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Hard-Brexit : vers un échec des négociations entre Londres et Bruxelles ?

Le scénario catastrophe d’un non-accord entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne est au coeur des préoccupations françaises. Edouard Philippe a réuni ses ministres pour mettre en place des mesures de prévention d’un hard-Brexit.

Une longue liste de problèmes… qui demeurent sans solution

Le 23 août, le gouvernement britannique a publié une longue liste des problèmes à résoudre si les négociations entre Londres et Bruxelles se finalisaient sans un accord commun. Entre trois et onze pages de soucis que devra résoudre le Royaume-Uni en cas de hard-Brexit. Et ces onze pages consécutives ne sont pas les dernières. D’ici fin septembre, le gouvernement britannique devrait en publier deux fois plus. Une quantité de dossiers sans réponse qui inquiète et pourrait mener à un vrai scénario catastrophe. D’autant plus que la seule résolution envisageable demeure davantage de négociations avec Bruxelles. Mais il semble évident qu’en mars 2019, la capitale européenne n’accueillera pas son ancien membre à bras ouverts.

Plusieurs domaines de l’économie britannique seraient pleinement touchés. Les droits des travailleurs, les subventions agricoles, l’encadrement du commerce, la finance, la règlementation de l’alimentation bio, les tests de qualité des médicaments, les aides d’Etat, les dons de spermes, … Et bien d’autres qui viennent allonger la liste. Si le Royaume-Uni et l’Union Européenne ne se quittent pas en bons termes, il faudra mettre en place une nouvelle manière d’encadrer ces domaines, actuellement règlementés par des législations européennes.

Confiance chez les Britanniques et mesures de sécurité en France

JOHN THYS / AFP

Pour le ministre britannique du Brexit, Dominic Raab, le scénario du no-deal est “improbable” selon Le Monde. Et Les Echos avancent que Theresa May minimise les retombées d’un Brexit sans accord : « Ce ne serait pas la fin du monde ». Quant à « la famine des sandwichs », décriée par plusieurs médias britanniques suite à un hard-Brexit, ce ne serait que de la « désinformation » déclare M. Raab. Il ajoute : « Qui peut dire de façon crédible que l’UE ne voudra pas continuer à vendre des produits alimentaires aux consommateurs britanniques ? ».

Mais la France n’est pas aussi positive et catégorique. Déjà, Edouard Philippe a réuni lundi après-midi ses ministres pour discuter des retombées d’un Brexit sans accord. Il souhaite mettre en place une série de mesures qui devraient « atténuer les difficultés liées à ce défi inédit », comme l’explique Le Figaro en énoncant un communiqué de Matignon. Les ministres sont chargés de travailler sur « un projet de loi d’habilitation » qui sera voté au Parlement« afin de l’autoriser à adopter par ordonnances certaines de ces mesures ».

Le gouvernement britannique ne sera jamais vraiment détaché des règlementations européennes

Les solutions envisagées par les Britanniques pour répondre à la longue liste de problèmes communiquée par le gouvernement sont majoritairement unilatérales. Dans le secteur financier, le Royaume-Uni promet de perpétuer encore trois ans la reconnaissance du “passeport” permettant aux banques européennes de travailler sur le sol britannique sans devoir s’enregistrer auprès des autorités locales. Il n’est pas dit que l’Union Européenne accorde cette même faveur.

Pour les tests de qualité des médicaments après fabrication, l’interrogation est la même. Après mars 2019, ces tests européens ne devraient plus être reconnus par le Royaume-Uni. Mais le gouvernement britannique s’engage à ce que la législation ne change pas. Du côté de l’UE, le doute plane encore.

A lire aussi : Laurent Wauquiez accuse « l’immigration de masse » d’être une « menace pour la civilisation européenne »

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Etudiante en bicursus Droit et Histoire - Sorbonne et Assas
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