Le festival Sœurs Jumelles revient à Rochefort pour sa 6e édition, du 23 au 28 juin 2026, et confirme son identité singulière : célébrer la rencontre entre musique et image.
Rochefort s’apprête à redevenir, fin juin, l’épicentre d’un rendez‑vous singulier : le festival Sœurs Jumelles, dédié aux rencontres entre musique et image. Pour sa sixième édition, du 23 au 28 juin 2026, l’événement affirme un credo clair — faire dialoguer la composition et la narration visuelle — et le traduit par une programmation résolument tournée vers les formes hybrides et les expériences immersives.
L’ouverture du festival
La semaine démarre sous le signe de l’ampleur orchestrale. L’ouverture du festival sera marquée par une proposition symphonique : la voix de Camille associée à l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine, précédée du collectif Birds on a Wire. Ce choix illustre la volonté des programmateurs de faire de la bande originale un objet vivant : non seulement un accompagnement, mais un moteur dramatique susceptible de transformer une scène en récit. D’emblée, Sœurs Jumelles confirme son goût pour les croisements — pop et grand orchestre, cinéma et spectacle vivant — et pour les dispositifs qui élargissent l’écoute.
La Grande Bande Originale d’une Nuit d’Été
Le festival mise aussi sur la rencontre entre figures établies et nouvelles voix. La soirée intitulée La Grande Bande Originale d’une Nuit d’Été incarnera cet équilibre. Sur la scène se succéderont Pomme, Sébastien Tellier, Attawalpa et Benjamin Biolay — quatre artistes qui, chacun à leur manière, habitent la frontière entre chanson, composition et mise en image. Pomme, aujourd’hui considérée comme une narratrice de sa génération, poursuit un travail où la dramaturgie musicale flirte avec le cinéma ; Sébastien Tellier, dandy de la pop française, apporte des textures sonores théâtrales et volontiers spectaculaires ; Benjamin Biolay, figure fidèle du festival, incarne la continuité entre chanson mélodique et écriture de bande originale ; enfin Attawalpa, découverte internationale, propose un projet pensé pour l’immersion, jusque dans ses versions Dolby Atmos. Ensemble, ces artistes promettent une soirée mêlant émotion plastique et ambition sonore.
Une expérience à vivre
Au‑delà des concerts, Sœurs Jumelles se compose comme un parcours. La Corderie Royale, avec sa grande scène de 2 500 places, accueillera des formats conçus comme des expériences visuelles et narratives. Le Théâtre de la Coupe d’Or proposera des Rencontres Artistiques — masterclass et conférences — pensées pour décrypter la création et lier apprentissage et découverte. Un Cinémobile sur le quai présentera des documentaires musicaux inédits, offrant un espace d’échange entre réalisateurs, compositeurs et spectateurs. Quant à l’Église Saint‑Louis, son acoustique spécifique servira à mettre en lumière des répertoires classiques ou hybrides dans un écrin inattendu. Le cinéma local proposera, lui, des avant‑premières et projections spéciales où la musique tient le premier rôle.
Un rendez-vous professionnel
Sœurs Jumelles joue par ailleurs la carte de la professionnalisation. Le festival héberge une plateforme qui réunit pendant plusieurs jours plus d’une cinquantaine de rendez‑vous professionnels : tables rondes, ateliers pratiques, études de cas et speed meetings. Ces rencontres visent à décrypter les mutations des industries culturelles — du cinéma aux séries, en passant par l’animation, la publicité ou le jeu vidéo — et à faciliter les collaborations entre compositeurs, réalisateurs, producteurs, superviseurs musicaux et diffuseurs. C’est tout l’enjeu d’un événement qui se veut à la fois populaire et outil de travail : créer des passerelles concrètes entre métiers et générations.
L’attention portée aux jeunes talents est visible dans le Lab Sœurs Jumelles, une résidence qui accompagne chaque année six artistes émergents. Encadrés par des professionnels de l’image — réalisateurs, photographes, directeurs artistiques — les résidents travaillent leur identité visuelle, conçoivent des clips et affinent la narration de leurs projets. Ce dispositif fonctionne comme un incubateur, permettant aux propositions naissantes de gagner en lisibilité et en ambition.

La question de la diversité traverse la programmation
Les précédentes éditions ont mis en évidence une volonté d’équilibrer les genres et de mettre en lumière des voix féminines et émergentes. Cette édition poursuit cette dynamique, en associant grandes voix et découvertes de la pop francophone, tout en invitant des projets internationaux et des formes technologiques nouvelles.
L’intérêt du festival tient à cette capacité à fédérer. Sœurs Jumelles n’est pas seulement une série de concerts ; c’est une manière de penser la création contemporaine en montrant que la musique et l’image s’enrichissent mutuellement. À Rochefort, pendant une semaine, spectateurs, créateurs et professionnels pourront mesurer comment se construit aujourd’hui une bande originale — composite, visuelle, immersive — capable d’habiter pleinement les scènes comme les écrans.
Pour les curieux et les professionnels, le festival se tiendra du 23 au 28 juin 2026. Sœurs Jumelles entend ainsi confirmer sa place dans l’agenda culturel français : un laboratoire d’idées et d’expériences où se dessinent les nouvelles façons de raconter par le son et par l’image.