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Cyclisme : Julian Alaphilippe, de l’armée jusqu’au trône mondial

Julian Alaphilippe est devenu ce dimanche champion du monde de course sur route après sa victoire à Imola en Italie. Le coureur de 28 ans devient le 9e Français à remporter le maillot arc en ciel, 23 ans après Laurent Brochard. De ses débuts à l’armée de terre jusqu’au sacre mondial, le puncheur est aller au bout de son rêve.

Le rêve du coureur français est devenu réalité pour l’éternité ce dimanche lors des championnats de monde à Imola en Italie. Un Julian Alaphilippe en or s’est adjugé le maillot arc-en-ciel de champion du monde à la suite d’une attaque magistrale en haut de la dernière ascension à moins de 12 km de l’arrivée sur le circuit automobile d’Imola. Il devient le 9e français à revêtir la tunique arc en ciel vingt-trois ans après Laurent Brochard en 1997 à Saint-Sébastien en Espagne. Le puncheur déjà très populaire est assurément entré à tout jamais le cœur des Français au terme de cette fin de course folle. Mais avant de triompher sur les routes d’Imola, Julian Alaphilippe a connu une trajectoire aussi fulgurante qu’atypique. Avant de devenir l’un des meilleurs cyclistes au monde, le natif de Saint-Amand-Montrond (18) a été recruté par l’Armée de terre au moment où personne ne voulait de lui. Un mental d’acier et une rage de vaincre infaillible se sont forgés à l’école militaire sur lesquelles se sont construits les plus grands moments de sa carrière. 

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Julian Alaphilippe avec le maillot de champion du monde Crédit : AFP

Des premiers pas dans les rangs de l’armée

Entre Julian Alaphilippe et l’école, l’histoire n’a pas duré longtemps. Alors âgé de 16 ans, Julian Alaphilippe travaille dans un magasin de cycles en alternance et pratique le cyclo-cross où il obtiendra de très bons résultats. Mais à 19 ans, le Berrichon va se blesser gravement au genou stoppant son envol de plein fouet. S’en suit un long passage à vide rempli de doutes où aucun club ne veut de cette bête blessée à l’exception de…. L’équipe cycliste de l’armée de terre. « Si on m’avait dit à 18 ans, quand je galérais avec mon genou, que je serais là aujourd’hui… » confiait Julian Alaphilippe. Le jeune homme quitte sa région natal pour rejoindre la caserne de Saint-Germain-en-Laye où il endosse le cuissard camouflage de l’armée. Ce pari va porter ses fruits : l’adolescent casse-cou et rebelle gagne en maturité et progresse très rapidement sur le vélo. Il grandit et excelle au cyclo-cross où il est médaillé d’argent au championnat de monde junior en 2010. Alors que les équipes français sont insensibles aux performances du jeune Alaphilippe, la Belgique l’accueil à bras ouvert. La formation Etixx-iHNed, réserve de Quick Step, lui propose un contrat professionnel en 2013. Il décide alors de se consacrer entièrement au cyclisme sur route dans lequel on connaît le brillant parcours jusqu’ici.

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Julian Alaphilippe avec le maillot de l’armée de terre, à Rodez (Aveyron) en 2011. Crédit : Etienne Garnier

Le roi des Classiques

D’équipier de luxe en 2014 à leader incontesté de la formation Deceuninck Quick Step en 2020, Julian Alaphilippe a franchi les obstacles au galop garnissant rapidement son palmarès. Épatant en 2015 sur les Classiques Belges avec deux secondes places sur la Flèche Wallonne et Liège-Bastonne-Liège, Julian Alaphilippe se révèle dans le peloton. Si le français enchaine les podiums sur les Classiques et remporte une étape sur la Vuelta et Paris-Nice en 2017, la victoire d’un monument peut définitivement faire basculer la carrière du coureur de la Deceuninck Quick-Step. Et le puncheur ne perd pas de temps en raflant dès l’année suivante La Flèche Wallonne et la Clasica San Sebastien, deux des plus grandes courses cyclistes d’un jour. Pour son premier Tour de France, Julian Alaphilippe impressionne en endossant le maillot à pois en 2018 avec deux victoires d’étape à la clé. En l’espace de trois ans, il devient l’un des meilleurs coureurs au monde et explose aux yeux du grand public. L’année suivante en 2019, il grave son nom sur plusieurs monuments comme Milan-San Remo ou la Strade Bianche mais aussi un Tour de France sublimée par deux victoires d’étapes et 14 jours en jaune. Mais pour Julian Alaphilippe, c’est les classiques et le Mondial plutôt que les grands Tours. Les courses d’un jour constituent jusqu’à présent son meilleur terrain d’expression avant pourquoi pas un jour gagner un Tour de France. Le Français alors âgé de 26 ans à encore d’autres rêves à réaliser…

L’émotion de Julian Alaphilippe après son titre mondial à Imola en Italie ce dimanche. Crédit : AFP

Vélo d’or français en 2019, Julian Alaphilippe ne compte pas s’arrêter là. S’il ne réussit pas à remporter à nouveau la Strade Bianche et Milan-San Remo, il s’offre une étape sur le Tour de France 2020 avec trois jours en jaune. Passé à côté du titre depuis 2017, le Français ne laisse pas passer sa chance et décroche enfin le sacre mondial comme un hommage après la disparition de son père trois mois auparavant. Un immense exploit pour le coureur de 28 ans qui se remémore certainement le chemin parcouru et semé d’embuches pour accomplir son rêve le plus fou : être champion du monde de cyclisme. Son palmarès est d’ores et déjà exceptionnel alors que le Français n’a que 28 ans. Il n’a peut-être pas encore remporter de grands tours mais Julian Alaphilippe est définitivement entré dans le panthéon du cyclisme français pour toujours.

MARCO BERTORELLO | Crédits : AFP

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Journaliste spécialisé dans le Sport
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