Le « V » de la victoire s’est imposé comme un symbole de victoire et de réussite. On l’attribue souvent à Wiston Churchill mais son origine est bien plus mystérieuse qu’on ne le pense. Retour sur la naissance de ce signe emblématique.
Les origines du V remonteraient au XVe siècle. Selon la légende, le commandement du roi Henri V une armée française en supériorité numérique. La bataille tourne alors vite dans le sens des anglais grâce à leur archer. Selon la légende, avant la bataille, les Français, certains de leur victoire, menacent de couper les deux doigts, l’index et le majeur, de chaque archer anglais capturé, rendant ainsi impossible le tir à l’arc. En réponse, les archers anglais auraient brandi ces deux mêmes doigts en signe de défi.
Un Belge, une radio et une lettre
Ce geste prend à nouveau en popularité six siècles plus tard, en plein durant la Seconde Guerre mondiale. C’est l’ancien ministre belge Victor de Laveleye qui propose aux Belges dès le 14 janvier 1941 à la radio de la BBC pour laquelle il est le speaker d’utiliser ce symbole en signe de lutte contre l’occupant. Le choix du V n’est pas annodin. La. lettre estl a première lettre du mot « Victoire » bien sûr mais également du mot néerlandais « Liberté » (Vrijheid).

La création de ce symbole s’était accompagné de ces mots « Il faut que tous les patriotes de Belgique aient un signe de ralliement, qu’ils multiplient ce signe autour d’eux, qu’en le voyant inscrit partout, ils sachent qu’ils sont une multitude » Cet appel s’est imposé comme un réel succès, peu après, fleurissaient en Belgique comme en Hollande et dans le Nord de la France des V. On en trace sur les murs, sur des automobiles d’allemands ou sur des capotes de soldats.
Wiston Churchill immortalise le V
Les échos de cette « campagne des V » prennent tellement d’ampleur qu’ils atteignent les oreilles de Wiston Churchill qui en fait une marque de fabrique. Il se l’approprie et modifie sa direction montrant la paume tournée vers l’extérieur. C’est cette version, cigare en main qui va faire le tour du monde et qui sera collé à tout jamais à l’image du « British Bulldog ».
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La saga du V ne s’arrête pas en 1945. Durant les 60’s, la contre-culture et le mouvement hippie le popularise. Il apparaît de nouveau comme un symbole de paix et pour exprimer une adhésion aux principes de non-violence ou pour promouvoir la résistance passive. Il est également utilisé dans le combat contre la guerre du Viêtnam pour appeler à la fin du conflit. Le geste est également repris par les politiques en marche vers le pouvoir lors d’élections, Jacques Chirac ou Richard Nixon l’utilisent.