Il était bien plus qu’un pivot de NBA. Jason Collins, décédé ce 13 mai 2026 à l’âge de 47 ans des suites d’un glioblastome, aura marqué l’histoire du sport américain à jamais. Treize saisons en ligue professionnelle, une carrière solide mais discrète, et un courage hors norme qui a tout changé : celui d’être le premier athlète actif d’un sport majeur américain à révéler publiquement son homosexualité.
Un soldat de l’ombre sur les parquets de la NBA
Jason Collins naît le 2 décembre 1978 à Northridge, en Californie, avec un jumeau lui aussi basketteur : Jarron Collins. En 2001, les Rockets de Houston le sélectionnent lors de la Draft avant de l’envoyer immédiatement aux Nets du New Jersey, franchise avec laquelle il passera l’essentiel de sa carrière huit saisons sur treize au total.
Pendant toutes ces années, Collins incarne le joueur que les grandes équipes recherchent et que le grand public ignore : un pivot de deux mètres dix aux épaules larges, qui défend, prend des rebonds, pose des écrans dévastateurs et accomplit sans se plaindre les tâches les moins glamour du jeu. Il rejoint tour à tour les Grizzlies de Memphis, les Timberwolves du Minnesota, les Hawks d’Atlanta, les Celtics de Boston et les Wizards de Washington. Discret, professionnel, fiable. Un homme de l’ombre, mais un homme indispensable.

Un coming-out qui change l’histoire du sport américain
Puis, le 6 mai 2013, tout bascule. Dans les pages du magazine Sports Illustrated, Collins prend la plume et signe l’un des textes les plus marquants de l’histoire sportive américaine : « J’ai 34 ans, je joue pivot en NBA. Je suis noir. Et je suis gay ».En quelques mots, il devient le premier athlète encore en activité à révéler publiquement son homosexualité dans un sport majeur aux États-Unis.
Collins précise d’emblée qu’il n’a jamais cherché à entrer dans l’histoire, et que ce chemin de découverte de soi s’est construit sur le long terme. Pourtant, la réaction est immédiate et massive. En février 2014, il s’engage avec les Brooklyn Nets et franchit ainsi une nouvelle étape historique : il devient le premier sportif ouvertement gay à fouler le terrain dans l’un des quatre sports majeurs américains. Dans la foulée, son maillot se hisse en tête des ventes sur le site de la NBA pendant trois jours consécutifs. L’ancien commissaire David Stern salue alors publiquement sa franchise et son leadership, affirmant que Collins a « assumé le rôle de leader sur une question d’une grande importance. »
Un combat final mené avec la même dignité
Collins raccroche ses baskets en novembre 2014, mais il ne quitte jamais vraiment le monde du basket. Il endosse le rôle d’ambassadeur NBA Cares et travaille activement pour rendre le sport plus inclusif. En 2021, lorsque le défenseur des Raiders Carl Nassib devient le premier joueur actif de la NFL à faire son coming-out, Collins prend aussitôt la parole pour lui apporter son soutien public : « Il aide des gens de tous âges, à travers tout le pays. »
Mais en décembre 2025, Collins annonce le coup le plus dur. Un glioblastome de stade 4 une tumeur cérébrale agressive et incurable lui laisse en moyenne entre onze et quatorze mois à vivre. Fidèle à lui-même jusqu’au bout, il rend sa maladie publique et participe à des essais expérimentaux dans l’espoir de faire avancer la recherche. Sa famille annonce finalement son décès « après un combat vaillant contre la maladie. »
Le commissaire de la NBA Adam Silver lui rend aussitôt hommage, saluant un homme dont l’impact « s’étendait bien au-delà du basket-ball » et qui a contribué à rendre « la NBA, la WNBA et le monde du sport en général plus inclusifs pour les générations futures. » Jason Collins n’était peut-être pas une star. Il était quelque chose de bien plus rare : un homme qui a choisi la vérité, et qui en a fait un héritage.