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Tout comprendre à l’affaire Tapie !

La saga Tapie-Adidas-Crédit lyonnais continue ! Bernard Tapie a fait fort cette fois-ci. 1 milliard d’euros, c’est ce que réclame l’homme d’affaires à l’Etat dans le cadre du litige qui l’oppose au Crédit lyonnais et au CDR. Retour sur une affaire devenue éminemment politique.

Point de commencement : la vente de l’entreprise Adidas

Tout a commencé en 1992 lorsque Bernard Tapie a été nommé ministre de la ville dans le gouvernement Bérégovoy. Aspirant depuis longtemps à une carrière politique, l’homme d’affaires accepte la condition fixée par François Mitterrand : vendre les actifs de son groupe et l’équipementier sportif Adidas. Le Crédit lyonnais est chargé de la vente de l’entreprise. De là, commence le début des problèmes. La banque aurait réalisé une forte plus-value en rachetant l’entreprise Adidas au prix minimum (315 millions d’euros) et en la revendant au prix fort de 701 millions d’euros à l’homme d’affaires Robert Louis-Dreyfus. Révolté, Bernard Tapie s’est dit lésé et trompé par la banque qui aurait engrangé 229 millions d’euros dans son dos. En 1995, les liquidateurs du groupe Tapie attaquent le Crédit lyonnais en justice. « On les attaque pour avoir eu un profit sur une vente qu’ils étaient chargés d’assurer » justifie Bernard Tapie.

Tapie

Une affaire qui atteint les hauts sommets du pouvoir

L’affaire prend alors un tournant politique car le Crédit lyonnais est, à cette époque, en situation de quasi faillite. Le consortium de réalisation (CDR), organisme de l’Etat, est alors mis en place pour apurer le passif de la banque. Pendant dix ans les procédures se multiplient et ce n’est qu’en 2007, lorsque le candidat Sarkozy est élu, que l’affaire change de visage. Christine Lagarde, alors désignée ministre de l’Economie, ordonne au CDR de régler le conflit par un arbitrage privé plutôt que par la justice ordinaire. Trois arbitres sont nommés et condamnent le CDR à verser 403 millions d’euros à Bernard Tapie. Les accusations fusent de part et d’autre, de la gauche mais aussi de la droite, Christine Lagarde n’ayant pas suivi l’avis de ses services à Bercy. On lui reproche d’avoir cédé à des pressions venant de l’exécutif, ce qu’elle nie totalement.

Christine Lagarde

Une enquête est ouverte à partir de 2011 et des figures proches du pouvoir font surface dans cette affaire. Stéphane Richard, alors directeur de cabinet de Christine Lagarde, était chargé de monter le dossier d’arbitrage avec Jean-François Rocchi, président du CDR. Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, aurait aussi sa part de responsabilité. D’après les dires de Stéphane Richard, il aurait donné les instructions pour aller à l’arbitrage, ce que Claude Guéant réfute. Mais l’impartialité des juges est également mise en cause, Pierre Estoup étant un proche de Bernard Tapie et de son entourage, notamment de son avocat M. Lantourne.

Pourquoi demander 1 milliard d’euros aujourd’hui ?

Depuis, Bernard Tapie a avoué avoir sollicité Nicolas Sarkozy pour obtenir un arbitrage privé et l’avoir consulté à 17 reprises. La question est désormais : comment se fait-il qu’il puisse exiger une telle somme à l’Etat ? Le revirement de situation vient de son nouvel avocat, Emmanuel Gaillard, le célèbre avocat qui a obtenu la condamnation de l’Etat russe à 50 milliards de dollars dans son conflit avec Ioukos. Celui-ci aurait mis la main sur un document signé par un banquier mandaté par le Crédit lyonnais et daté du 1er février 1993, qu’il juge à même de prouver que la banque a sciemment trompé son client, Bernard Tapie.

Clarisse Duppré

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