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Interview – Ayumi Roux (Endless Night) : « Beaucoup d’émotion d’en faire partie »

Dès le 3 août, retrouvez la série fantastique Endless Night sur Netflix. Pour l’occasion, nous avons pu échanger avec l’actrice Ayumi Roux, qui incarne le rôle d’Eva, le personnage principale de cette nouvelle série.

C’est quoi Endless Night ? Eva, une jeune fille solitaire de 17 ans, fait la connaissance d’une bande d’ados qui, pour tromper l’ennui, consomment en groupe de l’Icelotropine, un médicament qu’ils volent dans une clinique spécialisée dans les troubles du sommeil. Une petite pilule bleue qui leur permet de plonger ensemble dans des trips oniriques, entre rêve et réalité. Mais alors qu’Eva intègre la bande grâce à l’un d’eux, Sébastien, les rêves des adolescents se transforment en cauchemars contagieux et la frontière avec la réalité se craquelle. Sébastien se retrouve bientôt captif d’un songe labyrinthique dont seule Eva semble avoir la clé…

On te retrouve donc dans Endless Night le 3 août sur Netflix, comment tu présenterais la série ?

C’est une série fantastique, mystérieuse, romantique ou horrifique selon certain.e.s (la limite est fine).  D’abord, et puisque le titre l’évoque déjà, je dirai que cette histoire dans sa forme a été écrite et mise en scène pour nous plonger dans une confusion constante entre ce que l’on dit du rêve et de la réalité, mais aussi du rêve et de ce l’on dit du cauchemar. Ensuite, au travers de l’écriture personnelle, voire presque intime de David Perrault et Emmanuel Voisin, le scénario a paradoxalement peut-être, une lecture dénaturée d’ego, comme si l’on racontait des peurs universelles. C’est en cela que je dirai de cette série qu’elle trouve son « réalisme », la générosité de leur écriture, s’y reconnaître et s’identifier à ne serait-ce qu’une seule de leurs idées.  (Il est important pour moi de préciser, que j’écris ceci à mon dépens seulement et que le risque que je raconte n’importe quoi, reste plus important que la chance que j’aurais à énoncer quelques vérités.) 

© Gaëtan Chekaiban

Tu joues le rôle d’Eva, qu’est-ce que tu peux nous dire sur ton personnage ?

Eva est une fille de 17 ans qui a perdu son père il y a 6 mois quand on ouvre la série. Elle vient d’emménager à Oneiroy avec sa mère, qui elle, n’est pas souvent là à cause de son travail. Au premier abord, elle paraît un peu seule et perdue dans son monde. Et pour cause, elle dort mal car ses rêves l’obsèdent. Un rêve en particulier, celui d’un souvenir de son père.  Elle est en réalité capable sans vraiment le comprendre, de « ramener des choses » de ses rêves. Et ça lui fait peur.  Alors, lorsqu’elle fait la rencontre de Sébastien, atteint de narcolepsie, qui se shoot avec ses amis à l’icélotropine, un médicament provocant consciemment, une phase de sommeil paradoxal: que ce soit son rapport troublé au sommeil ou au rêve, Eva tombe amoureuse de lui et va ainsi se rapprocher de sa bande d’amis.  Comme eux, elle veut réussir à maîtriser ses rêves.

Est-ce que tu te sens plutôt proche ou différente de ce personnage ?

Même si l’on ne partage pas la même histoire, peut-être que la force que j’ai essayée de lui donner est la même que celle avec laquelle j’essaye d’avancer dans la vie. C’est peut-être ce lien qui nous unit.

Comment t’es-tu préparée pour ce rôle ?

Quand j’ai commencé à me pencher sur le scénario, je me suis rendue compte que je ne rêvais plus, enfin que je ne me souvenais plus de mes rêves. J’ai surtout écouté des émissions et podcasts plus ou moins obscurs sur la question pour recommencer à rêver. Et puis je travaillais encore sur un projet la semaine qui précédait le tournage d’Endless night, alors quand on a commencé à tourner, je me suis retrouvée à travailler un peu au jour le jour. C’est aussi ça qui a rendu cette expérience si spéciale, j’avais développé une grande confiance envers mes camarades de jeu et l’équipe et je ne me suis jamais sentie aussi en sécurité à l’idée de me tromper qu’avec elle, eux, c’est très précieux. 

Penses-tu que la série, au-delà du côté fantastique, joue-t-elle un rôle de prévention à propos de certains médicaments ?

Peut-être, c’est une question qui est évidemment revenue plusieurs fois pendant le tournage, puisque au-delà de développer une addiction à un médicament, ces jeunes, développent une addiction à contrôler leur inconscient, en viennent jusqu’à fuir leur propre réalité et mépriser ce qu’ils sont vraiment. 

Comment as-tu trouvé la série personnellement ?

J’y ai retrouvé toutes les envies que David a pu m’évoquer, au tout début du processus, alors qu’il n’avait même pas encore fini l’écriture du scénario. Au visionnage, ça a été plus de 5 ans de travaux et de rêves des auteurs que je me suis pris en pleine face, c’est beaucoup d’émotion d’en avoir fait partie. 

Peux-tu me parler un peu de ton actualité ?

Dernièrement, j’ai pu prendre un peu de distance avec mon travail, revenir sur des engagements personnels, qui font ce que je suis et peut-être même ce pour quoi je suis devenue à un moment donné, actrice. Ça fait un peu « artiste du bio » de dire cela mais, j’ai le besoin de reconnecter, à certaines périodes où je me sens justement ne plus m’appartenir. Sûrement parce que je n’ai pas encore trouvé l’équilibre entre la recherche et l’exécution. J’ai souvent l’impression de ne pas savoir faire l’un avec l’autre, alors que ça paraît pourtant indispensable.  Il m’arrive de penser que nous, jeunes acteurs, actrices, nous désapprenons vite à réfléchir, puisqu’il est si facile de se satisfaire et de se soumettre au travail qu’on veut bien nous donner, il se pourrait même souvent que cela soit nécessaire pour en avoir justement, du travail.  Au vu de notre retard dans l’audiovisuel en France par rapport à la société actuelle, ce sont déjà des questionnements de privilèges et de privilégié.e.s.

