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Black Lives Matter, un cri du coeur contre les violences policières et le racisme

Au-delà des frontières américaines, des milliers de personnes sont descendus dans la rue pour manifester. Au centre de cette colère collective, un slogan : Black Lives Matter. S’il fleurit aujourd’hui sur les réseaux sociaux à l’occasion de ces manifestations, il existe pourtant depuis 2013. À son origine, un mouvement politique de protestation né dans la communauté afro-américaine pour protester contre le racisme envers les personnes de couleur.

D’où vient le mouvement politique Black Lives Matter ?


Alicia Garza, Patrisse Cullors et Opal Tometi sont toutes trois à l’origine du mouvement Black Lives Matter. © Capture d’écran Twitter California Sunday 

C’est, il y a exactement 7 ans, en juillet 2013, que Black Lives Matter fait son apparition aux Etats-Unis, suite à l’acquittement de George Zimmerman, le coordinateur d’une surveillance de voisinage blanc qui a abattu par balle Trayvon Martin, un jeune adolescent de 17 ans alors qu’il était non armé. Face à cette injustice, Alicia Garza, une activiste et militante pour les droits homosexuels, n’a pas pu rester les bras croisés. Sur sa page Facebook, elle lance un appel à ses amis : se mobiliser pour montrer que les vies noires comptent. « Our Lives Matter, Black Lives Matter », écrit-elle . Son amie Patrisse Cullors, elle aussi militante, relaie son message sur Twitter pour toucher un maximum de personnes avec le #BlackLivesMatter. Une autre amie commune, Opal Tometi propose de créer un site Internet pour relayer leur message. Elles sont donc trois à transmettre ce message et c’est ainsi que nait le mouvement Black Lives Matter. Leur objectif : rassembler la population dans cette lutte et obtenir les témoignages d’habitants Afro-américains et de leur vie aux Etats-Unis. 

Comment s’organise-t-il ?

Le mouvement est décentralisé en 23 entités aussi bien aux Etats-Unis, qu’au Canada, et au Ghana. Il n’existe pas de dirigeants clairement déterminés. Pour rallier des personnes du monde entier à sa cause, Black Lives Matter se sert essentiellement de ses réseaux sociaux. Les militants se mettent d’accord et organisent des manifestations de masse pacifiques (appelés des dies-in) durant lesquels ils se couchent au sol, pour donner l’impression d’être morts. Le mouvement a déjà bloqué des trains, des métros, et même des centres commerciaux alors que les soldes venaient de débuter. Depuis plusieurs années, le mouvement s’adresse directement à des élus et des hommes politiques divers et variés pour leur demander des comptes sur leur façon d’agir. 

Comment le mouvement est-il passé des réseaux sociaux à la rue ?


Depuis la mort de Georges Floyd, le #BlackLivesMatter apparaît dans des centaines de tweets à travers le monde. © Capture d’écran Twitter @ajtracey

Si le #BlackLivesMatter faisait fureur sur les réseaux sociaux il a rapidement pris de l’ampleur au-delà même de ces frontières numériques. Seulement une année après sa création, le mouvement commence à organiser des manifestations pour dénoncer les violences policières suite aux décès de Michael Brown, un adolescent noir de 18 ans non armé abattu par la police et de Eric Garner, un noir de 44 ans, décédé des suites d’une arrestation policière musclée. La toute première manifestation a lieu en août 2014 à Ferguson [une ville située dans le Missouri]. À présent le mouvement ne dénonce plus seulement les violences policières mais aussi, et entre autres, les violences faites aux femmes noires. Depuis sa création, le mouvement est à l’origine de plus de 1000 actions.

Que revendiquent les militants de Black Lives Matter ?

Par le passé, le mouvement a subi de vives critiques, provenant de militants qui souhaitaient changer le nom du mouvement en All Lives Matter, accusant Black Lives Matter de ne se soucier que des vies des Afro-Américains. Pour faire taire ces critiques, de nombreuses personnalités influentes telles que Barack Obama et Mark Zuckerberg ont pris la parole, expliquait que leur slogan se justifie du fait que les personnes noires subissent une persécution bien particulière et nécessitent ainsi une protection bien particulière. Pourtant, Black Lives Matter a depuis longtemps dépassé la couleur de peau et se veut inspiré par les mouvements pour les droits civils, les droits des femmes, LGBT et altermondialistes. Le mouvement est d’ailleurs perçu comme beaucoup plus inclusif que d’autres ayant existé par le passé. Dans l’OBS, un activiste expliquait : « Pour moi, si ce mouvement est tellement inclusif, c’est parce que le fait même d’être noir est inclusif. Les Noirs ne se résument pas aux hommes hétéros. Dans ce mouvement, il y a des hommes gays, il y a des queers. Il y a des trans, des gays et des lesbiennes, des bisexuels, des religieux et des athées. »

Analena Dazinieras

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