Une page majeure se tourne pour l’École de Guerre Économique (EGE). Christian Harbulot, figure historique et pionnier de l’intelligence économique en France, quitte ses fonctions pour prendre sa retraite après avoir fondé et dirigé l’institution pendant près de trente ans. Pour lui succéder, l’école a choisi une personnalité au profil résolument stratégique et opérationnel : le général (2S) Jean-Claude Gallet.
Un profil forgé au cœur des crises et de la stratégie
Le nouveau directeur de l’EGE dispose d’une solide expérience façonnée par trois parcours professionnels distincts mais complémentaires, construits à l’intersection de la gestion des crises, du renseignement et du monde de l’entreprise:
- Le renseignement extérieur : Diplômé de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr (promotion Cadets de la France Libre 1985/1988) , Jean-Claude Gallet intègre les services de renseignements extérieurs en 1996. Il y affronte plusieurs crises internationales sur le terrain avant de prendre la tête du service géopolitique et de participer activement au renforcement du contre-espionnage.
- Le commandement de terrain : Figure bien connue de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), il en a été le Général Commandant. À ce poste, il s’est retrouvé en première ligne face aux événements marquants de la dernière décennie, orchestrant les réponses d’urgence tout en assurant l’articulation entre les décisions politiques, les contraintes techniques et la communication de crise.
- La résilience d’entreprise : Plus récemment, il a mis ses compétences au service du secteur privé en rejoignant le Groupe Michelin en tant que directeur corporate de l’anticipation, de la prévention et de la protection. Il y supervisait des secteurs clés comme la cybersécurité, la sûreté internationale et l’intelligence économique , consolidant sa vision de l’entreprise comme une composante indispensable de la souveraineté économique d’un pays.
Décloisonner les univers et miser sur l’opérationnel
Sous l’impulsion de son nouveau directeur, l’EGE entend franchir un nouveau cap en renforçant son ancrage opérationnel. Selon Christian Harbulot, la France souffre d’un déficit managérial historique dans le domaine de l’innovation. Le défi principal réside désormais dans la capacité à interconnecter les sciences humaines et l’ingénierie.
Le général Gallet souhaite s’appuyer sur la confrontation directe avec le terrain et l’étude de situations réelles pour adapter en continu les formations de l’école. Face à l’émergence de conflits informationnels, technologiques et économiques toujours plus intenses, l’objectif est clair : bâtir des ponts entre des mondes qui ont tendance à s’ignorer.
« Je souhaite faire de l’EGE un acteur toujours plus engagé au service des organisations confrontées à un environnement devenu plus complexe, plus incertain et plus conflictuel », a déclaré le Général (2S) Jean-Claude Gallet.
Cette feuille de route s’adressera aussi bien aux étudiants en formation initiale qu’aux cadres en activité via les cursus exécutifs , dans le but de faire dialoguer décideurs, ingénieurs, industriels et spécialistes du renseignement.
L’EGE, une institution de référence en mutation
Fondée en 1997 à la suite des préconisations du Commissariat Général au Plan , l’École de Guerre Économique est reconnue comme la référence française en matière d’intelligence économique.
Présente sur ses campus de Paris et de Rabat, l’institution diplôme chaque année environ 450 étudiants à travers des cycles variés allant du bachelor à la formation continue. Elle s’appuie également sur un puissant réseau d’alumni (l’AEGE), fort de plus de 3 500 experts à travers le monde. Pour Christian Harbulot, la nomination de Jean-Claude Gallet arrive à point nommé pour poursuivre cette ambition : il s’agit d’une personnalité capable « de fédérer, de rassurer et de faire dialoguer des acteurs aux cultures très différentes ».