La mort de Lyhanna, collégienne de 11 ans retrouvée sans vie le 4 juin 2026 dans le Gers, a provoqué une onde de choc en France. Depuis lors, une autre affaire refait surface. Rosa, également âgée de 11 ans, avait été victime du même suspect, Jérôme Barella. Sa mère passe maintenant à l’offensive. Elle annonce qu’elle va porter plainte contre l’État, et vise directement Gérald Darmanin devant la Cour de justice de la République.
Une plainte ignorée pendant des mois
En août 2025, la mère de Rosa dépose plainte pour viols répétés sur mineure. Sa fille, née en 2014, décrit des faits qui se seraient produits entre septembre 2024 et mai 2025 au domicile de Jérôme Barella. Un rapport médical atteste les faits. Pourtant, la justice ne réagit pas rapidement.
Concrètement, les enquêteurs et les magistrats n’ont pas traité le dossier comme un viol sur enfant. Ils ont mené des actes d’enquête inadaptés à la gravité des faits. Résultat : Barella reste libre. Et en juin 2026, Lyhanna disparaît. Les enquêteurs retrouvent son corps. Le principal suspect est Jérôme Barella. Ainsi, la question se pose avec force : si la plainte de Rosa avait été traitée sérieusement, Lyhanna serait-elle encore en vie ?
Deux procédures judiciaires engagées
L’avocat de la famille de Rosa, Maître Pierre Debuisson, annonce deux actions en justice distinctes. La première vise l’État pour faute lourde devant le tribunal judiciaire. La deuxième est une procédure pénale. Elle cible les enquêteurs et les magistrats qui ont géré ou plutôt mal géré la plainte déposée en 2025. Les chefs retenus sont clairs : « non-assistance à personne en danger » et « mise en danger de la vie d’autrui ».
En outre, la mère de Rosa choisit de viser personnellement Gérald Darmanin devant la Cour de justice de la République. La raison est précise. Son avocat l’explique : Darmanin incarne l’institution judiciaire. Il a également occupé le poste de ministre de l’Intérieur pendant quatre ans. À ce titre, il était le patron direct des policiers et des gendarmes.
Darmanin reconnaît un « immense échec »
Face à la pression, Darmanin ne nie pas les dysfonctionnements. Lui-même admet devant les parlementaires un problème grave. Il parle d’un « immense échec » dans le traitement pénal du suspect et reconnaît même une mauvaise « interprétation » des éléments le concernant. Il déclare qu’il est « incompréhensible » que Barella n’ait jamais été placé en garde à vue malgré les signalements antérieurs.
Mais pour la famille de Rosa, les excuses ne suffisent pas. Maître Debuisson fustige un ministre qui « feint d’apprendre et d’être surpris » alors que, selon lui, la faillite du système judiciaire était visible depuis longtemps. Finalement, cette affaire dépasse le simple fait divers. Elle soulève des questions fondamentales sur le traitement judiciaire des violences sexuelles sur mineurs en France. Des rassemblements ont déjà eu lieu dans plusieurs villes pour réclamer des réformes. La pression sur le gouvernement ne fait que monter.