Mardi 10 avril, le groupe Vivendi annonçait le départ de Vincent Bolloré à la présidence de Canal+. L’homme d’affaire souhaite « prendre un peu le large », et a confiance en sa filiale qui reprend des couleurs.

Vincent Bolloré, après la revente de ses chaînes D8 et D17 à Canal+, avait pris en juin 2014 la tête du conseil de surveillance de Vivendi. Actionnaire principal, il accède finalement à la présidence de la filiale Canal+ en septembre 2015. L’homme d’affaire s’est impliqué dans le remaniement de la chaîne. Il considère maintenant que « la route est tracée », et il dit avoir « confiance dans l’équipe en place » pour continuer le redressement de la chaîne. Un changement symbolique puisque le président aux nombreux mandats cède sa place à un proche, Jean-Christophe Thiery, qui a fait l’ensemble de sa carrière dans le groupe Bolloré. Maxime Saada, directeur général jusqu’alors, reprend le rôle de président du directoire de Canal+, en remplacement de Jean-Christophe Thiery.

Le redressement de Canal+

Vincent Bolloré veut « prendre un peu le large», maintenant que le chiffre d’affaire s’est stabilisé et que la filiale repart. Pour Maxime Saada, nouveau président du directoire, la filiale n’est « pas au bout du redressement de Canal+ en France. La route est longue. Mais, depuis septembre 2017, nous voyons une tendance très positive sur le nombre d’abonnés, avec un mois de mars exceptionnel. Nous avons retrouvé de la croissance. Et notre activité internationale va, elle, toujours très bien ». Néanmoins, c’est encore à l’étranger que le groupe enregistre ses plus importantes progressions, notamment en Afrique (+693 000 abonnés en 2017), alors que l’Hexagone en perd encore un grand nombre (-300 000 abonnés en 2017).

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« il n’a pas en soi vocation à diriger une filiale de filiale de son groupe »

Pour Charles Bedouelle, analyste chez Exane BNP Paris, « Canal+ était, dans l’esprit de Vincent Bolloré, l’enfant malade de Vivendi, il avait fait de son redressement un combat personnel. Mais il n’a pas en soi vocation à diriger une filiale de filiale de son groupe ». Notons toute fois que Vincent Bolloré reste actionnaire et membre du conseil de surveillance de Canal+. Pour beaucoup, ce départ ne va pas changer la « politique Bolloré » qui va être appliquée par Jean-Christophe Thiery et Maxime Saada.

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Une convocation des juges

Cette annonce de départ laisse place aujourd’hui à la convocation des juges, qui souhaitent entendre Vincent Bolloré au sujet de ses affaires africaines. Les juges parisiens Serge Tournaire et Aude Buresi soupçonnent les dirigeants du groupe d’avoir facilité l’arrivée au pouvoir de dirigeants africains, en échange de concessions portuaires, par le biais de leur filiale de communication Havas.