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Booba et Kaaris : La guerre des clans

Mercredi 2 août 2018, Booba et Kaaris – respectivement accomapgnés de leurs clans – se livraient à une bagarre violente dans le terminal Ouest de l’aéroport d’Orly. Retour sur la guerre à laquelle se livrent les deux rappeurs depuis plusieurs années.

L’altercation entre Booba et Kaaris, le 2 août à l’aéroport d’Orly, s’est soldée par la garde à vue de 14 personnes impliquées dans la bagarre, des proches des deux artistes. Ils devaient tous deux se produire à Barcelone. Arrêtés pour “trouble à l’ordre public”, “violences volontaires aggravées en réunion”, “dégradations volontaires aggravées” et “mise en danger de la vie d’autrui” avec vidéos à l’appui, Booba et Kaaris ont passé deux nuits en cellule dans les locaux de la police aux frontières. Les deux hommes devraient être libérés dans le courant de la journée, après avoir été tous deux entendus pour l’enquête. Néanmoins, le doute plane encore sur l’instigateur de la bagarre. Les avocats respectifs de Booba et Kaaris – maîtres Yann Le Bras et Arash Derambarsh – se lancent chacun la pierre. “On le voit sur les vidéos, ils sont à trois contre un”, déclare l’avocat de l’artiste originaire de Sevran alors que le défenseur du “Duc de Boulogne” réfute ces accusations et fustige Karris et son groupe qui « viennent de façon très agressive à l’altercation ».

Gérard Collomb s’est quant à lui exprimé sur le sujet et accuse l’irresponsabilité des deux hommes : « Alors si des rappeurs qui, en plus, si j’ai bien compris, sont père et fils spirituels, pouvaient éviter de s’interpeller » et de « provoquer l’embouteillage de tout un aéroport, ce serait bien ».

A lire aussi : Les rappeurs Booba et Kaaris en garde à vue après une bagarre à Orly

Le début des inimitiés

En 2002, le rappeur Elie Yaffa (Booba), alors méconnu de la scène musicale, sort son premier album Temps mort (2002) qui connaît un grand succès. L’artiste originaire de Boulogne-Billancourt collectionnera par la suite les albums à succès comme Futur (2012) ou Trône (2017). Avec deux millions d’albums vendus pour chaque sortie musicale, le rappeur est considéré comme l’un des plus talentueux rappeurs français. Kaaris, de son vrai nom Okou Armand Gnakouri, se passionne rapidement pour la musique et l’écriture de textes. Il est découvert par “B2o” en 2012 et enregistre avec lui le titre “Kalash” : ce qui le propulsera vers le succès.

Mais en 2013, les hostilités commencent. Booba, en litige avec le rappeur La Fouine, demande à son protégé de lui apporter son aide. Néanmoins, ce dernier refuse et considère qu’une dispute avec le rappeur à la barbichette ne servirait pas ses intérêts. Une fois le camp choisi, Booba signera la fin d’une amitié et d’une collaboration avec Kaari. Ils attiseront sans cesse leur rivalité par médias interposés, réseaux sociaux personnels et créations musicales visées.

#Swaggmanparleàtonfils

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Dans une interview consacrée aux Inrockuptibles en février 2018, Booba déclarait au sujet de Kaaris qu’aucun retour en arrière n’était possible : “Non c’est terminé” avant d’ajouter qu’il (Kaaris) “a cru à tort qu’il pouvait me détrôner”. Le “Duc de Boulogne” n’avait visiblement pas apprécié les paroles qui lui étaient dédiées dans le Freestyle du rappeur de Sevran “Il a accouché de sa propre fin” :

 

T’es numéro 1 donc j’n’ai pas l’choix :
J’vais attendre que le soleil soit assez haut dans le ciel, que tous me voient tuer le roi

 

 

Alors que cette petite guéguerre menée à distance aurait pu ne pas dépasser le seuil de la violence, la rixe qui a éclaté à Orly souligne la culture du rap et la violence qui s’en accompagne. On parle ainsi de “street credibility” pour évoquer le culte de virilité des rappeurs, jusque dans la rue, et montrer que les paroles brutales dans leurs couplets ne sont pas que des mots. Booba s’était personnellement désigné comme “riche tristement célèbre” dans Le Parisien alors qu’il évoquait les nombreux bad buzzs qui le concernaient.

Ce phénomène ne touche pas simplement la France mais naît en Amérique alors que des premières altercations de ce genre mènent aux meurtres, en 1996, des rappeurs Tupac Shakur et The Notorious B.I.G., à six mois d’intervalle.

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Etudiante en bicursus Droit et Histoire - Sorbonne et Assas
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