La saga Far Cry est de retour pour un cinquième volet, deux ans après le contrasté épisode Primal. Ubisoft a mis l’accent sur le renouvellement dans la communication autour de son titre : pari tenu ?

La licence d’Ubisoft reprend la suite de Far Cry Primal en nous emmenant dans un univers inhabituel à la série. Adieu l’exotisme de l’Himalaya, bonjour à l’Amérique profonde. En effet, le petit cinquième nous emmène dans le Montana, et plus précisément dans la région fictive de Hope County. Ce territoire est occupé par des fanatiques religieux sous les ordres de la fratrie Seed, dirigée par le charismatique Joseph, persuadé que la fin du monde est proche.  Nous découvrons donc ce nouveau territoire par l’intermédiaire d’un personnage appartenant aux forces de l’ordre. Et nous aurons pour mission de stopper les activités de la secte pour ainsi libérer Hope County du joug de ce vilain gourou aux faux airs de Matthew McConaughey.

America !!!

Ubisoft, spécialiste des mondes ouverts, ne nous déçoit pas sur ce point. La map est grande, vivante, longue a explorer, et on prend un réel plaisir à arpenter ce Montana plus vrai que nature. L’Amérique est au cœur de Far Cry 5, le changement de territoire se fait agréablement sentir. On ressent vraiment la présence de la culture américaine, que ce soit au niveau de la faune (grizzlis, ours noir et cougars) ou de la flore, avec ses immenses séquoia et ses rivières silencieuses et apaisantes. Il en va de même en ce qui concerne la reconstitution de la mentalité des personnages non joueurs, de l’architecture et des véhicules. Coupe mule,t muscle car, et pick up sont au rendez-vous. The Star-Spangled Banner, le drapeau américain, est omniprésent, aux côtés de celui de la secte que nous passerons notre temps à combattre. L’ambiance générale est franchement réussie et Ubisoft nous livre avec Far Cry 5 un monde dans lequel on se plongera avec plaisir.
La trame principale du jeu est originale, en ce que  l’affrontement contre une secte fait écho à des problématiques bien réelles dans l’Amérique de 2018. En outre, cela apporte quelque chose de neuf au genre FPS (jeux de tir à la première personne) d’Ubisoft, plutôt habitué aux conflits armés « classiques ». En quittant les problèmes politiques ou criminels des précédents titres, Far Cry 5 apporte un aspect mystique à l’histoire. Sans pour autant s’éloigner du réel.
La carte se sépare en trois grandes zones, chacune étant dirigée par un membre de la fratrie Seed ( John, Jacob et Faith) et deux beaucoup plus petites (une dirigée par Joseph et une autre par un allié, Dutch). Chacune a sa particularité, que ce soit au niveau des paysages, de la vie qui l’y habite ou de l’utilité qu’elle représente pour la secte.

Graphiquement un peu en dessous des jeux d’aujourd’hui

Far Cry 5

Comme nous l’avons dit, Far Cry 5 est un jeu agréable à explorer. Certaines zones sont de véritables cartes postales, en raison d’un travail très bien mené sur les couleurs et lumières. Le travail artistique coloré, qui met en valeur la richesse des paysages du Montana, et le niveau des détails sont impressionnants. Egalement, il faut noter l’excellent travail mené sur le son, notamment grâce à la qualité des effets sonore du titre et à sa bande originale. Far Cry 5 donne une vraie sensation d’apaisement quand on se perd dans sa nature, quand on va à la pêche par exemple, ou quand on effectue une des très nombreuses activités que le jeu nous propose.

Cependant, on ne sent pas de réelle évolution graphique comme on pouvait le ressentir avec Far Cry 4 et Primal, donnant à ce cinquième opus un air un peu vieillot et usé. On reconnait certes les caractéristiques graphiques de la saga, une faune et flore très présentes et pleines de vie, mais les textures souvent baveuses et le clipping omniprésent sur consoles viennent ternir l’expérience. Il est dommage qu’Ubisoft n’ait pas cherché à en faire plus, comme pour Assassin’s Creed Origins, véritable réussite en la matière.

