DOSSIER - THEMAEnvironnementFrance

Est-ce que la nature réagit bien aux fortes chaleurs ?

Après plusieurs jours d’alerte rouge canicule, la France et l’Europe se préparent à une nouvelle vague jusqu’à la mi-juillet. Les humains ne sont pas les seuls à subir cette canicule. Alors, comment la nature réagit aux fortes chaleurs ?

Les fortes chaleurs ont entrainé une surmortalité en France ; les hôpitaux et services de santé sont pleins. Une situation critique qui a entrainé de nombreuses annulations ou reports d’événements, notamment les événements culturels et solidaires comme la Pride ou les Solidays. Cette crise liée à la canicule ne touche pas seulement les humains, mais aussi la nature.

Le milieu marin

20,98 degrés : c’est la température moyenne à la surface des océans enregistrée en juin par l’observatoire européen Copernicus Marine. Cette moyenne bat le précédent record enregistré en juin 2024 avec 20,89 degrés.

Ce record s’explique par l’excès de chaleur. Un excès de chaleur absorbé à 10% par l’atmosphère et à 90% par les océans.

Cette canicule marine impacte directement l’oxygénation, puisque l’oxygène se dissout dans l’eau. Plus il fait chaud, plus les coraux blanchissent, et plus ces derniers meurent. Si les coraux meurent, des espèces perdent leur habitat ce qui peut entrainer une extinction. Les espèces marines vont alors chercher à migrer vers des eaux plus fraîches, ce qui provoque un déséquilibre écologique. Une mer plus chaude entraine également une fonte des glaciers et des calottes glaciaires, ce qui entraine un risque accru d’inondations, avec un niveau de la mer qui augmente.

Une surmortalité animale

Les agriculteurs, et surtout leurs champs et leurs animaux, souffrent particulièrement de ces vagues de chaleur. Comme pour les humains en France, une surmortalité animale est observée.

Selon les premières estimations, entre 1 et 3 millions de volailles sont mortes en raison des conditions climatiques extrêmes. Ce taux de mortalité impressionnant touche davantage certaines régions françaises, et notamment l’Ouest. La Bretagne, les Pays de la Loire et la Nouvelle-Aquitaine sont particulièrement touchés par cette surmortalité animale.

Les volailles ne sont pas les seuls animaux à subir ces fortes chaleurs. Les bovins, les porcs, les chevaux, les moutons, les chèvres, les lapins et autres animaux sont aussi touchés par ce climat. Les volailles restent les animaux les plus vulnérables en raison de leurs conditions d’élevage. De plus, les volailles ne transpirent pas. Elles halètent et mangent moins, ce qui augmente le risque de décès pour ces animaux.

D’après un article du média Bon Pote, des pics de mortalité ont été observés : +1200 % pour les volailles, +40 % pour les bovins et +55 % pour les espèces porcines par rapport à l’an dernier à la même période. La dernière fois que les animaux ont autant souffert remonte à la canicule de 2003.

L’impact sur les cultures et les forêts

Les fortes chaleurs entraînent une sécheresse des cultures et des forêts, ce qui favorise les incendies et des pertes pour les agriculteurs. Les arbres sont plus ou moins sensibles selon leur espèce, tout comme les cultures.

En ce qui concerne les cultures, le maïs ne pollinise plus correctement au-delà de certaines températures, les rendements de blé sont en chute, les vignes mûrissent plus tôt, et les fruits et légumes peuvent être brûlés par le soleil et nécessiter davantage d’irrigation (apport d’eau à une parcelle agricole).

Les insectes : des gagnants et des perdants

Les fortes chaleurs favorisent certains insectes et en impactent négativement d’autres.

Les premiers gagnants sont les ravageurs forestiers. Ces espèces tuent certaines variétés d’arbres dans les forêts, ce qui favorise la disparition de certaines catégories.

Les autres gagnants sont certains types de moustiques, des moustiques qui peuvent être porteurs de maladies virales.

La chaleur favorise également le développement des chenilles processionnaires, qui peuvent entraîner des réactions inflammatoires parfois graves chez les humains ou les animaux.

A contrario, les abeilles souffrent de la canicule. Elles sortent moins butiner, ce qui entraîne moins de pollinisation. Or, les abeilles jouent un rôle essentiel dans la reproduction de nombreuses plantes sauvages et cultures agricoles : arbres fruitiers, colza, tournesol, légumes, plantes fourragères. Une baisse de la pollinisation peut entraîner une diminution des rendements agricoles et de la production de graines et de fruits. Si leur activité diminue, certaines plantes produisent moins de graines, les oiseaux et petits mammifères disposent de moins de fruits et de graines pour se nourrir, et toute la chaîne alimentaire peut être affectée.

About author

Journaliste
Related posts
A LA UNEEconomieFranceSociété

Pourquoi ces scènes de chaos dingues chez Lidl ?

A LA UNEEnvironnementFrance

Tourisme animalier : c'est quoi le coup de gueule de Greg Guillotin ?

CinémaDOSSIER - THEMA

On a vu pour vous... Kill Bill the Whole Bloody Affair

A LA UNEFrancePolitique

A l'approche de son jugement, quelles options pour Marine Le Pen ?

Retrouvez VL. sur les réseaux sociaux