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On a revu pour vous … le premier épisode du remake de Roots

En 1977 la série Roots (Racines) fut un événement sur la chaîne ABC réunissant plus de 100 millions d’Américains. Près de 40 ans plus tard, la série a droit à une nouvelle version et en cette période où l’on parle beaucoup du passé, de l’esclavage, il nous est apparu importante d’évoquer de nouveau ce remake et cette série.

Phénomène incroyable au moment de sa diffusion, la mini série Roots, adaptée du roman de Alex Haley avait suscité le débat bien au-delà de sa réussite artistique, remettant sur le devant de la scène de manière accrue les inégalités raciales prégnantes que les États-Unis doivent toujours affronter. Nécessaire pour sensibiliser un public plus jeune et moins au fait des réalités historiques aux atrocités de l’esclavagisme et ainsi poursuivre un devoir de mémoire essentiel, on trouve bien plus de justifications à ce remake qu’aux innombrables tentatives de se réapproprier des franchises lucratives. Si évidemment entre 1977 et aujourd’hui, des avancées colossales ont eu lieu (le premier Président noir à la Maison Blanche en étant le symbole le plus représentatif), les dissensions liées aux origines ethniques sont malheureusement toujours d’actualité. Preuve s’il en est que ce remake n’est pas anodin, le groupe A+E Networks a diffusé le premier épisode de Roots simultanément sur trois de ses chaînes (History, A&E et Lifetime) et le premier épisode a réuni, 5,3 millions de téléspectateurs sur les chaînes, portant même ce total grâce à deux rediffusions dans la soirée à 8,5 millions.

Avec son casting de stars (Forest Whitaker, Anna Paquin, Laurence Fishburne, Jonathan Rhys-Meyers…) et avec entre autres LeVar Burton (Geordi La Forge dans Star Trek The Next Generation et qui interprétait Kunta Kinte jeune dans la version d’origine) qui co-produit ce Roots 2016, les voyants étaient au vert pour que le remake ne desserve pas l’original. Après avoir vu le premier épisode (sur 4), on peut vous dire que, sans être parfait, l’efficacité de la mini-série est flagrante.

Racontant la vie de Kunta Kinte de son enlèvement en 1750 où il deviendra esclave jusqu’à son arrivée en Virginie, la série suivra également ses  descendants jusqu’à la fin de la Guerre de Sécession.

Ce premier épisode propose de nombreuses scènes d’intensité variable et si certains effets répétitifs tentent maladroitement d’instrumentaliser l’émotion (l’utilisation du ralenti un peu systématique dessert la tension censée nous étreindre et la musique quelquefois pataude est un peu trop présente pour surligner les enjeux dramatiques), ces quelques réserves ne sont pas un frein à l’intérêt et à la valeur de ce premier épisode. Les sévices, les odeurs, les maltraitances, la violence sont montrés crûment et en gros plan et les dialogues claquent à nos oreilles comme les coups de fouet, la détresse mais aussi le courage de ces hommes et de ces femmes, les douleurs et les humiliations qu’ils subissent ainsi que la peur qui les escortent, tout transparaît à l’écran.

La crudité des images, la puissance émotionnelle qui se dégage de certaines séquences, rendent assez saisissantes  la violence, et si l’horreur des situations est évidemment terrible, la série évite tout voyeurisme. Bénéficiant d’un rythme nerveux et haletant mais sans recours superflu à un sur-découpage épileptique, l’alternance de séquences d’ “action” et de moments plus calmes insuffle une tension diffuse qui reste constamment en filigrane. L’interprétation est assez bonne (pour le moment seule une partie de la distribution est apparue à l’écran) et la réalisation ainsi qu’une production design d’envergure sont à la fois très classiques et très réussies.

A noter également un très gros travail de sound design qui s’avère extrêmement immersif et efficace notamment lorsque les bruits de fond de la forêt, les grognements des animaux, l’essoufflement après une course ou les gémissements de peur et de fatigue semblent retentir avec force.

Loin d’être un remake de plus sans consistance et qui se contenterait de reproduire ce qui a déjà été fait en moins bien, Roots nous permet de prendre racines autour d’un sujet nécessaire sur lequel il faut sans cesse revenir pour prendre conscience de sa force et de son impact. Ce n’est pas un bégaiement c’est une renaissance.

Crédits: History

About author

Traductrice et chroniqueuse, fille spirituelle de Tony Soprano et de Gemma Teller, Fanny Lombard Allegra a développé une addiction quasi-pathologique aux séries. Maîtrisant le maniement du glaive (grâce à Rome), capable de diagnostiquer un lupus (merci Dr House) et de combattre toutes les créatures surnaturelles (vive les frères Winchester), elle n'a toujours rien compris à la fin de Lost et souffre d'un syndrome de stress post-Breaking Bad
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