Almodóvar, Farhadi, Adèle Exarchopoulos… La 79e édition du Festival de Cannes ouvre ses portes le 12 mai sur la Croisette. Cette année encore, la sélection officielle réserve son lot de surprises et de valeurs sûres. On fait le tour des 5 films qu’il va falloir surveiller de près.
« Coward » de Lukas Dhont

Si un film concentre toutes les attentes de cette édition 2026, c’est bien celui-là. À 34 ans, Lukas Dhont est le seul cinéaste flamand à avoir vu ses trois films sélectionnés à Cannes. Un record qui dit tout du niveau d’exigence du réalisateur belge. En 2018, Girl repartait avec la Caméra d’or. En 2022, Close décrochait le Grand Prix ex-aequo. Autant dire que Coward arrive à Cannes avec une pression monstre et une vraie chance de décrocher la Palme d’or.
Pour ce troisième long métrage, Dhont sort clairement de sa zone de confort. Lui qui nous avait habitués à des récits intimistes plonge cette fois dans la Grande Guerre. En 1916, Pierre sert au front aux côtés de ses camarades. Derrière les tranchées, les soldats tentent de garder le moral. Un jour, il fait la connaissance du flamboyant Francis. Pour contrer la rhétorique de guerre et la misère omniprésente, les deux hommes décident, avec leurs camarades, de monter une revue théâtrale.
“Garance” de Jeanne Herry

Pour la première fois de sa carrière, Jeanne Herry sera en compétition officielle au Festival de Cannes , une étape qui dit tout de la trajectoire de cette cinéaste française désormais incontournable. Pour porter ce quatrième film, elle retrouve Adèle Exarchopoulos, avec qui la complicité n’est plus à prouver : leur précédente collaboration, Je verrai toujours vos visages, avait rencontré un grand succès critique et commercial, avec plus d’un million d’entrées en salles et 8 nominations aux César.
L’histoire ? Garance est une jeune actrice alcoolique. Huit ans d’un parcours fait de déménagements, de travail, de rencontres, de fêtes et d’angoisses, de joies et de coups durs. Vivant au jour le jour dans un petit appartement parisien, elle se sent de plus en plus étouffée par des relations éphémères, une anxiété grandissante et l’emprise silencieuse de son addiction à l’alcool. Son dévouement envers sa jeune sœur malade et une romance naissante avec Pauline, incarnée par Sara Giraudeau, lui offrent une bouée de sauvetage fragile. Un film sur la reconstruction, brutal et tendre à la fois.
“Fjord” de Cristian Mungiu

Cristian Mungiu est un habitué de la Croisette. Il y a près de 20 ans, en 2007, le cinéaste roumain a été récompensé par la Palme d’Or pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours. Cinq ans plus tard, il raflait le Prix du Scénario avec Au-delà des collines. Autant dire qu’à chaque fois que son nom apparaît dans la sélection officielle, les cinéphiles du monde entier dressent l’oreille.
Pour Fjord, il signe son premier film en langue anglaise, porté par un casting de choix : Sebastian Stan et Renate Reinsve. L’histoire ? Les Gheorghiu, un couple roumano-norvégien très pieux, s’installent dans un village au bout d’un fjord où ils se lient rapidement d’amitié avec leurs voisins, les Halberg. Les enfants des deux familles deviennent très proches, malgré des éducations très différentes. Mais lorsque le corps enseignant découvre des ecchymoses sur le corps d’Elia, l’aînée des enfants Gheorghiu, la communauté commence à se poser des questions sur l’éducation traditionnelle que les parents leur imposent.
« Hope » de Na Hong-jin

Difficile de ne pas mentionner ce film tant il fait l’effet d’une bombe dans la sélection. Na Hong-jin n’a signé que quatre longs métrages en près de vingt ans, mais chacun d’eux a marqué les esprits. The Chaser, The Yellow Sea, The Wailing… autant de thrillers coréens devenus des références absolues du genre. Et voilà qu’il revient après dix ans d’absence avec ce qui s’annonce comme son film le plus ambitieux. Cela faisait trois ans que les fan de cinéma espéraient la sélection de ce film
Le casting ? Carrément international. Hwang Jung-min, Zo In-sung et Hoyeon côtoient Michael Fassbender, Alicia Vikander et Taylor Russell. Côté histoire, dans le village isolé de Hope Harbor, près de la Zone Démilitarisée, le chef de la police locale Bum-seok reçoit une alerte inquiétante : un tigre aurait été aperçu dans les environs. Alors que la panique gagne tout le village, il se retrouve forcé d’affronter une réalité qui dépasse l’entendement.
« Histoires parallèles » de Asghar Farhadi

Difficile de parler de Cannes sans citer Asghar Farhadi. Le réalisateur iranien est devenu au fil des années l’un des habitués les plus redoutables de la Croisette. Le Passé, Le Client, Un Héros… à chaque retour, il repart avec un prix. La Palme d’or est jusqu’ici la seule récompense qui lui résiste et cette année, il a clairement les cartes en main pour y remédier.
Pour Histoires parallèles, il retrouve la France et signe un film avec l’un des castings les plus dingues de la sélection. Isabelle Huppert, Virginie Efira, Vincent Cassel, Pierre Niney avec la participation de Catherine Deneuve. L’histoire tourne autour de Sylvie, romancière en panne d’inspiration qui se met à espionner ses voisins. Quand elle embauche le jeune Adam pour l’aider au quotidien, elle est loin de se douter qu’il va tout chambouler. Peu à peu, la frontière entre ce qu’elle invente et ce qu’elle vit réellement finit par s’effacer.