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Accord de Paris : une sortie redoutée des Etats-Unis

Il ne s’en est jamais vraiment caché, Donald Trump est climato-sceptique. Les différents observateurs seront au garde à vous ce soir, alors que le Président américain annoncera à 21 heures si les Etats-Unis se retirent ou non de l’accord de Paris sur le climat. L’éventualité d’un retrait inquiète la communauté internationale.

Rappel : que contient l’accord de Paris ?

En résumé, son objectif principal est de limiter la hausse globale des températures à 1,5°C. Le texte plaide également pour un abandon progressif de la dépendance aux énergies fossiles, et se positionne donc en faveur d’une transition énergétique.

L’enjeu est de taille, car l’accord de Paris est le premier accord universel sur le climat, impulsé par les Etats-Unis et la Chine. Par universel, on entend qu’il a été adopté par un grand nombre d’Etats : 195 l’ont signé, et 147 l’ont ratifié. L’accord avait toutefois été critiqué, principalement puisque celui-ci n’est pas juridiquement contraignant : le non-respect des obligations qu’il contient n’entraîne pas de sanctions pour les Etats.

A lire aussi : Entrée en vigueur de l’Accord de Paris et début de la COP22 : 3 points pour tout comprendre

Une sortie redoutée

L’éventualité d’une dénonciation de l’accord de Paris par la Maison Blanche inquiète, et pas seulement au niveau des Etats. Rencontre avec Lucile Dufour, responsable des politiques internationales du Réseau Action Climat (un réseau français d’associations spécialiste des questions climatiques).

Radio VL : Quelle seraient les conséquences d’une sortie des Etats-Unis de l’accord ?

Lucile Dufour : Il s’agirait d’un net recul, une décision qui irait à l’encontre des intérêts des USA et des populations du monde entier, notamment les plus vulnérables. La tendance économique montre que les énergies nouvelles sont les énergies du futur. Elles créent de très nombreux emplois, un million d’emplois aux Etats-Unis.

Dire non à l’accord de Paris, c’est un cadeau de Trump au lobby des énergies fossiles

Cela dit, un tel retrait irait dans le sens de la politique nationale déjà engagée par Donald Trump, par exemple avec la reprise de projets d’oléoducs et de pipelines. Dire non à l’accord de Paris, c’est un cadeau de Trump au lobby des énergies fossiles. Il faut également préciser que si les Etats-Unis prenaient la décision de sortir de l’accord de Paris, le départ ne serait effectif qu’après un délai de quatre ans, c’est-à-dire lors de la prochaine élection présidentielle américaine.

A lire aussi : Si les Etats-Unis sortent de l’accord de Paris, Elon Musk ne conseillera plus Donald Trump

RVL : D’un point de vue diplomatique, comment en ressortiraient les Etats-Unis ?

L.D. : D’un point de vue diplomatique, dénoncer l’accord isolera les Etats-Unis, et entamera leur image de moteur du changement climatique. Nous pensons qu’il est nécessaire d’avoir l’influence de grands émetteurs de CO2 pour agir comme impulseurs de la lutte contre le réchauffement climatique. Aujourd’hui, nombreux sont les Etats comme la Chine ou l’Inde à se positionner fermement en faveur de cette lutte, en montrant leur volonté de rester derrière l’accord voire d’amplifier leurs engagements. Si les Etats-Unis sortent, tous les regards vont se tourner vers ces Etats, surtout l’Union européenne. Ce sera à elle d’assumer un rôle d’exemplarité, qui se traduira par la mise en place de politiques publiques énergétiques ambitieuses. La France aura évidemment un rôle important à jouer dans ce processus, et l’élection d’Emmanuel Macron va dans ce sens.

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