Bonnegueule.fr est le premier site français uniquement dédié à la mode masculine. Plus qu’un blog, c’est une marque, un concept et une entreprise. Sa mission : « réconcilier les hommes et la mode masculine » grâce à des livres, des formations en ligne, du coaching…
Ce « concept-blog » comptait plus de deux millions de visiteurs uniques en 2014, et la première collection Bonne Gueule a été lancée en février 2014.
A l’occasion de la Fashion Week, nous avons interrogé l’un de ses fondateurs, Geoffrey Bruyère, sur la mode du point de vue des hommes.

Radio-VL : Parlez-nous des débuts de Bonne Gueule.

Geoffrey Bruyère : Le blog est né en 2007, et j’ai rejoint Benoît Wojtenka (ndlr : co-fondateur du site) en 2011. C’était un hobby au départ, on avait plaisir à partager nos découvertes. A l’époque, il y avait très peu de contenu sur la mode masculine sur Internet. Il devait y avoir deux ou trois blogs maximum sur le sujet. Et on était les seuls à se positionner sur l’aspect « conseil » et sur la qualité des vêtements.

RVL : Et aujourd’hui ?

GB : Il y a plus de concurrence actuellement. Surtout, on voit apparaître une tendance chez les médias et les e-commerçants, qui cherchent de nouvelles sources de revenus. Les médias vont créer leurs e-shops tandis que les e-commerçants vont créer des contenus pour fidéliser les gens.

RVL : Quelles sont les réactions des gens quand ils découvrent le site, en général ?

GB : D’abord, ils sont étonnés. Et très souvent, ils se sentent rassurés quand on leur explique que l’on conserve une indépendance et une liberté de ton, parce que l’impression générale c’est qu’il existe peu de contenus indépendants sur Internet et on retient souvent uniquement les abus des grandes marques. Nous, on a décidé de communiquer moins mais d’investir plus, pour proposer des habits de qualité au même prix. Et du coup les réactions sont plutôt positives dans l’ensemble.

RVL : Quel regard porte-t-on sur la mode masculine, en France ?

GB : En 2007, la mode masculine était encore balbutiante et c’était un peu tabou. Les hommes n’admettaient pas volontiers s’intéresser à la mode. Mais en presque 9 ans, les choses ont bougé. Celui qu’on appelait « métrosexuel » est devenu dans le langage courant un « homme élégant », tout simplement. C’est devenu normal pour un homme de faire attention aux couleurs et à la coupe de ses vêtements.

RVL : Et est-ce différent à l’étranger ?

GB : Je pense qu’en Italie c’est plus intégré dans les mentalités de prendre soin de son image pour un homme et la mode est vraiment un moyen d’exprimer sa créativité, là-bas. Dans les pays anglo-saxons et en Allemagne, c’est un peu pareil.
La France est plus timide. Ici on se positionne plus par rapport à des normes sociales, avec un dress code précis pour les hommes, très souvent dans des tons bleus, gris, noirs ou blancs. C’est assez mal vu de sortir du lot. On reste très sages en France !

RVL : Vous suivez de près la Fashion Week ?

GB : Pas particulièrement. Nous nous intéressons plus à des pièces basiques, intemporelles, qu’à l’air du temps. On ne cherche pas forcément à suivre ce qui est « à la mode ». Les tendances ne sont qu’une donnée parmi d’autres. La Fashion Week est plus du côté éphémère et créatif de la mode.

RVL : Selon vous, y a-t-il des différences entre la mode féminine et la mode masculine ?

GB : Oui, sans vouloir être sexiste, on note des habitudes de consommation différentes pour les hommes et pour les femmes : généralement les hommes auront une vision plus pratique et fonctionnelle des vêtements et auront tendance à investir beaucoup plus que les femmes. Ils font beaucoup moins de shopping, par exemple. Les femmes achètent souvent plus d’habits que les hommes, mais moins cher, et vont peut-être plus chercher à coller aux tendances. Mais c’est vrai qu’il y a de moins en moins de différences entre les deux.

Pour en savoir plus : http://www.bonnegueule.fr/comment-bien-shabiller-homme/