Il suffit parfois de quelques secondes pour faire surgir toute une époque. Une voix, quelques notes, un générique lancé à la télévision… et les souvenirs reviennent immédiatement. Pour toute une génération qui a découvert les dessins animés japonais dans le Club Dorothée, la voix de Bernard Denimal reste indissociable de Ken le survivant. Derrière ce générique devenu culte se cachait pourtant un chanteur discret, dont le parcours est beaucoup plus riche que ne le laisse penser cette seule chanson. 0n apprend aujourd’hui sa disparition grâce à notre confrère Rui Pascoal du Club sur VL.
Lorsque Ken le survivant arrive en France à la fin des années 1980, le générique français est interprété par Bernard Denimal, sur une composition de Gérard Salesses et des paroles signées Jean-François Porry. La série fait ses débuts à la télévision française en 1988, dans le Club Dorothée.
Une voix immédiatement reconnaissable
« Ken, survivant de l’enfer… » Dès les premières paroles, le ton est donné. La voix de Bernard Denimal accompagne un héros post-apocalyptique qui allait devenir l’une des figures les plus emblématiques de l’animation japonaise diffusée en France.
Le générique ne cherche pas la subtilité : il faut annoncer Ken, son univers, ses combats et son statut de survivant. Bernard Denimal lui apporte une interprétation énergique, presque martiale, parfaitement adaptée à l’esprit du programme. Le disque sort chez AB Productions à la fin des années 1980 et reste associé depuis à la mémoire du Club Dorothée.
Mais réduire Bernard Denimal à Ken le survivant serait passer à côté d’une partie importante de son histoire.
Un parcours qui commence bien avant AB Productions
Bernard Denimal avait déjà connu une première vie musicale. Très jeune, il forme un groupe de rock avec des amis avant de partir aux États-Unis. Là-bas, il poursuit son aventure avec le groupe The Dice, qui publie notamment les albums Loaded Dice et Life Line.
À la fin des années 1970, il enregistre également un duo, Absence, avec Martine Rivayran. Un parcours musical qui témoigne d’une expérience bien antérieure à son arrivée dans l’univers des génériques pour enfants.
De retour en France, Bernard Denimal s’oriente ensuite vers la publicité. C’est dans cet univers professionnel qu’il va croiser la route de Gérard Salesses, compositeur majeur de l’écurie AB Productions. Leur amitié va conduire Denimal à participer à plusieurs enregistrements pour les programmes diffusés autour du Club Dorothée.
Ken, mais aussi Dr Slump et Galaxy Express
La voix de Bernard Denimal ne s’est donc pas arrêtée à Ken.
Il interprète également plusieurs autres génériques emblématiques de cette période, notamment Dr Slump, Galaxy Express 999 et Cherry Miel. Les archives spécialisées recensent quatre génériques VF principaux enregistrés par le chanteur dans cette période.
Son travail s’étend également à des chansons dérivées de dessins animés. Une partie de ces enregistrements appartient aujourd’hui à cette mémoire particulière des années AB Productions : celle des chansons qui existaient parfois au-delà du simple générique télévisé.
En 1989, Bernard Denimal quitte AB Productions. Il retourne ensuite vers le monde de la publicité, domaine auquel il continuera à se consacrer pendant de nombreuses années. Il participe notamment à des campagnes publicitaires, avant de prendre sa retraite en 2006.
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Une carrière discrète, une empreinte durable
C’est sans doute ce qui rend son parcours si particulier. Bernard Denimal n’a jamais été une vedette du petit écran. Son visage était beaucoup moins connu que les personnages qu’il chantait ou que les animateurs qui les présentaient.
Et pourtant, sa voix est entrée dans les souvenirs.
Il appartient à cette catégorie d’artistes de l’ombre qui ont contribué à fabriquer la bande-son d’une génération sans forcément occuper le devant de la scène. Son nom est resté associé à quelques génériques, mais ces quelques chansons ont été entendues des millions de fois par les enfants qui regardaient TF1 à la fin des années 1980.
En 2026 encore, Ken le survivant continue d’être référencé et diffusé sur certaines radios, preuve que le générique de Bernard Denimal n’a pas complètement disparu du paysage musical nostalgique.