À la uneMusique

Forever 27 (4/5) : Janis Joplin (1943-1970)

Le 4 octobre 1970, la reine du blues et grande féministe, Janis Joplin succombait à une overdose à 27 ans. Tout comme Jimi Hendrix moins d’un mois plus tôt et Jim Morrison quelques mois plus tard, elle rejoindra le club des 27.

Le club des 27, très connu dans la pop culture, regroupe des chanteurs de blues et de rock, tous disparus à l’âge de 27 ans. Malédiction ou explication scientifique ? Ce phénomène restera un mystère…

Blues, Flower Power et féminisme, dans les années 60, Janis Joplin est un vrai symbole de liberté. Elle apporte un renouveau, quelque chose de rare avec son style négligé et sa voix cassée. Elle brise l’image de la femme parfaite, répond comme un homme et boit comme un trou. Janis séduit rapidement le public.

« L’homme le plus laid du campus »

Janis Lyn Joplin naît le 19 janvier 1943 à Port Arthur, elle grandit dans un univers conservateur et patriarcal, qu’elle ne conservera pas dans les idées qu’elle prônera plus tard. À l’école, déjà, Janis est vue comme différente et masculine par ses camarades de classe. À l’époque, cette même différence qui fera sont succés dans quelques années, lui vaudra durant sa scolarité d’être harcelé. Pendant son adolescence, Janis commencera à se teindre les cheveux et à arborer un style vestimentaire « négligé ». Au lycée, le harcèlement continuera pour la jeune fille qui sera élu par les autres élèves « Homme le plus laid du campus ». À partir de là, la vision que Janis a sur son propre corps va changer : alors qu’avant, elle se moquer du regard des autres, maintenant il aura presque trop d’importance pour elle.

Mais cet événement va aussi forger la jeune femme qui va davantage se battre pour ses idées. Janis va commencer à lutter contre le conformisme bourgeois et la société de consommation. C’est aussi à cette période qu’elle va faire la connaissance de celui qui deviendra son compagnon de vie, l’alcool.

Californie, hippies et Flower Power

Ne supportant plus l’univers patriarcal de Port Arthur, Janis décide de partir pour la Californie au début des années 60. Elle s’installera à San Francisco dans le quartier de North Beach, le berceau de la culture hippie. Influencée par des personnalités comme celle de Bessie Smith, elle exprimera sa créativité. Là-bas, Janis commence à prendre des drogues dures comme l’héroïne dont elle ne pourra plus se passer. C’est aussi à cette période que Joplin rencontrera Jae Whitaker, une femme afro-américaine, avec qui elle vivra sa première expérience sexuelle. Dans les années 60, aux Etats-Unis, la liberté sexuelle n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui et encore moins pour une femme. Pourtant, toute sa vie, Janis sera le symbole de l’émancipation sexuelle des femmes.

The Big Brother and the Holding Company

Janis Joplin rejoint en 1966 le groupe de musique The Big Brother and the Holding Company, elle en devient rapidement la star. Un an plus tard, le groupe se produit au Monterey Pop Festival, la performance que Janis y fera deviendra la plus célèbre de sa carrière. Le public lui décernera le titre de Reine du Blues. Janis est heureuse, elle obtient enfin la reconnaissance qu’elle a toujours souhaitée, elle séduit chaque jour un peu plus son public.
Le groupe enregistre son deuxième album et déjà un climat tendu commence à s’installer. Janis a toujours plus de nouvelles idées et rien ne va assez vite pour elle, les autres membres n’arrive plus à la suivre et commencent à se sentir en retrait face à elle. Le public semble ne vouloir voir que Janis, son caractère provocant, son humour et son style font d’elle un vrai personnage authentique.

Le dernier recours

Mais le succès sera de courte durée pour Janis Joplin. En 1968, elle quitte The Big Brother and the Holding Company et décidera d’en créer un autre, The Kosmic Blues. Mais cette fois-ci, la chanteuse ne parviendra pas à séduire le public et les critiques seront mauvaises.

Mais il n’y a pas que sur la scène que Janis connaît une descente aux enfers. La jeune femme est malheureuse dans sa vie personnelle aussi. Elle est déprimée par l’échec de son groupe et est très seule. La chanteuse sombre encore plus profond dans l’alcool et la consommation d’héroïne. Pendant l’année 1969, Janis n’est plus que l’ombre d’elle-même. Elle décide de partir au Brésil pour tenter une dernière fois de se relever. Grâce à son nouvel amant, David, Janis va mieux et s’éloigne de la drogue. Mais l’appel de la scène est trop fort, la chanteuse retourne aux Etats-Unis. De nouveau, elle créera un groupe, The Full Tilt Boogie Band. Janis retombe dans la drogue et David la quittera.

Le 4 octobre 1970, Janis Joplin doit enregistrer le morceau Buried Alive in the Blues, mais elle ne se présente pas au studio. Elle sera retrouvé morte dans sa chambre d’hôtel quelques heures plus tard. La chanteuse aura succombé à une overdose d’héroïne à 27 ans. Tout comme elle représentait les femmes de son vivant, Janis deviendra le visage féminin du club des 27 avant qu’Amy Winehouse ne la rejoigne 40 ans plus tard. 

A lire aussi : Forever 27 (3/5) : Jim Morrison (1943-1971)Forever 27 (2/5) : Kurt Cobain (1967-1994)Forever 27 (1/5) : Amy Winehouse (1983 – 2011)

About author

Journaliste
Related posts
À la uneFaits DiversFrance

Sept morts dans des avalanches en Savoie

À la uneCulture

C’était il y a 70 ans … Alice au pays des merveilles, le classique psychédélique

À la uneInternational

La police intervient lors d’une fête de Chris Brown

À la uneFranceSéries Tv

La chanteuse Louane prochainement héroïne d'une série policière sur TF1

Retrouvez VL. sur les réseaux sociaux