doillon et Benoît Jacquot ont incarné pendant plusieurs décennies le cinéma d’auteur français. Tout deux ont travaillé avec des acteurs et actrices prestigieux. Les films qu’ils ont réalisé sont le fruit d’un cinéma prolifique, peu populaire en salles mais qui ont la côte aux festivals. Depuis jeudi, les deux cinéastes sont mis à cause par l’actrice et scénariste Judith Godrèche qui a porté plainte pour viol sur mineur de 15 ans.

Jeunesse et cinéma

Né le 15 mars 1944 à Paris, déjà au lycée Jacques Doillon est fan de westerns. Il découvre les films de Bresson et Dreyer et en tombe amoureux. Jacques Doillon est issu d’un milieu modeste et enchaîne les petits boulots. Il est convaincu de ne pas pouvoir se faire une place dans le monde du 7ème art. Alors que se profile une carrière d’assureur, il fait un stage de six mois dans un laboratoire de cinéma. On fait bientôt appel à lui comme assistant monteur, sur des films de Robbe-Grillet ou Reichenbach. À partir de la fin des années 60, parallèlement à son activité de monteur, il tourne plusieurs documentaires de commande. Le premier véritable court métrage de Jacques Doillon, On ne se dit pas tout entre époux (1971), est l’adaptation d’une BD de Gébé, un dessinateur de Charlie Hebdo.

Jacques Doillon sur le tournage du film « La Pirate ».

Benoît Jacquot naît le 5 février 1947 à Paris. Très jeune, il fait ses débuts dans le cinéma. À l’âge de 17 ans il devient assistant de Bernard Borderie sur un film de la série Angélique. Au début des années 70, il tourne beaucoup pour la télévision, des documentaires comme des adaptations d’œuvres de Kafka ou Blanchot. Benoît devient ensuite l’assistant-réalisateur de Marguerite Duras et de Marcel Carné. Au début des années 70, il tourne principalement des documentaires télévisés. En 1987, Benoît Jacquot réalise le film qu’il considère être son premier vrai long métrage : Les Mendiants. Le film se heurte à un semi-échec et le réalisateur démoralisé rencontre la jeune Judith Godrèche. Cette dernière le convainc de tourner La Désenchantée, un long-métrage qui sera salué par la presse.

Jacques Doillon et Benoît Jacquot : deux grands réalisateurs

En 1974, Jacques Doillon réalise un deuxième film plus introspectif. Intitulé Les Doigts dans la tête, le film explore les vicissitudes amoureuses et professionnelles d’un apprenti boulanger. Ce film est salué par François Truffaut. Lorsque Claude Berri propose à Maurice Pialat de diriger Un sac de billes, ce dernier refuse. Truffaut suggère alors à Berri d’engager Doillon pour le projet.

Après le succès commercial de ce film, le réalisateur se lance dans des projets plus personnels. Il tourne La Femme qui pleure et La Drôlesse en 1978 (ce dernier remporte le Prix du Jeune cinéma à Cannes en 1979). Ces deux films illustrent l’approche de Doillon qui met en avant les relations de couple en crise. Il explore aussi le monde de l’enfance et de l’adolescence.

Dans les années 80 et 90, il réalise en moyenne un film par an et a le soutien de la critique. Il rencontre un grand succès public en 1990 avec Le Petit criminel (Prix Louis-Delluc), un portrait sensible d’un jeune délinquant à la recherche de sa sœur. C’est un grand passionné de Nathalie Sarraute et de théâtre. Il accorde d’ailleurs une grande importance au langage. On retrouve celui des adolescents des beaux quartiers avec Le Jeune Werther, 1993, des jeunes des cités avec Petits Frères, 1999, des amours de Benjamin Constant et Germaine de Staël dans Du fond du cœur, ou même d’une fillette de quatre ans avec Ponette, qui crée la controverse à Venise en 1996.

Son travail est régulièrement sélectionné dans de prestigieux festivals de cinéma à travers le monde. En 2017, il est en compétition pour la Palme d’or au Festival de Cannes avec son dernier film, Rodin. Cela faisait près de trente ans qu’il n’avait plus était dans la compétition.

En 1990, avec La Désenchantée, Benoît Jacquot entame une nouvelle phase de sa carrière. Inspiré par la jeune actrice débutante Judith Godrèche, il réalise un portrait émouvant d’une adolescente passionnée. Il poursuit avec La Fille seule en 1995, mettant en avant une autre jeune comédienne, Virginie Ledoyen, dans une œuvre épurée qui reçoit les louanges de la presse internationale. Le Septième Ciel marque un nouveau tournant vers le grand public, attirant ensuite des stars telles qu’Isabelle Huppert (L’École de la chair, présenté à Cannes en 1998), Isabelle Adjani (Adolphe), ou encore Catherine Deneuve (dans le téléfilm Princesse Marie).

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Son style, oscille entre une rigueur classique et l’audace des productions majeures, et reçoit rapidement l’approbation des critiques. En 2012, il remporte le Prix Louis Delluc, considéré comme le Goncourt du cinéma, pour Les Adieux à la reine, un film historique.

L’année suivante, il réalise Trois cœurs avec un casting comprenant Benoît Poelvoorde, Charlotte Gainsbourg, Chiara Mastroianni et Catherine Deneuve. En 2015, Benoît Jacquot adapte Le Journal d’une femme de chambre de Mirbeau, avec Lea Seydoux dans le rôle principal, et tourne également À Jamais, introduisant cette fois au grand public Julia Roy.

À lire aussi : Plus belle la vie : qui est Agathe de La Boulaye, l’interprète de Vanessa Kepler ?

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