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ÉDITO : Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy

Quand est-ce que vous comprendrez ? Vous désirez la France, mais la France ne vous veut plus. C’est pourtant simple, c’est comme une histoire d’amour. Vous avez deux possibilités. Soit la séduire avec de nouveaux mots, soit passer à autre chose. Le problème, c’est que vous souhaitez la charmer avec le même discours que lors de votre séparation en 2012. Et que vous n’avez pas l’air disposé à le changer. Petit tour d’horizon des raisons qui doivent vous inciter à partir. Loin. Très loin.

Un discours bloqué sur la droite de la droite

« J’ai changé ». On a envie de vous croire. On a envie de se dire : « il a pris du recul, il est revenu plus apaisé ». Mais non. Vos dents ont poussé. Pour devenir longues. Longues et acérées. Limées à coup de fusils populistes. Déjà en 2012, Vous aviez cédé aux sirènes de l’extrême droite, glissées à l’oreille par un certain Patrick Buisson. Ses idées étaient mêmes devenues la cime de votre programme dans la course à la présidence. Vous vouliez réduire par deux le nombre de migrants légaux, qui concernait majoritairement les regroupements familiaux. Un chiffre difficilement compressible, du fait du droit de vivre en famille. Entre cet épisode et votre retour, on pensait que vous aviez abattu cette embûche, qui n’aurait dû n’être qu’un coup de poker politique.

Mais non. C’était l’arbre qui cachait la forêt. De déclarations en déclarations, vous nous avez confirmé que la parole de Patrick Buisson n’était pas qu’un simple murmure. Elle est devenue votre cri de guerre : “A mort Schengen !”, “Créons une sous-citoyenneté avec les binationaux”, “Expulsons les étrangers en cas de lien avec des activités terroristes”… À force de regarder l’étranger, vous finissez par vous voiler la face. Alors oui c’est plus facile de dénoncer des ennemis extérieurs. L’Europe. Les migrants. La source de tous nos maux. Quelle simplicité ! Et si ce n’était pas eux les problèmes, mais ceux qui les stigmatisent ? Ceux qui les renferment systématiquement dans leurs propres frontières que vous vous obstinez à vouloir dessiner. Vous êtes en train d’entretenir une flamme qui brûle petit à petit les valeurs qui nous ont construites jusque-là : Liberté-Égalité-Fraternité.

Faites attention à vos affaires !

On ne sait même pas par où commencer. De près ou de loin, votre nom est cité dans d’innombrables affaires. Bygmalion, affaire des comptes de campagne, affaire des écoutes, Karachi, Lagarde/Tapie… Et la liste n’est pas finie ! Malgré votre casier judiciaire vierge et la présomption d’innocence, vous finissez par être assimilé au coupable. À tort certes. Mais il apparaît difficile de vous présenter, même aux primaires, dans ces conditions. Un homme politique se doit d’être irréprochable et ne peut se laisser polluer par des affaires annexes. Prendre le risque d’être inculpé pendant une éventuelle campagne présidentielle semble suicidaire. À la fois pour vous. Mais aussi pour votre famille politique. Même si jusqu’ici, vous en êtes toujours sorti indemne…

Les affaires qui menacent Nicolas Sarkozy - Source : sudouest.fr

Les affaires qui menacent Nicolas Sarkozy – Source : sudouest.fr

Un désir de renouveau politique

Ce désir de renouveau n’est pas imputable uniquement à votre personne. Mais vous avez votre part de responsabilité. Voilà désormais plus de trente ans que vous êtes dans l’agora. Ministre de l’Économie, Ministre de l’Intérieur, Président de l’UMP, Président de la République… Vous avez rythmé nos JT pendant tout ce temps-là. Comme d’autres. Cette sensation de déjà-vu devient pesante à terme. L’impression que rien ne change. Que rien ne bouge. C’est tout simplement l’histoire d’une génération de politiques qui arrive en fin de cycle. Et le début d’une autre. L’émergence de jeunes femmes et hommes politiques n’est pas anodine. Avec Emmanuel Macron en chef de file, de nouvelles têtes poussent : Virginie Calmels aux côtés d’Alain Juppé ou encore Geoffroy Didier, candidat à la primaire des Républicains, incarnent déjà le présent.

Cette volonté de changement se ressent également à travers ce souffle nouveau qui pénètre progressivement les joutes de la vie politique française. L’envie de faire de la politique autrement. De participer activement en tant que citoyen, Nuit Debout étant l’exemple le plus frappant de cette vague. Vous ? Vous reniez ce changement. “Des gens qui n’ont rien dans le cerveau”, n’est-ce pas ? Le décalage entre la société et vos idées est devenu trop important pour avoir la prétention de gouverner un pays qui est l’exact opposé de vos pensées. Se retirer n’est qu’une question de bon sens. Il faut parfois savoir dire stop. Comme vous l’aviez fait en 2012. Le moment est de nouveau venu pour vous.

 

À lire aussi :

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Crédit photo à la Une : AFP – Thomas Samson

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