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Le procès de 18 aficionados relance la question des corridas

Aujourd’hui, dix-huit amateurs de corridas se sont retrouvés sur le banc des accusés pour violence contre des manifestants combattant fermement cette pratique. Cette dernière est fortement controversée en France.

Ce jeudi à Nîmes a débuté le procès de 18 aficionados, jugés pour violences contre des militants anti-corridas. Les faits remontent au 8 octobre 2011. Des activistes avaient envahi la piste des arènes gardoises de Rodilhan, et s’étaient fait frapper par des spectateurs. Dix-huit personnes sont ainsi en correctionnel pour « violence commise en réunion », « vol avec violence », « violence aggravée par deux circonstances suivie d’incapacité supérieur à huit jours ». Parmi les inculpés, on compte Serge Reder, le maire de Rodilhan. Quarante-sept victimes ont été convoquées pour ce procès hors-norme, qui se prévoit houleux.

Les activistes anti-corrida dans les arènes de Rodilhan, en octobre 2011. © MaxPPP

Les activistes anti-corrida dans les arènes de Rodilhan, en octobre 2011. © MaxPPP

Une dizaine de cars de CRS ont été déployés et forment deux barrages dans le but de filtrer l’accès au tribunal. Des affrontements entre pro et anti-corridas ont été annoncés. Des militants d’organisations anti-corridas, parmi lesquelles on compte le Comité radicalement anti-corrida (Crac), ont étendu des clichés explicites des blessures et violences infligées lors des évènements.

Une pratique autorisée par la loi

Le débat demeure en France. Les associations de protection des animaux, dont la Fondation 30 Millions d’Amis, se mobilisent pour son interdiction. Laurence Abeille, députée du Val-de-Marne, propose également une loi visant à interdire l’accès des mineurs aux corridas avec mise à mort des taureaux.

Elles se maintiennent toutefois par leur caractère « traditionnel ». Si l’article 521-1 du code pénal sanctionne les « actes de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité », la pratique est autorisée par dérogation depuis 1951. Ses opposants estiment que cette exception instaure une « rupture du principe d’égalité » devant la loi. Seulement, l’argument n’a pas été reçu, puisque la corrida n’a jamais été jugée inconstitutionnelle, et que sa pratique n’est pas interdite.

Un milieu lucratif 

Néanmoins, depuis le 1er juin 2015, la tauromachie ne fait pas plus partie du patrimoine culturel de la France. Selon l’Unesco, ce dernier comprend « les traditions ou les expressions vivantes héritées de nos ancêtres et transmises à nos descendants ». Elle reste cependant pratiquée dans onze départements, où elle génère des flux financiers et touristiques importants. Un taureau de combat peut être vendu entre 9.000 et 18.000 euros. Chaque année, les ferias amènent des millions de personnes dans le Midi. Plus que de décevoir un public d’amateurs, l’interdiction des corridas seraient un coup dur pour ses promoteurs.

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