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Le livret A au plus bas.

À partir du 1er août prochain, le taux du livret A passera de 1,75% à 1,25%. Le placement préféré des Français atteint donc son niveau le plus faible de l’histoire. Annoncée ce jeudi matin par Pierre Moscovici, cette décision se justifie par « la situation économique », estime le ministre de l’Économie.

Le livret A à 1,25%, c’est le souvenir de 2009, seule année ou le taux du placement était descendu si bas. Et cette chute record sera donc de nouveau d’actualité le 1er août prochain, comme l’a annoncé ce jeudi 18 juillet le ministre de l’Économie Pierre Moscovici. Une baisse d’un demi pourcent due à la situation économique douloureuse que connaît le pays. Mais, et le paradoxe est là, cette mesure est en réalité une sorte d’offrande faite au livret A, tout comme à son camarade de classe, le livret de développement durable (LDD). En effet, les taux de ceux-ci sont en principe calculés en fonction de l’inflation. Cette dernière ayant perdu 0,9% sur un an, livret A et LDD auraient dû être abaissés autour de 1%. Mais le gouvernement, suivant les conseils de Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, a décidé de ne pas appliquer cette formule, afin de ne pas déprimer davantage les Français. « Une baisse de 1,75 à 1% aurait été très importante », a précisé M. Moscovici. D’après le patron de Bercy, le taux fixé à 1,25% « permet de garantir le pouvoir d’achat du Livret A en le maintenant au-dessus du niveau de l’inflation ». Déjà en février dernier, lorsque le livret A était passé de 2,25% à 1,75%, l’exécutif avait refusé une baisse plus significative imposée par les règles. Reste que le placement le plus utilisé par les Français, qui cumule plus de 260 milliards d’euros de dépôts, atteint son plus faible niveau de l’histoire. Un seuil qu’il a déjà connu entre le 1er août 2009 et le 1er août 2010.

Relancer la croissance

Cette importante modification, décidée par le gouvernement, s’explique par plusieurs motifs. En premier lieu, et comme l’explique le ministre de l’Économie, cette diminution devrait donner de l’air à la Caisse des Dépôts (CDC), et lui permettre un meilleur financement des logements sociaux. La CDC gère en fait les sommes déposées sur les livrets A, en prêtant notamment aux offices HLM. Et, « moins l’épargne est rémunérée, moins elle est coûteuse pour la Caisse des Dépôts, plus les offices HLM à qui nous prêtons s’y retrouvent », explique Jean-Pierre Jouyet, président de cette Caisse des Dépôts et Consignations.

Ensuite, cette manœuvre vise la croissance. Rendre livret A et LDD moins attractifs pourrait inciter les Français à moins placer, et donc à consommer plus. Un effet boomerang possible allié d’une croissance en détresse. « De mon point de vue, la priorité, c’est le redémarrage de la croissance. Le fait que les taux d’intérêts baissent, d’une façon générale, c’est une bonne chose. », affirme Christian Noyer. Le taux du livret A, un sujet toujours sensible, d’autant qu’il influe sur le taux de nombreux autres crédits bancaires, et qu’il fait référence aux banques en matière de fixation des prix de certains produits d’épargne.

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