© Gaëtan Chekaiban

Revenons au début, d’où te vient cette passion pour le cinéma ?

D’abord, il y a la télé, il n’y en a pas eu longtemps, mais ça a été mon premier centre d’intérêt, très sérieusement.  Et puis regarder des films comme si c’était rare. Petite, je n’allais pas au cinéma mais quand c’était possible, on en louait. Mon père choisissait un film et mon frère et moi on restait là à attendre parce que ça prenait des heures, pour qu’il s’endorme finalement 10 minutes après le début. Donc, on se retrouvait à regarder genre Andreï Roublev à 6 ans alors que franchement, on n’y comprenait foutrement rien, pour que 3 heures plus tard, encore un quart d’heure (qui parait une éternité) d’une fresque qu’on filme, mon père se réveille tout juste et crie au chef-d’œuvre.  Mais bon, c’était comme ça, je savais que j’avais la chance de voir des films.  Plus tard c’est TCM, une chaîne privée de cinéma classique américain. Ça a pas duré longtemps non plus mais je pense que c’est un peu comme ça que j’ai découvert le cinéma américain. Un tout autre délire mais j’en garde de bons souvenirs.  Bref, je sais pas trop comment je suis passée de cette impression que le cinéma est si loin du monde auquel j’appartiens, à, penser que c’est quasiment normal d’en faire…  

Quelles études as-tu faites ?

J’ai reçu l’enseignement d’Élodie Guibert, Tatiana Spivakova, Anne Suarez et Julien Kosellek. 

Comment s’est passée la transition entre tes études et le « monde réel » ?

J’ai eu « l’opportunité » d’arrêter les études pour rentrer dans la vie active, quand mon agent (Fred Malek) est venu à ma rencontre alors que je ne connaissais rien à cette industrie. Ça a été un peu l’une des grandes rencontres de ma vie. Il m’a tout appris, et m’a énormément protégée, je lui en serai éternellement reconnaissante. La « transition » n’a pas été difficile pour moi, par chance. C’est  plus tard que c’est devenu difficile, quand j’ai commencé à rester un peu plus longtemps sur les plateaux. Finalement, plus on tourne, plus on passe de temps sur les plateaux à ne pas tourner, plus on prend le temps de comprendre comment la machine tourne, et c’est à ce moment-là qu’on voit des choses qui provoquent de la colère. 

© Gaëtan Chekaiban

Pour obtenir un rôle dans un film, il faut passer des castings. Comment se prépare un casting ?

Je vais être de très mauvais conseils puisque je perds tous mes moyens en casting, mais bon, comme tout exercice, ça s’apprend avec le temps. Quand je dois en passer un, je ne réfléchis à rien et j’essaye de faire ce qu’on me demande, c’est tout. Des fois ça passe et puis des fois ça ne passe pas. 

Pour toi, quelles qualités faut-il avoir pour être comédien ou comédienne ?

Franchement, plus je m’y intéresse et plus j’ai l’impression de ne rien connaître au métier, mais c’est aussi ça qui est beau. D’après ce que j’ai pu vivre, ce qui me paraît fondamental c’est l’écoute. On pourrait imaginer que c’est simple, étant donné que c’est la base même de notre mode de communication, mais en réalité on se rend vite compte quand on commence à jouer, que comme tout, ça s’apprend. Et alors, on en vient même à se demander si on n’a pas un peu fabriqué notre écoute jusqu’ici, dans la vie… Bon c’est surtout qu’il y a pas besoin d’être un expert pour comprendre que lorsqu’il n’y en a pas, rien d’autre ne fonctionne. 

As-tu des personnes qui t’inspirent dans ton parcours ?

Si c’est dans l’inspiration que l’on trouve la force de se battre pour ses idées, mes premières sources d’inspiration, sont mes amies, qui ont fait de l’urgence de dire et de faire, mieux, leur vie. Elles sont la raison pour laquelle j’ai un peu d’espoir en la création. 

© Gaëtan Chekaiban

Est-ce qu’il y a un rôle que tu rêves d’incarner ? Souhaiterais-tu tourner avec des acteurs, des réalisateurs en particulier ?

Ce sont des questions qui me dépassent. Pas parce que je n’y ai pas pensé, mais parce que lorsqu’il m’arrive de le faire, la raison me rattrape et je me sens ridicule.

Quel est ton rythme de travail ?

Tout dépend du metteur en scène en réalité, pour que je ne sois pas une source d’inquiétudes pour lui ou elle. Mais aussi du projet, si je pense qu’il est bon de plus ou moins travailler. C’est souvent lorsque je donne l’impression de travailler le moins que je travaille le plus et lorsque je fais semblant de travailler beaucoup, que je ne travaille pas tant que ça. Bon, c’est un peu se tendre des pièges et honnêtement ça ne marche pas sur la durée.  

Que fais-tu quand tu ne tournes pas ?

Je vais résumer ça à, essayer d’apprendre des trucs, n’importe quoi, tout le temps. 

Quels sont tes projets ?

Un film qui s’appelle L’astronaute de Nicolas Giraud sortira prochainement au cinéma. L’histoire raconte le projet fou d’un ingénieur chez Ariane Group, de faire le premier vol spatial habité amateur. 

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