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Comprendre les manifestations en Iran en cinq minutes

Depuis six jours, l’Iran est agité par de violentes manifestations contre les difficultés économiques et le régime d’Hassan Rohani. La protestation s’est propagée dans une quarantaine de villes et a fait au moins 21 morts depuis jeudi dernier.

Commencé à Machad, deuxième ville d’Iran située dans l’est du pays, le mouvement de colère s’est rapidement propagé à la capitale, Téhéran, et aux villes alentours. Il s’agit des plus importantes manifestations depuis celles intervenues après la réélection du conservateur Mahmoud Ahmadinejad à la présidence, en 2009.

Situation économique difficile

Les manifestations sonnent comme une réponse à l’annonce du budget 2018 débattu ces dernières semaines au parlement iranien. Celui-ci prévoit de réduire l’aide sociale aux retraités et d’augmenter le prix de l’essence. Les slogans des manifestants pointent la corruption et la situation économique difficile du pays.

Hassan Rohani, président modéré réélu en mai 2017, avait pourtant promis, pendant sa campagne, de relancer l’économie. L’accord de Vienne sur le nucléaire, signé de sa main le 14 juillet 2015, permettait la levée des sanctions économiques imposées par la communauté internationale. L’Iran possède notamment la deuxième réserve mondiale de gaz et une quantité importante de gisements pétroliers. Pourtant, malgré ce contexte favorable, 12% de la population demeurent sans emploi. Ce chiffre est particulièrement important chez les jeunes puisque 28,8% d’entre eux sont au chômage (statistiques officielles du gouvernement). Mis en perspective avec les dépenses humaines et financières dans la guerre en Syrie, les manifestations se sont vite orientées contre le régime et la diplomatie iraniens.

Selon Thierry Coville, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), malgré le fait que « l’économie [aille] mieux, il faut que rythme de la croissance soit d’au moins 6% par an pour assurer la promotion des jeunes » (elle était de 3,3% en 2017). La déception pour les Iraniens est grande : « [Ils] pensaient que tous leurs problèmes allaient être résolus (avec la levée des sanctions internationales). Huit mois après avoir reconduit Rohani au pouvoir, ils ont le sentiment que rien ne change. »

La jeunesse en colère

Le mouvement protestataire en Iran n’est incarné par aucun leader. Depuis le début de ces évènements, 450 personnes ont été arrêtées officiellement. La plupart de ces manifestants sont « jeunes ou adolescents » et « sans antécédent judiciaire », selon le ministère de l’Intérieur. Les manifestants s’en prennent aux banques, aux édifices religieux et aux bâtiments publics.

L’application de messagerie instantanée, Telegram, utilisée par 20 millions d’Iraniens, a été partiellement bloquée depuis dimanche. Selon l’Islam Republic of Iran Broadcasting (IRIB) News, média d’État, cette coupure vise à « maintenir l’ordre ». Certains groupes de discussion sont suivis par des milliers de personnes. Cette capacité d’organisation a permis l’émergence du mouvement protestataire qui touche le pays depuis jeudi 27 décembre.

Répression implacable contre les « ennemis de l’Iran »

21 personnes dont 16 manifestants auraient été tuées depuis le début de ces évènements.

Hassan Rohani a, dans un premier temps, admis que l’économie iranienne avait besoin « d’une grande opération chirurgicale ». Mais il a très vite changé de ton en exigeant une répression ferme. Le ministère du renseignement a quant à lui prévenu que « les émeutiers et les instigateurs » avaient été identifiés et que « bientôt [il] s’occuperait d’eux ».

Enfin, Ali Khameinei, guide suprême de l’Iran, a accusé les « ennemis de l’Iran » d’être derrière toutes ces contestations en employant « divers moyens – argent, armes, politiques, appareil de renseignement ».

Dans un communiqué daté du 2 janvier, Emmanuel Macron a encouragé « son homologue iranien à la retenue et à l’apaisement ». La visite du ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves le Drian, a été reportée. Il devait initialement se rendre à Téhéran en fin de semaine.

Le président américain Donald Trump a témoigné d’un « grand respect pour les Iraniens qui essayent de se battre contre un gouvernement corrompu »[email protected]

À lire aussi : Accord nucléaire iranien : les conséquences du volte-face américain

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