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Remake français : top 5 des bonnes et des mauvaises idées

Blood Ties vs Les Liens du Sang

Si faire un remake français peut être une bonne idée cela donne parfois lieu à de vrais ratés. Petite revue des bonnes et des mauvaises idées en la matière.

Les Confessions, ce mercredi sur les écrans, est la 3e adaptation à l’écran du roman de Béatrice Beck, Léon Morin, Prêtre. Après Jean-Pierre Melville (avec Jean-Paul Belmondo et Emmanuelle Riva) et Pierre Boutron (avec Robin Renucci et Nicole Garcia), au tour de Nicolas Boukhrief d’aborder cette histoire forte, avec Romain Duris en prêtre déstabilisant et Marine Vacht en communiste athée convaincue. Qu’un réalisateur décide d’apporter sa patte en racontant une histoire qui a déjà été racontée n’est pas rare. En France, de nombreuses oeuvres françaises ont eu droit à leur remake, parfois pour le meilleur, souvent pour le pire. Voici 5 règles à suivre. Ou pas.

Se battre pour un remake de film culte : idée moyenne

La Guerre des Boutons, ce film culte (et immense succès) d’Yves Robert de 1961, avec son Petit Gibus, sa bataille d’enfants nus, ses paysages qui sentent bon la France d’antan.. voilà une bonne idée de remake ! C’est ce que se dit Marc du Pontavice, producteur de Gainsbourg, la vie héroïque. Somme toute l’idée est légitime : le film a presque 50 ans, l’histoire est originale, et Yann Samuel, réalisateur de Jeux d’Enfants a des choses à dire et accepte de travailler le scénario. Problème : Danièle Delorme, veuve d’Yves Robert et détentrice des droits du film, refuse catégoriquement de les céder. Solution : les droits du livre original, de Louis Pergaud, tombent dans le domaine public en 2011. Nous sommes en 2008, largement le temps de préparer tout ça. Ecriture, casting (Alain Chabat, Eric Elmosnino, Mathilde Seigner, Fred Testot), préparation du tournage tout se passe bien.
Jusqu’en décembre 2010, où, flairant le bon coup, Thomas Langmann, tout juste auréolé du grand chelem de The Artist, se rend compte que ce serait une bonne idée de faire un remake de La Guerre des Boutons. Et lance donc au pas de course la production d’une autre adaptation. En 6 mois, scénario, casting (Laetitia Casta, Kad Merad, Guillaume Canet, Gérard Jugnot.. L’artillerie lourde quoi), tournage (sous la houlette de Christophe “les Choristes” Barratier), campagne marketing éclair sont ficelé. Les deux films sortent à une semaine d’intervalle, après batailles juridiques, combats de posters à Cannes, et affrontement médiatique sur qui est le plus dans son droit d’avoir adapté cette histoire. Une guerre de la guerre des boutons qui se soldera par un KO mutuel, les deux films finissant leur carrière sur les écrans autour de 1,5 millions de spectateurs, avec des critiques partagées sur la qualité des oeuvres. “Si j’avais su..” comme dirai l’autre..

Soigner son sujet : bonne idée

En 2004, Christophe Barratier écrabouille le box-office français avec Les Choristes, joli petit film nostalgique sur l’épanouissement par le chant d’enfants difficiles. Plus de 7 millions de spectateurs se déplaceront pour voir Gérard Jugnot (Clément Mathieu, le gentil surveillant fan de chant) et François Berléand (Rachin, le vilain directeur de l’internat) s’affronter sur fond d’image sépia et de voix d’ange. Mais saviez-vous que le film était un remake de La Cage aux Rossignols, gros succès populaire de la rentrée 1945 ? Le film écrit par l’interprète du rôle de Clément Mathieu, Noël-Noël, rassemblera plus de 5 millions de spectateurs, et gagnera le prix Désirée du meilleur film, qui se voulait l’équivalent des Oscars en France, mais qui ne sera remis qu’une seule année. En tous cas l’adaptation de Barratier, outre le succès public, est un triomphe critique : 6 nominations aux César, 3 aux BAFTA, et 2 aux Oscars !

A lire aussi : 5 acteurs/réalisateurs dont vous entendrez parler en 2017

Adapter des succès “clé en main” : mauvaise idée

En 2011, Starbuck, petite comédie québécoise de Ken Scott, sur un donneur de sperme qui se retrouve père de 533 enfants malgré lui, séduit le monde entier. Drôle, touchant, bien réalisé et subtilement interprété, le film bénéficie en plus d’un scénario simple et efficace qui aborde des thèmes universels. Tout ce qu’il faut donc pour en faire un remake ! Ce que personne ne se privera de faire : Spielberg demande à Ken Scott de repartir pour un tour derrière la caméra pour la version US (Delivery Man, avec Vince Vaughn dans le rôle principal) et une version Bollywood rencontre un grand succès en Inde. En France, c’est Isabelle Dorval qui s’y colle, avec son compagnon, José Garcia, devant la caméra. Fonzy (c’est le titre du film) fait tout ce qu’un remake ne doit pas faire. Plutôt que d’adapter l’original à son époque, sa culture, ses interprètes, la réalisatrice fait un copier-coller maladroit de Starbuck. Pas inspiré, beaucoup moins drôle que l’original et même pas émouvant, Fonzy se cassera la margoulette au box-office : 400 000 spectateurs. C’est ce qui arrive quand on ne soigne pas son film.

