Après Rivage, Anaon et Désenchantées, David Hourrègue revient au Festival de la Fiction avec un unitaire, Unité.
Lors d’une manifestation sous tension, la mort d’un CRS, attribuée à une jeune militante black-bloc aussitôt emprisonnée, bouleverse l’opinion publique. Une enquête incandescente débute pour Myriam Ferraz, commandante à l’IGPN. Convaincue que les collègues du CRS tué mentent et qu’une injustice est sur le point d’être commise, Myriam recourt à un outil inédit pour l’IGPN, et dangereux : l’infiltration.
FESTIVAL DE LA FICTION 2026
L’essentiel
David Hourrègue est un réalisateur occupé et on le sait. Unité compte parmi les 4 projets qu’on lui doit depuis un an. Il y a deux ans, il présentait la sensation Rivages. Et depuis un an, entre Désenchantées, Oro, Unité et Le roman de Marceau Miller, il n’a pas eu le temps de se reposer. Mais cette fois c’est un unitaire (qui a tous les airs d’un pilote de série avorté) qu’il propose et qui nous plonge dans l’univers des CRS et de leur gestion au quotidien de crises. Il s’est entouré de visages familiers pour l’occasion, entre sa comédienne fétiche Capucine Malarre, ou Daniel Njo Lobé, auxquels il a associé la toujours impressionnante Margot Bancilhon (implacable Machine pour Arte). Loin des univers auxquels il nous habitués, David Hourrègue est-il parvenu une nouvelle fois à nous emporter dans son histoire ?
A lire aussi : On regarde ou pas ? Machine, la nouvelle série d’Arte au pitch dingue | VL Média
On aime ?
Unité est une nouvelle réussite de David Hourrègue même si l’unitaire ne provoque pas chez nous les mêmes sentiments que par le passé. Evacuons déjà le point négatif qui n’est pas tellement la faute du réalisateur : si Unité est efficace et maîtrise sa narration, elle n’en demeure pas moins trop vite expédiée. Unité porte en elle tous les germes d’un pilote de série auquel la chaîne aurait renoncé. Et ça se ressent à tous les étages de ce film. Mais d’une « faiblesse » David Hourrègue en fait une force et il transforme tous les obstacles en artifices pour accrocher le spectateur. L’histoire écrite par Sophie MAURER et Gabriel PUERTAS est prenante, haletante même à mesure que l’on avance dans cette équipe qui a des faux airs de la « Strike Team » de The Shield. Malgré la durée courte du film, David Hourrègue parvient à faire vivre l’histoire et tous ses personnages, un vrai miracle tant la distribution est nombreuse. D’un bout à l’autre, l’histoire est prenante mais c’est surtout l’immersion dans « la mêlée » des CRS qui impressionne tout au long du film. Le spectateur est en apnée, aidée par la caméra de David Hourrègue qui s’immisce partout et du travail impeccable opéré sur la photographie.
A lire aussi : On a vu pour vous … la série Désenchantées (COUP DE COEUR) | VL Média
Côté casting, c’est là aussi un sans faute même si on aurait voulu profiter davantage de chacun des personnages et en savoir beaucoup plus sur eux. Margot Bancilhon continue de nous impressionner dans un registre pourtant bien différent et elle impose sa présence à longueur de film. A ses côtés, l’équipe de CRS est merveilleusement encadrée par l’excellent Daniel Njo Lobé qui donne du coffre à ce leader ambigüe mais entraînant. Et comment ne pas citer Capucine Malarre, qui déroule une puissance de jeu tel qu’elle est moteur de tout ce qui arrive autour d’elle. Moins au premier plan que dans d’autres séries, elle sait pourtant jouer sa partition dès qu’il le faut. Impressionnante !
Si on aime les émotions que David Hourrègue réveille en nous, on aime tout autant désormais comment il sait nous mettre la tête dans la boue pour évoquer la violence de ce monde sous couvert de divertissement et comment il parvient à créer tout un univers d’action qui rend chaque scène intelligente et réfléchie.