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[Edito] Le scandale de l’interdiction de l’ouverture des magasins de bricolage le dimanche

Jeudi dernier, une ordonnance du tribunal de commerce de Bobigny a créé une onde de choc dans le secteur du bricolage, celle-ci interdisant à 14 magasins de bricolage Leroy Merlin et Castorama d’ouvrir le dimanche sous peine d’une astreinte de 120.000 euros par jour. Sans surprise, les magasins ont bravé l’interdiction en ouvrant leurs portes ce matin.

C’est un symbole de plus d’une économie française pleine de contradictions, l’ouverture des magasins le dimanche est actuellement l’objet d’une réglementation complexe et souvent considérée comme injuste par ceux qui sont recalés du moule prévu par le législateur pour ouvrir le dimanche. Il y a par exemple l’autorisation d’ouverture pour les magasins alimentaires jusqu’à 13h, la pause dominicale commençant pour les salariés dès 13 heures, seul le dirigeant peut poursuivre, seul, la gestion de son magasin s’il veut le laisser ouvert le reste de la journée. On peut comprendre l’utilité d’une telle mesure par son utilité pour la population de trouver des magasins alimentaires ouverts chaque jour de la semaine, mais l’enjeu est également économique avec la question des denrées alimentaires périssables (fruits, légumes…) dont la date limite de consommation est déjà courte. Toutefois, la réglementation est loin d’être d’une logique implacable, c’est ainsi qu’on distingue si un magasin se trouve dans une zone commerciale proche d’une agglomération de 1 million d’habitants, auquel cas, une autorisation pour 5 ans est délivrée par la préfecture, c’est également une dérogation qui permet aux magasins dans des zones touristiques d’ouvrir le dimanche.

Une loi contraire à l’intérêt général

Avec cette affaire, on peut se rendre compte de la rupture entre la loi et le législateur qui la vote et le souhait de la population. En effet, comment peut-on justifier qu’on puisse interdire dans le pays du “dialogue social” aux travailleurs volontaires pour travailler le dimanche pour gagner plus de travailler, “En travaillant le dimanche, on gagne entre 300 et 400 euros de plus par mois, dans la situation économique actuelle, c’est pas négligeable” commentait une salariée de Castorama présente à son poste de travail en ce dimanche, aux patrons qui souhaitent ouvrir le dimanche, réalisant prés de 20% de leurs chiffres d’affaires le dimanche comme c’est le cas dans le bricolage de le faire, et aux consommateurs, le bricoleur du dimanche, qui avec cette décision est voué à disparaître, ne pouvant se rendre dans son magasin de bricolage pour acheter ce dont il a besoin.

On peut comprendre l’intention du législateur de ne pas vouloir généraliser le travail le dimanche, qui serait certainement perçu comme une régression sociale par beaucoup, toutefois peut-on aller contre la volonté du travailleur volontaire de gagner plus dans la situation économique actuelle? Sans compter les contrats spécifiques pour les étudiants pour qui travailler le dimanche est une alternative satisfaisante pour gagner plus sans que cela impacte leurs études, ses travailleurs se retrouvent donc privés d’une partie de leurs revenus, ou tout simplement, de leurs contrats de travail. A l’heure où le gouvernement cherche des solutions pour gagner de la croissance et inverser la courbe du chômage, le message envoyé est contradictoire et la ministre Pinel a annoncé qu’elle était prête à faire une concertation avec les différents acteurs.

Un manque de pragmatisme économique

sephora pétition

Une pétition lancée par les salariés de Sephora contre l’action de l’intersyndicale ayant obtenue l’interdiction du travail après 21h

Ce cas de l’ouverture des magasins le dimanche met en relief celui de la fermeture imposée là aussi par la justice du Sephora des Champs-Elysées, tout un symbole là aussi du rôle d’une intersyndicale extérieure à l’entreprise et qui sans avoir consulté les salariés de l’entreprise, attaque l’entreprise en justice et gagne sa fermeture à 21h contre minuit auparavant. Ces partenaires sociaux, censés défendre les salariés sont aussi à condamner dans ces actions idéologiques qui n’ont pour but que de montrer leur existence, en effet, cet arrêt de la Cour d’appel de Paris ne bénéficie à personne, ni aux salariés, là aussi volontaires pour travailler de nuit pour gagner plus, ni à l’entreprise, ni aux consommateurs. On peut même se demander comme l’a fait notre confrère Nicolas Doze sur BFM Business si ces partenaires sociaux ne sont pas devenus des “adversaires sociaux”. Dans la situation économique actuelle, ne pas encourager le travail et la consommation tout en augmentant la pression fiscale, c’est mener une politique économique suicidaire, dans une économie qui contrairement à l’époque où ces avantages sociaux ont été votés, est devenue mondialisée, c’est autant de compétitivité en moins, un message de défiance adressé aux entreprises étrangères qui souhaiteraient investir en France et créer des emplois alors que nos voisins à quelques heures de Paris, ont soit baissé les impôts sur les sociétés (Royaume-Uni) ou mis en place des emplois très précaires (Allemagne). Nul besoin donc d’attendre un rapport sur la compétitivité tel le rapport Gallois, pour gagner en compétitivité, il faut et il suffit de prendre une législation de bon sens, qui favorise le travail et le travailleur, sur toutes les autres considérations périphériques pour libérer la croissance et l’emploi.

Christophe Crepin

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