Viser l’international : bonne idée.. sur le papier

Bon ok, Blood Ties est un film américain. Mais c’est Guillaume Canet qui réalise, et c’est un film très intéressant pour notre propos. En 2008, Canet et François Cluzet incarnent deux frères ennemis, un policier et un truand, dans Les liens du Sang, de Jacques Maillot. Basé sur le livre autobiographique des frères Papet, le film a un potentiel fascinant que vient renforcer la caution “histoire vraie”. Mais la qualité de la réalisation et l’investissement du casting ne suffiront pas à séduire le public. 400 000 spectateurs plus tard, le film tombe aux oubliettes.
Mais dès 2007, Guillaume Canet caresse l’idée d’adapter l’oeuvre aux Etats-Unis. Là encore, le propos universel du film est un atout. Le réalisateur, dont la réputation outre-Atantique n’est plus à faire depuis le succès de Ne Le Dis à Personne (adaptation du livre d’Harlan Coben, Tell No One) se lance alors dans un parcours du combattant pour mener son projet à bien. Il coiffe au poteau Ridley Scott, qui voulait lui aussi adapter le film, en achetant les droits de remake avant lui. Canet s’offre les services du passionnant James Gray (La Nuit Nous Appartient), venu l’épauler pour l’écriture d’un script intégralement en anglais. Le réalisateur réunit un casting US 5 étoiles : Clive Owen , Billy Crudup (après la défection de dernière minute de Mark Wahlberg), la légende James Caan, Matthias Shoenhaerts, Mila Kunis, Zoe Saldana, et l’inévitable Marion Cotillard. Il s’entoure également de techniciens pointus, qui lui permettent de retranscrire l’ambiance d’un New York des mauvais quartiers des 70’s à la perfection. Bref, il met toutes les chances de son côté pour s’approprier le sujet et en faire une oeuvre passionnante.


Mais rien ne marche comme prévu. Le tournage américain, difficile et très différent de ce qui se fait en France, se termine à temps pour permettre une projection à Cannes. Drame : le film est hué car trop long, sans rythme. C’est une frustration, car on sent l’énorme potentiel de l’oeuvre, et l’investissement de tous. A sa sortie, en 2013, et malgré un nouveau montage final amputé de 40 minutes, le film se plante en beauté : à peine 200 000 spectateurs. On voit là toute le paradoxe du 7e Art : une bonne histoire, de bons acteurs et une solide réalisation ne sont pas gages de succès. C’est d’autant plus dommage que Blood Ties est un exemple d’appropriation par un auteur du matériau original.

Daniel Auteuil VS Marcel Pagnol : très mauvaise idée.

Daniel Auteuil est l’un de nos plus grands acteurs en activité. La Reine Margot, La Fille sur le Pont, 36 Quai des Orfèvres, l’exceptionnel La Personne aux Deux Personnes.. La liste des films dans lesquels il brille est longue, tout autant que le nombre de fois où il a été nommé aux César : 12. Révélé au grand public en 1980 dans Les Sous-doués, il connaitra la consécration (et obtiendra le premier de ses deux César) en 1986 pour le diptyque de Claude Berri Manon des Sources et Jean de Florette, adaptés de Marcel Pagnol.

C’est donc tout naturellement qu’il se tourne vers l’oeuvre du provençal le plus connu de France pour sa première réalisation en 2010. La Fille du Puisatier avait été porté à l’écran par Pagnol en 1940, avec Raimu et Fernandel à l’image. Auteuil reprendra le rôle de Raimu, Kad Merad celui de Fernandel. Faut-il aller plus loin pour vous dire la catastrophe de ce projet ubuesque ? Jeu mou, accent désastreux, réalisation raplapla.. Malgré tout le respect que l’on porte à Daniel Auteuil, Kad Merad ou Nicolas Duvauchelle, rarement on les aura vu aussi mauvais. La Fille du Puisatier version 2011 est une purge caricaturale, qui connaitra pourtant un petit succès public, avec 1,4 millions de spectateurs. Mais il semble exister une Justice dans le monde du cinéma, puisque 2 ans plus tard, Fanny et Marius, les deux premières parties de la trilogie de Pagnol version Auteuil 2.0 (et toutes deux aussi brillantes que La Fille du Puisatier) se plantent monstrueusement au box-office. N’est pas Pagnol qui veut.

A lire aussi : Au cinéma cette semaine : Traque à Boston, Mr & Mme Adelman, Miss Sloane, Les Figures de l’Ombre

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