Alors que les héros de X-OR ou Jaspion viennent de nous quitter, retour sur une vraie tendance de la télé japonaise que sont les « metal heroes ».
Dans la galaxie du tokusatsu (ces productions japonaises à grands effets spéciaux), deux géants historiques se partagent la couronne depuis les années 1970 : les guerriers en collants de Super Sentai (adaptés en Power Rangers chez nous) et les motards masqués de Kamen Rider. Pourtant, au début des années 1980, la prestigieuse maison de production Toei décide de briser la routine. Son idée ? Remplacer le tissu et le cuir par des armures rutilantes, forgées dans des alliages high-tech. Les Metal Heroes étaient nés.
1982 : La révolution X-Or et l’ère spatiale
Le point de départ de cette saga cybernétique a un nom bien connu en France : Gavan (rebaptisé X-Or dans nos contrées). Lancée en 1982, cette série pose les fondations esthétiques et narratives du genre. Finis les pouvoirs mystiques ou les mutations biologiques floues ; le héros est ici un shérif de l’espace qui revêt une armure de combat métallique en une fraction de seconde (précisément 0,05 seconde selon le narrateur de la série) pour affronter des menaces extraterrestres.
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Le succès est immédiat. L’éclat métallique de l’armure de Gavan, sublimé par des effets de lumière inédits pour l’époque, captive le jeune public. Toei transforme l’essai en créant la trilogie des Space Sheriffs (les Shérifs de l’Espace), enchaînant avec Sharivan (X-Or 02) et Sheider.
Qu’est-ce qui définit un Metal Hero ?
Contrairement à d’autres franchises très codifiées, les Metal Heroes se distinguent par une grande liberté structurelle d’une année sur l’autre. On peut néanmoins dégager trois piliers fondamentaux :
- L’armure de haute technologie : Le héros ne porte pas un masque souple, mais un exosquelette ou une armure métallique rigide, souvent associée à des motifs robotiques, des visières lumineuses et des gadgets électroniques.
- L’individualisme (ou les petits comités) : Contrairement aux escadrons de cinq couleurs du Super Sentai, le Metal Hero combat généralement seul ou en duo à ses débuts, renforçant le côté dramatique et solitaire de sa mission.
- Une réalisation dynamique et avant-gardiste : Le genre a servi de laboratoire pour tester de nouvelles technologies d’effets visuels, des chorégraphies de cascades complexes et l’utilisation de faisceaux laser (fortement inspirés par l’engouement mondial pour Star Wars).
Une décennie d’évolutions et de mutations
Au fil des années, la franchise a su se renouveler pour ne pas lasser son public. Les historiens de la pop culture divisent généralement la saga en plusieurs vagues distinctes.
Après l’épopée spatiale, Toei ancre ses héros sur Terre avec des thématiques plus policières et technologiques. C’est l’époque de Juspion, Spielvan (qui deviendra Spielvan chez nous), ou encore du mythique Jiraiya, qui fusionne l’univers des ninjas avec la technologie cybernétique.
Au début des années 1990, le genre opère un virage à 180 degrés avec les séries de « Sauvetage » (Rescue Police) comme Winspector ou Solbrain. Ici, les héros ne se battent plus contre des monstres venus d’ailleurs, mais contre des criminels humains, des incendies ou des catastrophes technologiques. Les armures servent avant tout à protéger les civils, apportant une dimension plus humaine et citoyenne aux intrigues.
2026 : Le grand retour de l’alliage chromé
Preuve que le chrome ne rouille jamais, la Toei a créé la surprise en ressuscitant officiellement la franchise. Dans le cadre de son nouveau bloc de programmation dominical baptisé PROJECT R.E.D. (Record of Extraordinary Dimensions), le studio a lancé la production d’une toute nouvelle série majeure : Super Space Sheriff Gavan Infinity (Chō Uchū Keiji Gavan Infinity). Succédant à la case horaire du Super Sentai sur la chaîne TV Asahi, cette itération moderne suit les pas de Reiji Doki, un shérif galactique traquant des entités criminelles à travers le multivers. Tout en conservant la fameuse armure étincelante et les combats au sabre laser qui ont fait la gloire de X-Or, la série intègre les technologies d’effets visuels actuelles et des formes alternatives inédites. Un pari nostalgique et audacieux qui prouve que l’esthétique cybernétique des Metal Heroes a encore un avenir radieux au Japon.