More of the same ?

Le gameplay de la saga, s’il est bien connu, n’évolue ici pas d’un pouce. Ubisoft ne se renouvelle pas et le jeu nous livre très rapidement une désagréable impression de déjà vu constante. Les animations (lorsqu’on se soigne, par exemple) sont similaires à celles de Far Cry 3 et 4. Il en va de même pour les objectifs à suivre, la prise de camps, détruire des champs ou véhicules ennemis, tout ça est du réchauffé. Non seulement ce type de missions étaient dans présentes dans les précédents titres, mais elles se répètent tout au long du jeu. Heureusement, la présence de compagnons que l’on acquiert durant le jeu et ayant chacun leurs capacités (Pêpêche le cougar, Cheeseburger le grizzli, Nick Rye pilote d’avion, Jess Black maniant l’arc, etc…) permet de varier les approches lors de la réalisation de missions ou d’objectifs. Le nombreux choix d’armes (sniper, arc, fusil, mitraillette, lance-grenades, etc..) et de véhicules (avion, hélicoptère, voiture, camion, quad et bateau) permet aussi de réfléchir aux différentes approches et atténue l’aspect redondant que revêtent les missions et objectifs.
Côté progression du personnage, on retrouve le système de capacités à débloquer. Cette progression est légèrement différente des opus précédents car nous ne nous retrouvons plus avec des capacités boostant le personnage (comme la vision ralentie à l’arc). Les capacités débloquées sont plus réalistes (rechargement rapide, chargeur de munitions plus conséquent, wingsuit, piège de véhicules, crochetage de serrures,etc.) et nous permettent justement d’effectuer plus d’actions sans que notre personnage ne soit trop puissant une fois suffisamment de capacités acquises.

Abre Compétence Far Cry 5

 

Annuler l’apocalypse

Non seulement Ubisoft s’aventure dans de nouvelles contrées dans cet opus, mais innove aussi du côté de l’histoire en prenant un thème particulier, les sectes religieuse. Dans Far Cry 5, comme nous l’avons évoqué, nous devons débarrasser Hope County d’une secte. A cette fin, nous nous retrouvons dans la peau d’un policier qui s’apprête à arrêter le gourou hyper charismatique, Joseph Seed. Seulement, rien ne va se passer comme prévu. Partant de là, votre mission sera de survivre, et de construire une rébellion à même de renverser l’ordre établi par la secte. Malheureusement, l’impression de répétition se fait très vite ressentir dans le déroulé de la quête principale. Des événements, toujours les mêmes, se répètent à chaque fois que nous passons un cap sur la conquête d’une région.

Fort heureusement, la qualité d’écriture des quatre antagonistes (la famille Seed) et de nos alliés nous donne envie d’en savoir plus sur chacun. En effet, la saga Far Cry nous a habitué à une écriture des personnages léchée, entre forte personnalité, charisme, et folie pure. Ce cinquième opus ne déroge pas à la règle. Certaines interactions avec vos alliés sont de véritables perles. On peut toutefois regretter qu’une fois l’heure de l’affrontement contre les boss arrivée, les combats se trouvent finalement bien brouillons et simplets. Sans dévoiler l’intrigue, on noter que la fin du jeu est vraiment marquante, et ajoute au charme du jeu et de son écriture.

Enfin, les missions annexes sont souvent pleines d’originalités et c’est un des rare point sur lequel le jeu arrive à nous surprendre (le festival des testicules, par exemple).

Malgré tous ses défauts, Far Cry 5 est une réussite. Si on a du mal à lui pardonner sa répétition et son gameplay daté, la nervosité de l’action, ainsi que la pluralité des situations sauvent la mise.  Le titre offre globalement une expérience sympathique grâce à la qualité de l’écriture de l’histoire et sa liberté d’action totale. Ubisoft nous produit donc un bon jeu en ce début 2018. Cependant, l’éditeur n’égalise pas la performance de son titre précédent, Assassin’s Creed Origins.