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Pourquoi « Mealy », le fast-food de Michou a fermé ?

Depuis mai 2026, le fast-food Mealy de l’influenceur Michou n’existe plus à Paris. Derrière la fermeture officielle évoquant de simples travaux de mise aux normes, une enquête de Libération a révélé une réalité bien différente : rongeurs signalés en cuisine, salaires bloqués et gestion humaine remise en question par six anciens salariés.

Une fermeture express

Michou avait vu grand. L’influenceur de 24 ans, fort de ses 11 millions d’abonnés, lançait Mealy en juin 2024 dans sa ville natale d’Amiens. Le concept était précis : des burgers inspirés des quatre coins du monde, du « Miami » au « Dakar », développés après un an de sourcing au marché de Rungis. Ce n’était pas un simple fast-food. C’était, en réalité, une marque pensée pour conquérir le marché national.

Le 30 août 2025, Mealy ouvrait donc ses portes au 17 boulevard Montmartre, en plein cœur du 2e arrondissement parisien. Un espace sur deux niveaux, conçu pour la génération stories et le service express des jeunes actifs. Or, à peine huit mois après cette ouverture en grande pompe, le rideau tombait le 15 avril 2026. La direction avançait officiellement de « gros travaux » de mise aux normes pour justifier la fermeture. Pourtant, les faits racontaient une toute autre histoire.

Rongeurs en cuisine et salaires fantômes

Une enquête de Libération donnait la parole à six anciens salariés du restaurant parisien. Leurs témoignages concordent : présence de rongeurs en cuisine, management défaillant et retards de paiement devenus systématiques. Des journalistes ont pu consulter des fiches de paie et des messages internes, confirmant que des salaires de septembre n’arrivaient que fin novembre. Des employés rémunérés au SMIC, laissés sans réponse pendant des semaines. Michou, de son côté, n’a formulé aucune réponse publique à ces accusations au moment de la publication de l’enquête.

Ce scandale éclate cependant au pire moment pour le créateur de contenus. Mealy venait en effet d’amorcer son déploiement national en franchise, avec un plan ciblant 60 ouvertures en cinq ans. Le réseau visait Le Mans, Orléans, Lorient et les environs de Marseille. Pour intégrer l’enseigne, chaque franchisé devait avancer 350 000 euros de capital personnel et 30 000 euros de droit d’entrée. D’ailleurs, des redevances de 5 % du chiffre d’affaires hors taxes complétaient le modèle, plus 2 % pour la communication. Aujourd’hui, ces projections paraissent sérieusement compromises. L’image de bienveillance que Michou a bâtie pendant des années se fissure au grand jour, au moment même où il rejoint M6 pour couvrir les Bleus lors du Mondial 2026. Ce n’est plus seulement une enseigne qui vacille. C’est tout un empire construit sur la confiance qui se retrouve fragilisé.

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