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Girondins de Bordeaux : réunion fichue, espoirs déçus

Entre dirigeants et supporters, la rupture s’aggrave. Alors que la Mairie de Bordeaux avait initié un groupe de dialogue, mêlant dirigeants, gloires du club et supporters, pour tenter d’amorcer une réconciliation entre les différentes parties du club girondin impliqués dans le conflit interne qui ronge l’institution marine et blanc, ce mince rayon de soleil a vite laissé place à l’orage. En attendant la tempête ?

2018 – 2020 : LE CHEMIN DE CROIX 

Le divorce ne date pas d’hier. Il faut remonter à l’année 2018 pour retrouver les premières traces, précoces, d’une méfiance du groupe de supporters emblématique des Girondins de Bordeaux, les Ultramarines 1987, envers l’actuel propriétaire du club, le fonds d’investissement King Street. Prévoyant ou trop méfiant, c’est selon, l’association de supporters mettait déjà en garde contre le rachat du FCGB par le groupe américain. En cause, d’après eux : des motivations plus financières que sportives et des garanties financières assez floues. Deux ans plus tard, la situation s’est envenimée, les critiques se sont aggravées. Les méfiances d’hier ont laissé la place aux accusations sans concessions d’aujourd’hui par des supporters remontés qui accusent les propriétaires de leur équipe de cœur de faire disparaître ses valeurs et de le mener à sa perte. Une division interne qui n’est pas sans laisser de traces : depuis le rachat du club, les manifestations de désaccord des Ultramarines se sont multipliées. Entre déclarations de guerre, boycott de rencontres disputées à domicile et réclamations permanentes de démission à l’encontre du président délégué, Frédéric Longuépée, à qui l’on reproche de ne pas faire du terrain sa priorité, rien ne va plus aux Girondins, sur comme en dehors des terrains. À tel point que les dirigeants, d’ordinaire plutôt silencieux à ce sujet, n’avaient pas hésité à dénoncer ouvertement l’attitude de leurs supporters, sortie médiatique considérée par certains observateurs avisés comme un point de non-retour. Une situation dégénérescente qui avait amené l’ancien maire de Bordeaux, Nicolas Florian (LR), à s’exprimer dans les médias pour remettre dans l’ordre dans le club emblématique de la ville : « Ça suffit, ce n’est plus possible. L’image du club est fortement dégradée, et c’est maintenant l’image de Bordeaux qui est écornée ». Une déclaration qui avait légèrement précédé celle de son concurrent pour les élections à la Mairie de Bordeaux, Pierre Hurmic (EELV) : « J’espère pouvoir aboutir sur ce sujet-là (ndlr : la réconciliation entre dirigeants et supporters) très prochainement. Je m’y emploie ». La victoire en juin dernier du candidat écologique aux municipales, lui qui s’était montré particulièrement concerné par la situation des Girondins, avait donné quelques motifs d’espoir aux plus désespérés des supporters. Un mois plus tard, le bilan oscille entre déceptions et point de non retour. Rien d’encourageant.

Communiqué des Ultramarines 1987, publié sur Twitter plus tôt dans la journée

RETOUR À LA CASE DÉPART

Pierre Hurmic, nouvellement élu au Palais Rohan, l’avait promis : « À un moment donné, il faut que tout le monde se mette autour de la table pour sortir de ce climat délétère », avait-il déclaré en mars dernier. Promesse tenue. Un mois après son entrée en fonctions, cet ancien avocat de profession décidait d’initier une table ronde réunissant les différentes parties prenantes du conflit, afin de pouvoir sortir de l’impasse qui, de l’avis général, n’a déjà que trop duré. Une proposition saluée tant par le président Longuépée, dans l’œil du cyclone (« Je salue l’initiative du Maire. Nous en avions parlé et j’avais suggéré qu’un comité consultatif se mette en place, ce que le Maire a accepté »), que par les supporters eux-mêmes, qui espéraient voir naître de cette rencontre « une nouvelle dynamique ». Tout était réuni, en apparence, pour que la voie du dialogue puisse prospérer, posant pour les plus optimistes la première pierre de la réconciliation entre dirigeants et supporters. Tout, ou presque. La présence à la ‘‘table des négociations’’ du nouveau responsable de la sécurité du stade, M. Arnaud Poupard, lui aussi dans le viseur des Ultramarines, fraîchement nommé par M. Longuépée, a fait tâche. Tout comme le prétendu changement de stratégie du maire Pierre Hurmic, à qui les supporters marine et blancs reprochent d’être « bien moins soucieux de la santé du club que de son positionnement de médiateur dans le conflit », lui qui, il est vrai, n’était guère tendre dans ses propos avec le président délégué Longuépée lors de la campagne municipale.
Les Ultramarines s’étaient montrés clairs : la présence de Frédéric Longuépée ne serait pas tolérée. Apparemment, celle de son bras droit non plus. Une contrariété suffisante pour que les deux représentants des supporters quittent la réunion, et que les Ultramarines se retirent de ce groupe de dialogue, comme ils l’ont explicité dans un communiqué publié plus tôt dans la matinée sur le réseau social Twitter. Le seul rayon de soleil dans cette orageuse affaire a donc fait banqueroute aujourd’hui, la réunion de médiation ayant été tué dans l’œuf. Côté dirigeants, Frédéric Longuépée regrette l’arrêt des discussions « malgré ses intentions de pouvoir poursuivre une forme de dialogue ». Il a pour autant précisé qu’il ne désespérait pas de trouver une solution. Côté supporters, on n’a plus beaucoup d’espoir à revendre, déplorant une « thérapie réconciliatrice » en lieu et place d’une « dynamique collective visant à interpeller King Street ». Les Ultramarines souhaitent voir le propriétaire rendre des comptes et les dirigeants quitter le club, sans autre forme de procès.
D’ici là, le conflit ne risque pas de s’arranger.

Alors qu’une table ronde réunissant les différentes parties prenantes du conflit pouvait laisser espérer, enfin, une réconciliation entre dirigeants et supporters, il n’en sera rien. En cause : la présence du responsable sécurité du stade, bras droit de Frédéric Longuépée, à la table des négociations et l’attitude du Maire de Bordeaux, à l’origine de ces discussions, qui ont conduit les représentants des Ultramarines à se retirer du groupe de dialogue. Entérinant le divorce, si besoin était. Faites vos jeux, rien ne va plus !

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Journaliste à VL Média, Bordeaux
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