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Turquie : de nombreux changements s’annoncent après la victoire du oui au référendum

Le président Erdogan a salué “un moment historique” après la courte victoire du oui. Ce vote va donc changer beaucoup de choses au sein du pays.

Avec près de 51%, la Turquie a donc voté oui au référendum proposé par le président Erdogan. Ce référendum proposait au peuple turc une réforme constitutionnelle visant à renforcer les pouvoirs du président. De plus, l’objectif était de faire coïncider les dates des élections législatives et des présidentielles, de supprimer le poste de Premier Ministre et de réformer en profondeur la Justice. Ce projet de référendum apparaissait avant tout comme une réforme de la constitution de 1982. Après plusieurs mois de troubles et de campagnes référendaires, le pays s’apprête donc à ouvrir une nouvelle page de son histoire…avec de nombreux changements à prévoir.

 

Toujours plus de pouvoirs pour Erdogan

Président de la Turquie depuis 2014, Recep Tayyip Erdogan est bien parti pour le rester un bon moment. Avec la victoire du oui, il peut en effet briguer des mandats présidentiels jusqu’en 2029. Il devrait aussi prendre la tête du Parti de la justice et du développement (AKP), une fonction jusque-là occupée par le Premier Ministre. Ce dernier va d’ailleurs disparaître et Erdogan aura un contrôle total du pouvoir législatif et judiciaire en Turquie. Pour de nombreux analystes, le président turc se retrouve avec un “pouvoir sans précédent pour un seul homme”.

 

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Un vote important dans un pays au climat difficile

Après plusieurs mois de campagne, le vote a donc eu lieu avec un dénouement positif pour Erdogan. La victoire du oui renforce donc le président, qui reste toutefois source de contestations au sein de la Turquie. Depuis 2014 qu’il est à la tête du pays, la Turquie a vécu une tentative de coup d’État (juillet 2016) qui a fortement divisé la population. Le court succès à 51% du oui témoigne à elle seule de cette coupure au sein du pays. Après s’être longuement attaqué à ses opposants pendant la campagne, Erdogan devrait toutefois adopter un ton plus apaisant dans les mois à venir. Lors du discours de la victoire, le premier ministre Binali Yildirim a même déclaré que le temps de l’unité et de la solidarité était venu pour la Turquie.

 

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Autre point important dans ce référendum : quelles conséquences pour l’économie de la Turquie ? Face à la récente tentative de coup d’Etat et aux nombreux attentats qui ont frappé le pays, on ne peut pas dire que l’économie en Turquie soit actuellement au meilleur de sa forme. Les récents évènements constituent un frein à l’arrivée de nouveaux investisseurs, de même que les tensions au sein de la population. De plus, la Turquie est en retard au niveau de certaines réformes. Après la victoire du oui, les marchés financiers prédisaient une bonne situation sur le court terme. Mais sur de plus longues échéances, il y a encore trop d’incertitudes et d’inconnues en Turquie.

 

Quel rôle pour la Turquie à l’international ?

Depuis presque deux ans, le sud-est de la Turquie est le théâtre d’affrontements meurtriers entre les forces de l’ordre turques et des séparatistes kurdes. Cela fait suite à la rupture de la trêve avec le Parti des travailleurs du Kurdistant (PKK), qui avait été signée à l’été 2015. Ce conflit existe depuis 1984 et a déjà fait plus de 45 000 victimes. Face à cette situation, le président pourrait ne pas perdre de temps sur cette question : une offensive terrestre serait bientôt lancée dans le nord de l’Irak.

Parmi les combats d’Erdogan pour ce référendum se trouvait le rétablissement de la peine de mort en Turquie. Avec la victoire du oui, cela pourrait entraîner l’abandon de la procédure d’adhésion à l’Union Européenne. La peine de mort constitue en effet une ligne à ne pas franchir pour la commission européenne. Erdogan avait pourtant annoncé qu’il remettrait “sur la table” ce projet d’adhésion, une fois le référendum passé. De plus, s’il veut mettre fin à cette tentative d’adhésion, une autre alternative serait toute trouvée. Erdogan pourrait choisir de privilégier les relations commerciales, en instaurant des unions douanières.

Après le résultat et la victoire du oui, l’Union Européenne appelait d’ailleurs la Turquie à “un consensus national”, demandant aux forces en place d’éviter tout débordement qui pourrait nuire à la Turquie comme à l’Europe. Du côté des dirigeants européens, Angela Merkel exprimait de sérieux doutes sur cette nouvelle institution mais voulait avant tout privilégier le dialogue, tandis que le premier ministre danois se disait “préoccupé” par cette réforme.

 

 

 

 

 

 

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