L’attaque chimique de la semaine dernière, imputée au régime de Bachar al-Assad, a suscité le mécontentement des Occidentaux. Londres, Paris et Washington ont décidé ce week-end, de frapper conjointement des « sites d’utilisation d’armes chimiques » en Syrie.

Des preuves pour légitimer les frappes

La semaine dernière, une attaque chimique a fait plus de 40 morts dans la Ghouta orientale syrienne. Imputée au régime de Bachar al-Assad, les États-Unis, la France et le Royaume-Uni en tête, ont souhaité réagir. Cette dernière a pris la forme de frappes avec une centaine de missiles envoyés de manière coordonnée par Emmanuel Macron et ses homologues britannique et américain.

Des « sites d’utilisation d’armes chimiques » visés

Pour la première fois, la France a eu recours à des missiles de croisière navals à 2,86 millions d’euros pièce. Ces derniers ont la particularité de pouvoir frapper à très longue distance depuis la mer. L’objectif ? Viser des « sites de production et de stockage d’armes chimiques » du régime syrien. Paris est à l’origine de douze des missiles ayant visé la Syrie dans la nuit de vendredi à samedi. Les tirs français se sont concentrés sur deux sites dans la région de Homs. Le premier était dédié au stockage d’armes, le second à leur production assure le ministère des affaires étrangères. La ministre, Florence Parly a annoncé le tir, ainsi que ses objectifs ce samedi. Pour Jean-Yves Le Drian, ministre des affaires étrangères, une bonne partie de l’arsenal chimique syrien aurait été détruit.

Syrie

Carte illustrative des frappes françaises en Syrie – Crédit : AFP

 

Désapprobation syrienne et russe

Une visite dédiée aux médias a été organisée par le ministère de l’Information syrien sur site. D’après l’agence de presse officielle du pays, Sana, la destruction du centre de recherches a entraîné celle d’un « centre de formation et de laboratoires scientifiques ». Le régime syrien a d’ailleurs affirmé que l’opération conjointe constituait une violation « flagrante » du droit international. La Russie qui soutient Damas de manière indéfectible a également fait valoir son mécontentement. Les frappes conduites ont été perçues comme une « insulte » au président russe Vladimir Poutine, d’après l’ambassadeur aux Etats-Unis, Anatoli Antonov. Si les alliés ont soigneusement évités de toucher les forces russes très présentes dans le pays. Moscou n’avait pas été averti à l’avance des cibles choisies.

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Un pompier syrien dans les décombres du Centre de recherches scientifiques de Damas – Crédit : REUTERS – Omar Sanadiki

 

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Des précédents

En avril 2017, une frappe américaine visait la base militaire d’Al-Chaayrate, située près de Homs. Il s’agissait déjà de représailles suite à une attaque à l’arme chimique imputée à Damas. Pour le ministre américain de la défense, Jim Mattis, « Il est clair que le régime Assad n’avait pas reçu le message l’an dernier ». Les forces américaines ont cette fois employé deux fois plus de munitions.

S’affranchir du droit international pour le faire respecter ?

Les frappes conduites par Paris, Londres et Washington sont illégales du point de vue du droit international. En effet, lors de la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU qui s’est tenue la semaine dernière, la Russie a opposé son veto à d’éventuelles frappes. Il s’agissait du 12ème veto russe depuis le début du conflit. Pour Theresa May, le recours à la force était inévitable, puisque que « tous les recours diplomatiques » avaient déjà été explorés en vain. La capacité à se passer d’une résolution des Nations unies pour punir Damas fait toutefois grincer des dents. Pour Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, « l’incapacité à trouver un compromis pour établir un mécanisme d’enquête menace de conduire à une escalade militaire totale ». Emmanuel Macron quant à lui, a tenu à congratuler les soldats français au cours de son apparition télévisée d’hier. L’occasion également d’évoquer  une opération « réussie ».