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Edward Snowden, en quête d’asile.

Le désormais ex-consultant de la NSA, à l’origine des fuites sur les pratiques américaines de surveillance, aurait demandé l’asile politique à 21 pays. Mais, toujours bloqué dans la zone de transit d’un aéroport russe, Snowden essuie refus sur refus, et sa situation semble de plus en plus complexe. De son côté, l’administration Obama espère toujours un retour de celui qu’elle accuse d’espionnage.

Depuis dix jours, l’aéroport international Cheremetievo de Moscou est le refuge d’Edward Snowden. C’est depuis ces locaux, par l’intermédiaire de Sarah Harisson, une militante de WikiLeaks qui l’accompagne, que le jeune américain de 30 ans a formulé ses demandes d’asile. Traqué par la justice américaine après ses révélations sur le programme de surveillance PRISM, l’ancien informaticien cherche une terre d’accueil. Selon le site web lanceur d’alerte WikiLeaks, 21 pays ont été sollicités. Parmi eux, la Chine, la Russie, la Bolivie, le Venezuela, l’Allemagne ou… la France.

Mardi matin, François Hollande affirmait ne pas avoir « encore reçu de demande particulière ». Pourtant, depuis les dernières révélations du Guardian et du Spiegel, qui affirment que l’agence de sécurité nationale (NSA) espionne l’Union européenne, les appels à accorder l’asile au lanceur d’alerte se multiplient dans l’hexagone. Jean-Luc Mélenchon, leader du Parti de gauche, demande « que la France accorde l’asile politique à M. Snowden, bienfaiteur de l’Europe qui a permis de démasquer ce complot ». Marine Le Pen s’est elle aussi exprimée sur LCI : « si on n’accorde pas l’asile politique à M. Snowden, à qui exactement est-ce qu’on va l’accorder ? ». Le dire, oui, mais le faire n’est pas si simple. Pour obtenir le statut de réfugié, Snowden doit remplir des critères établis par la convention de Genève. Selon celle-ci, être réfugié implique de risquer une persécution dans son pays d’origine. Un motif difficile à prouver car, d’après Pierre Henry, directeur de France terre d’asile, « même si [Edward Snowden] révèle des choses qui peuvent être considérées comme moralement répréhensibles, les États-Unis sont un Etat démocratique ». Le président Hollande pourrait décider seul d’accueillir l’ancien employé de la CIA et de la NSA, mais, au vu des tensions diplomatiques qu’elle pourrait créer, une telle décision n’est pas à l’ordre du jour.

Refus en cascade

Si l’administration française n’a pour l’instant reçu aucune demande, de nombreux pays y ont déjà répondu. Ainsi, l’Inde et la Pologne ont exprimé leur refus. L’Autriche, la Norvège, l’Espagne et l’Italie ont pour leur part confirmé la réception d’une demande, mais souligné le fait que celle-ci ne répondait pas aux critères officiels. Le voisin allemand étudiera lui le sujet « en conformité avec la loi ».

Vient ensuite le cas de la Russie. Le pays dans lequel le « fugitif » se trouve actuellement n’a pas refusé. Le président Poutine a en effet indiqué que l’américain pouvait obtenir une réponse favorable « s’il cessait ses activités visant à faire du tort aux Etats-Unis ». Une condition à laquelle Snowden ne semble pas vouloir se plier, puisque qu’il a d’ores et déjà annulé sa demande.

Jeu de dupes

Evo Morales en compagnie de Vladimir Poutine. Maxim Shemetov / Pool

Evo Morales en compagnie de Vladimir Poutine.
Maxim Shemetov / Pool

Autre pays concerné, la Bolivie est au cœur d’une polémique depuis ce mardi. Son président, Evo Morales, en visite à Moscou, a laissé entendre que son pays était prêt à accueillir l’homme traqué. Son avion devait regagner La Paz dans la soirée, mais le vol s’est arrêté à Vienne. Suspecté de transporter clandestinement Snowden, l’appareil du président bolivien s’est vu refuser le survol de plusieurs territoires européens. Après inspection, l’avion a finalement pu redécoller dans la matinée de mercredi. Mais les autorités boliviennes ont vivement réagi en dénonçant un « mensonge » et une manipulation de grande ampleur. « Nous avons des soupçons sur le fait que ces pays ont été manipulés par une puissance étrangère, en l’occurrence les États-Unis, afin d’intimider l’État bolivien et le président Evo Morales. », a déclaré Ruben Saavedra, ministre bolivien de la Défense ». Pour Sacha Llorenti, ambassadeur de la Bolivie à L’ONU, cet incident est « interprété comme un acte d’agression ». « Nous avons d’ores et déjà mis en oeuvre une procédure pour dénoncer ces faits devant le secrétaire général de l’ONU », a-t-elle ajouté. Si l’administration Obama ne s’est pas exprimée sur le sujet, elle a en revanche réitéré son désir de voir Edward Snowden revenir.

L’étreinte américaine

Les différents échecs de l’ex-agent font le jeu des Etats-Unis, qui ont « bon espoir » de le récupérer sur leur territoire. Des responsables américains sont « en contact, comme c’est le cas depuis plusieurs jours maintenant, avec de nombreux pays qui pourraient être des lieux de transit ou des destinations finales », a déclaré Jennifer Psaki, porte-parole du département d’Etat. « Ce type de méthode de la part d’un leader mondial n’est pas la justice… Il s’agit des vieux instruments d’agression politique », a réagi Snowden, via un communiqué sur le site WikiLeaks.

Si le traqué veut échapper à la justice américaine, il va vite devoir trouver un allié de circonstance. La pression venue de Washington se fait sentir un peu plus chaque jour, et les efforts se concentrent sur sa personne, au moment même où l’Union européenne attend des réponses. Les agissements américains révélés par Edward Snowden ont choqué, et pourraient même menacer un accord de libre échange entre l’UE et les Etats-Unis.

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