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Christian Boltanski : mort d’un artiste engagé pour la mémoire

Ce mercredi 14 juillet, Christian Boltanski est décédé. Très célèbre artiste plasticien français, il avait fait rayonner ses œuvres partout dans le monde. Par son art, il parlait de la vie, de la mort et du devoir de mémoire.

Il était l’un des principaux artistes plasticiens contemporains français. Christian Boltanski est décédé ce mercredi 14 juillet à l’âge de 76 ans. Photographe, sculpteur et cinéaste, il était notamment connu pour ses installations. Une longue maladie l’a emporté.

Il est mort ce matin à l’hôpital Cochin (à Paris), où il était depuis quelques jours. Il était malade. C’était un homme pudique, il a caché les choses aussi longtemps qu’il a pu”, a déclaré à l’AFP Bernard Blistène.

Le devoir de mémoire, un de ses grands combats

Né en 1944 d’un père juif, il est fortement marqué par la Seconde guerre mondiale. Son père se cache sous le plancher de l’appartement familial et simule un divorce avec sa femme pour éviter la déportation. Cet épisode a évidemment forgé l’homme qu’est devenu Christian Boltanski. Toute sa vie, il luttera alors par l’art pour rappeler au monde ce qu’il s’est passé durant ces 6 années sombres de la Seconde guerre mondiale.

D’abord peintre pour fuir la réalité, celle-ci le rattrape dans toutes ses œuvres. “Je raconte toujours la même chose. Pour moi, mais je pense que c’est comme ça pour tous les artistes, il y a un trauma de départ, et après ça toute sa vie, on va essayer de parler de ce trauma ou de s’en guérir“, livrait-il à France Culture.

Parmi ses œuvres les plus connues, La réserve du musée des enfants, faite en 1989. Dans celle-ci, des habits d’enfants sont entreposés dans des étagères. Des simples vêtements qui nous permettent de sentir la présence des enfants. Par là, il voulait ainsi nous rappeler les victimes parfois très jeunes de l’holocauste. Il avait réitéré avec Personnes en 2010, une montagne de vêtements ainsi que des casiers numérotés, toujours pour rappeler les pertes terribles de la guerre. Par des chiffres et des vêtements, ce sont des victimes anonymes qui nous font face, comme les spectres d’âmes déchues.

Le monde culturel avec Boltanski

De nombreuses personnalités et établissements du monde culturel ont rendu un fort hommage à l’artiste. “Immense peine d’apprendre la disparition de Christian Boltanski, cet immense artiste, cet ami qui nous aidait à réfléchir à la condition humaine, au temps qui nous reste, à la mort. En ce 14 juillet, la France perd l’un de ses plus grands artistes.” a par exemple écrit l’ancienne ministre de la culture et de la communication Aurélie Filippetti.

Pour se rappeler de ses œuvres, un devoir de mémoire devra aussi être fait. Il plaidait pour une “transmission par la connaissance” comme il le disait sur France Culture. La plupart de ses créations n’ont donc pas été conservées par sa volonté.

A lire aussi : 5 éléments pour comprendre … les années terribles de la Révolution française (1792-1795)

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Journaliste et étudiant à l'École d'Histoire de La Sorbonne.
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