4ème et dernier volet de la collection Les Saisons Meurtrières, Noir Enigma permet de retrouver une dernière fois le duo Patrick Chesnais et Camille Panonacle! Résultat ?

Depuis 2011 et Hiver Rouge Patrick Chesnais et Camille Panonacle arpentent la noirceur de l’âme humaine dans la collection Les Saisons Meutrières, des téléfilms adaptés des romans de l’italienne Gilda Piersenti. Il y eu Hiver Rouge donc, réalisé par Xavier Durringer, Bleu Catacombes mis en images par Charlotte Brandström et Jaune Iris mis en scène par Didier Bivel et c’est Manuel Bousinhac qui se charge de Noir Enigma, quatrième et dernier volet de la collection, diffusé ce vendredi 20 octobre par France 2.

Dans cette nouvelle histoire au titre évocateur, les deux flics vont avoir du fil à retordre autant professionnellement que personnellement. La conclusion est t-elle à la hauteur de l’attente ?

Mais c’est quoi déjà… Noir Enigma ? Sur le seuil d’une des pâtisseries les plus réputées de Paris, une jeune étudiante s’effondre… Tuée par balle. Un meurtre inexplicable : pas d’arme du crime, aucun suspect, rien dans le passé de la victime qui permette de suivre la moindre piste. Un meurtre sans mobile. Le crime parfait ? Dans les méandres de la ville lumière, un nouveau défi pour le commissaire Rousseau et le commandant Mariella de Luca.

Six ans après leur première enquête commune, où en sont le Commissaire Rousseau et le Commandant De Luca ? Toujours empêtrés dans des situations personnelles et professionnelles compliquées, elle toujours à frayer avec le frisson du danger qui la mène au bord de l’abîme et lui à vouloir résoudre l’énigme de la disparition de son fils quitte à franchir les limites. Un meurtre dans Paris et le spectre du crime parfait, sans indice, qui peu à peu se profile, tel est le postulat de départ de Noir Enigma qui, au-delà de son récit policier comme à chaque fois très bien troussé, est l’arrivée au bout de leur chemin d’un duo atypique, perclus de failles et de souffrance et qui après en avoir vu de toutes les couleurs va peut-être enfin entrevoir la lumière.

Noir Enigma reprend les codes des trois précédents téléfilms en livrant une enquête dense et tortueuse au climat oppressant et à la tension grimpant crescendo tout en nous dévoilant les coulisses troublantes de l’intimité des deux protagonistes principaux. Dans ce dernier volet Rousseau est de plus en plus borderline et la disparition de son fils commence enfin à dévoiler ses secrets tandis que De Luca trouve toujours le moyen de se mettre dans des situations inextricables à force de ténacité et d’opiniâtreté. Les deux personnages s’apprivoisent de plus en plus et la complicité des deux comédiens est patente, ce qui favorise l’empathie que l’on éprouve à leur égard.

Comme dans les précédents volets, des invités prestigieux viennent donner la réplique à nos deux héros. Après Grégory Fitoussi, Catherine Marchal ou Natacha Régnier entre autres, ce sont Andréa Ferréol et Rufus qui tiennent des rôles qu’ils endossent avec tout le talent qu’on leur connait. Doté d’un script diabolique (adaptation de Gianguido Spinelli et Gilda Piersanti d’après le roman Roma Enigma de Gilda Piersanti (Editions Le passage)) qui ne ménage pas ses rebondissements, Noir Enigma bénéficie aussi des qualités de réalisateur de Manuel Boursinhac qui apporte toutes son expérience à une histoire aux multiples ramifications.

Patrick Chesnais retrouve Rousseau lui restituant toute sa complexité et lui prêtant à nouveau sa bonhomie naturelle, son caractère bougon mais surtout l’humanité débordante dont il sait faire preuve et qui en fait l’un de nos comédiens les plus attachants. Face à lui, Camille Panonacle confirme qu’elle est une remarquable comédienne, belle et intense, capable d’apporter des nuances supplémentaires à un personnage déjà doté sur le papier d’une forte personnalité. On ne la voir pas encore suffisamment en regard de ses immenses qualités. A eux deux, ils forment un duo de flics qui nous emmènent dans les tréfonds de l’âme humaine, mais avec ces deux-là comme guides, on se dit que la route sera forcément passionnante.

Conclusion à une quadrilogie cohérente et dramatiquement puissante Noir Enigma met un point d’orgue à clore le fil rouge institué lors des débuts de la collection de manière totalement satisfaisante pour le téléspectateur. Les Saisons Meutrières restera comme une aventure forte aux couleurs sombres dont on se dit qu’elle aurait pu se perpétuer au-delà des 4 saisons, car les personnages, denses et captivants, magnifiés par leurs interprètes, en avaient vraisemblablement encore sous la semelle.

3 questions à Patrick Chesnais

Est-ce que c’était facile de retrouver à chaque fois la couleur et l’humeur du Commissaire Rousseau ?

Ce n’est pas très compliqué et puis j’aimais bien mes partenaires autour de moi dont Camille Panonacle ou Jane Birkin notamment. Une fois qu’on avait fait le premier c’était assez facile et puis on le fait avec l’humeur qu’on a sur le moment et la tonalité et l’identité des films était toujours à peu près les mêmes et je faisais tellement de choses à côté… Moi j’aime bien les acrobaties, passer d’un registre à l’autre et celui-là me permettait de faire quelque chose que je sais faire mais qui était l’identité du film et du personnage.

Comment vous le définiriez le Commissaire Rousseau ?

Je crois que c’est quelqu’un qui a beaucoup de cœur, qui est très pudique, bienveillant et généreux et qu’il est dans un premier temps dans une apparence plutôt fermée et bougonne, ce qui fait que l’addition des deux donne je crois un personnage attachant. Son regard sur le monde qui est fort et bienveillant est teinté aussi d’une grande complexité. C’est un type qui a passé toute sa vie dans le crime donc il a un côté fataliste parce qu’il en a tellement vu et ce fatalisme le rattrape dans sa vie personnelle. C’est un personnage qui est plein d’humanité qui se dévoile et qui affleure, ce qui est beaucoup plus fort que si c’est donné tout de suite.

Comment ont évolués vos rapports avec Camille Panonacle depuis Hiver Rouge ?

Je trouve que c’est une fille absolument formidable. Très vite on peut avoir des rapports extrêmement faciles avec elle, justes, vrais. Elle est charmante, elle est calme, elle a de l’humour. C’est quelqu’un que j’aime beaucoup. C’est important quand on passe quatre films ensemble et qu’on passe tout ce temps à travailler ensemble. Ça fait partie du plaisir d’avoir un partenaire avec qui on s’entend très très bien. On a sympathisé assez vite et après on a beaucoup échangé sur nos vies personnelles jusqu’à partager des moments ensemble dans des fêtes ou au restaurant. On a instauré une certaine intimité.

Propos recueillis par Fred Teper

Merci à Luc Adam, grâce à qui cette interview a pu se faire

A lire aussi : Interview – Alex Hugo : « Le cinéma français a perdu le sens du polar et de l’aventure »