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5 éléments pour comprendre l’attentat de la rue des Rosiers

Le 9 août 1982, un commando ouvrait le feu dans un restaurant emblématique du quartier juif de Paris. L’attentat de la rue des rosiers fait 6 morts et 22 blessés. 40 ans plus tard, aucun procès n’a eu lieu mais l’enquête reste ouverte.

Les faits

Le 9 août 1982, dans la rue des rosiers, un commando cible le restaurant emblématique « Jo Goldenberg ». Ce soir là, une cinquantaine de personnes se trouve à l’intérieur. Les tireurs dégainent tout d’abord une grenade dans le restaurant avant de faire feu sur les clients et le personnel à coup de pistolets mitrailleurs. Ils s’en prennent par la suite à des passants dans cette même rue. Au total, 6 personnes ont été tuées dans cet attentat, 22 autres, blessées. L’attentat aura durer environ 3 minutes.

Les suspects

L’attentat de la rue des rosiers est attribué à une organisation terroriste palestinienne dissidente, le « Fatah-conseil révolutionnaire d’Abou Nidal ». Aujourd’hui, aucun procès n’a encore eu lieu mais les investigations se poursuivent en France et en Europe. Quatre suspects soupçonnés de responsabilités dans l’attentat et vivant en Cisjordanie, en Jordanie et en Norvège ont été identifiés. Des mandats internationaux ont été lancés contre eux en 2015.

Une enquête qui patine

Abou Nidal meurt à Bagdad en Irak en 2002, d’après les autorités, il s’agirait d’un suicide. Son groupe, lui, affirme qu’il aurait été assassiné par les services secrets irakiens. L’enquête patine avec notamment des problèmes diplomatiques, la justice jordanienne refuse à plusieurs reprises d’extrader deux de ses ressortissants concernés par l’attentat de la rue des rosiers. Un autre des suspects se trouve en territoire palestinien en Cisjordanie qui ne coopère pas non plus son extraction. Au final, à l’heure actuelle seulement un des suspects a été extradé. Il s’agit d’Abou Zayed, un homme de 63 ans, d’origine palestinienne et résidant en Norvège. Il est soupçonné d’être l’un des tireurs. Depuis fin 2020, il est mis en examen en France pour assassinat et tentative d’assassinat. Il a été placé en détention provisoire.

Un suspect « innocent »

Le suspect principal de l’affaire, Abou Zayed, assure qu’il n’était pas en France au moment des faits. Selon son avocat, Me Romain Ruiz, il ne serait même jamais entré sur le territoire français. Mais les nombreuses omissions, imprécisions et contradictions de son discours ne laissent pas les juges indifférents.

Né en 1958 près de Jenine, en Palestine, Abou Zayed aurait adhéré au Fatah en 1981. Il raconte avoir été envoyé dans un camp d’entraînement en Syrie et avoir séjourné au Liban de 1982 à 1983. Il a émigré en Norvège en 1991 et n’a plus quitté le pays jusqu’à son extradition.

Pour Me Ruiz, le passage en Syrie de son client ne prouve en rien sa culpabilité puisque « tous les Palestiniens militants » apprennent le maniement des armes. Mais les juges d’instruction s’appuient sur différentes preuves dont des notes des services de renseignement et trois témoins. Ces derniers, interrogés entre 2011 et 2015, se présentent comme des anciens membres d’Abou Nidal. Deux d’entre eux désignent Abou Zayed comme un membre du commando et l’un, sous couvert d’anonymat, le décrit même comme un « exécutant très important de 1977 à 1984 » au sein de l’organisation.

Les parties civiles veulent la justice

Le manque de progrès dans ce dossier est « désespérant », selon les avocats des parties civiles. Ils demandent aux autorités françaises et internationales de tout faire afin que les trois autres mandats d’arrêts aboutissent et que les suspects soient récupérés. Dans le cas contraire, il faudra se contenter d’un jugement par défaut, en présence d’Abou Zayed et de lui seul. Un procès qui serait « frustrant » pour les avocats des parties civiles. Les parties civiles réclament justice et un procès le plus tôt possible.

A voir aussi : Pourquoi ce regain de violence entre Israël et le jihad islamique ?

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