En France, la loi est pourtant très claire, les jeux d’argent et de hasard sont strictement interdits aux moins de 18 ans. Pourtant, il suffit de se promener près d’un collège ou de regarder les réseaux sociaux pour comprendre que les paris sportifs font partie du quotidien de nombreux adolescents. Malgré les contrôles et les campagnes de prévention, les mineurs trouvent toujours des failles pour parier sur leurs équipes préférées. Entre marketing agressif et outils numériques difficiles à surveiller, découvrez les failles
Le téléphone, un moyen discret pour les mineurs
La première raison de cette facilité d’accès est technologique. Aujourd’hui, presque chaque adolescent possède un téléphone portable. Les plateformes de paris en ligne ont développé des applications extrêmement fluides et intuitives, conçues pour ressembler à des jeux vidéo. Pour un jeune, parier sur un match ressemble souvent à un jeu supplémentaire.
Même si les sites officiels demandent une pièce d’identité et un compte bancaire, les mineurs contournent ces barrières avec une facilité déconcertante. Beaucoup utilisent tout simplement le compte d’un grand frère, d’un cousin ou même d’un parent qui ne voit pas forcément le danger. Il existe aussi des circuits moins officiels, comme des sites basés à l’étranger ou des systèmes de tickets prépayés achetés en liquide. La discrétion de l’écran permet aux jeunes de parier dans leur chambre, ou a l’extérieur avec leurs ami,, sans que les adultes ne s’en aperçoivent. L’absence de contact physique avec un buraliste ou un contrôleur facilite grandement.
Le rôle des points de vente physiques
Si le numérique est une menace, les points de vente physiques restent aussi une facilité pour les mineurs. Dans de nombreux bureaux de tabac ou bars PMU, le contrôle de la carte d’identité n’est pas toujours systématique. Certains buralistes, par manque de temps ou de vigilance, laissent passer des adolescents qui viennent valider leur ticket avec quelques pièces de monnaie. Pour un mineur, il suffit parfois de tenter sa chance dans plusieurs établissements pour en trouver un qui ne posera aucune question.
À cela s’ajoute une pression marketing monumentale. Les publicités pour les paris sportifs sont partout, sur les maillots des clubs, autour des stades, à la télévision et surtout sur les réseaux sociaux. Ces campagnes utilisent des codes jeunes, on y parle de « devenir le roi » ou de « gagner le respect ». En utilisant des influenceurs ou des combattants internationaux pour faire la promotion des cotes. Les opérateurs font passer le pari pour un produit de consommation cool et indispensable.
Pour limiter cet accès, la solution ne pourra pas être uniquement technique. Si les contrôles d’identité numériques doivent devenir plus stricts, comme avec l’utilisation de la reconnaissance faciale ou de systèmes bancaires vérifiés, c’est aussi par la communications que les choses changeront. Expliquer qu’au jeu, c’est presque toujours le « bookmaker » qui gagne à la fin. Tant que le pari sportif sera perçu comme un moyen facile de gagner de l’argent plutôt que comme une industrie de divertissement pour adultes, les mineurs continueront de trouver les failles des applications.