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10 films qui ont fait scandale au Festival de Cannes

Pour réaliser un film qui marque l’histoire, il faut parfois tutoyer la limite de l’acceptable. Si ces prises de risques ont parfois mené à des succès historiques, certaines ont conduit à de véritables scandales, enterrant la carrière des réalisateurs. Voici 10 films qui ont fait scandale au Festival de Cannes.

Nuit et brouillard, Alain Resnais, 1957

Référence cinématographique, Nuit et brouillard a pourtant fait scandale au Festival de Cannes. Alain Resnais montre dans son film la banalisation de l’atrocité des camps, le détachement des soldats nazis et de l’armée française face à la planification méthodique du génocide.  Après 32 minutes de projection, la Commission de contrôle exige sa censure. A la demande de l’ambassade d’Allemagne, le film sera retiré de la sélection officielle.

L’Avventura, Michelangelo Antonioni, 1960

Des rires, des sifflets, des huées… Différentes réactions ont accueilli le film L’avventure de l’Italien Michelangelo Antonioni. Très lent, ce film de 2h 23min est une méditation existentielle et contemplative, ponctuée de nombreux temps morts. A la surprise générale, le film obtiendra un prix spécial du jury, pour « sa remarquable contribution à la recherche d’un nouveau langage cinématographique ».

Viridiana, Luis Buñuel, 1961

Le scandale du blasphème. Dans son film, Luis Buñuel se concentre sur les pulsions libidineuses d’un vieillard envers sa nièce alors que celle-ci souhaite entrer au couvent. Pour ponctuer son œuvre, le réalisateur transforme la « Cène » et remplace le Christ et ses apôtres par des mendiants. Le film est vivement critiqué par le Vatican et sera même censuré dans l’Espagne de Franco.

La Grande Bouffe, Marco Ferreri, 1973

« Le Festival a connu sa journée la plus dégradante et la France sa plus sinistre humiliation » déclarait François Chalais. Marco Ferreri met en scène des personnages organisant leur suicide collectif par overdose de nourriture. La projection est houleuse, les spectateurs huent devant ce film qu’ils jugent « répugnant » et « vomitif ». Ingrid Bergman, présidente du jury, jugera ce film « sordide et vulgaire ».

Crash, David Cronenberg, 1996

Parmi les films au scénario particuliers, Crash sort du lot. David Cronenberg met en scène des personnages dont les fantasmes sexuels sont liés… à des accidents de voiture. Les spectateurs sortent avec des nausées de la projection où le cinéaste donne la parole à sa fascination pour les actes sexuels transgressifs. Le tout sur fond de voitures carambolées. Pour son audace, le Jury lui donnera son prix spécial.

Funny Games, Michael Haneke et Assassins, Mathieu Kassovitz, 1997

Double scandale au festival de Cannes. Les films de Haneke et Kassovitz ouvrent un débat sur la violence au cinéma. Funny Games montre des scènes de torture physique et psychologique jugées « violence gratuite ». Haneke se défendra en expliquant avoir voulu faire réfléchir les spectateurs.

Irréversible, Gaspar Noé, 2002

Les avis sont formels : pour les spectateurs présents à la projection, Irréversible est un film « lamentable ». Plus de cent personnes quittent la salle devant ce film « insoutenable ». La scène qui fait parler, c’est la scène de torture et de viol, tournée en plan séquence de 20 minutes. Gaspar Noé, soutenu par certains spectateurs, explique avoir voulu « s’amuser à faire des choses qu’on n’a pas vues. »

Antichrist, Lars Von Trier, 2009

Lars Von Trier restera dans l’histoire du Festival de Cannes dans la catégorie scandale, à coup sûr. En 2009, il fait parler de lui avec son film Antichrist. Pornographie, violence gratuite, mutilation génitale… tout ceci est réuni en 1h48min dans ce film d’horreur franco-germano-danois-polonais. Pendant la projection, les spectateurs sifflent et huent le film, choqués par la scène de mutilation génitale. Charlotte Gainsbourg, actrice principale, recevra le prix d’interprétation féminine. Son réalisateur n’en avait pas finis avec les scandales : 2 ans plus tard, il affirme en conférence de presse avoir de la compassion pour Adolf Hitler. Il est exclu du Festival.

Mektoub, My Love: Intermezzo, Abdellatif Kechiche, 2019

3h 30 minutes de voyeurisme. C’est comme ça que l’on peut résumer le deuxième volet de la saga « Mektoub, My Love ». Le film, sans scénario, met en scène des jeunes filles. Le réalisateur privilégie les plans serrés sur les fesses des héroïnes. La presse est destructrice : les journalistes rebaptisent le film : « Mini-Short, My Love ». Ophélie Bau, actrice principale de « Mektoub », quitte la salle avant la fin de la projection. Le film n’est jamais sorti en salle.

Titane, de Julia Ducournau, 2021

Des malaises pendant la projection, des spectateurs contraints de quitter la salle pendant la projection à cause de terribles nausées… Le film Titane de Julia Ducournau n’a pas eu la première projection idéale et pourtant. 5 ans après Grave, la réalisatrice revient avec une histoire de danseuse tueuse en série, contrainte à vivre avec du titane dans son crâne après un accident de voiture pendant son enfance. L’œuvre est puissante et interroge sur le genre, le corps et la sexualité. L’actrice principale, Agathe Rousselle, interprète magnifiquement l’ambivalence entre sensibilité et monstruosité. Cette prise de risque est un carton : le film est récompensé de la Palme d’Or.

A lire aussi : Quels sont les principaux prix remis au Festival de Cannes ?

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