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Le vote électronique : La démocratie en danger

Imaginez la scène. Nous sommes le dimanche 22 Avril 2012, date du premier tour des élections présidentielles en France, et en bon citoyen, vous vous rendez aux bureaux de vote afin de désigner celui qui vous gouvernera. Armé de votre précieuse carte électorale, vous vous sentez important, puissant, et vous l’êtes. La machine à voter est là, elle vous attend. Et là, alors que vous vous apprêtiez à faire votre choix, une peau de banane apparait soudainement entre vos jambes, vous glissez, vous perdez le contrôle, votre doigt ripe et… vous votez Jacques Cheminade. Vous êtes au comble du désespoir, vous maudissez ces machines électroniques, mais vous vous dites qu’au final conquérir la planète Mars, ça n’est pas une si mauvaise idée.

Le rituel électoral bouleversé

Plus sérieusement, le passage au vote électronique en France, s’il n’est pas encore totalement acté, bouleverse ce que les politistes appellent le « rituel du vote » ou encore la « scénographie électorale ».

La présentation aux bureaux, le passage dans l’isoloir, le bulletin dans l’enveloppe puis dans l’urne, chacune de ces actions participe à une mise en scène spécifique, et constitue le rituel électoral. Nombreux sont les puristes qui y sont attachés et qui voient en l’avènement du vote électronique une forme de danger pour la démocratie.

Certains pensent aussi que « machiniser » le vote, c’est « machiniser » la démocratie. C’est la dure réalité de l’évolution technologique : les hommes délaissent peu à peu leurs pouvoirs et leurs fonctions pour les octroyer aux machines.

Une fiabilité remise en question

Le vote électronique est un système de vote automatisé à l’aide de systèmes informatiques. De fait, les machines à voter sont exposées aux pannes et aux piratages. C’est en tout cas l’avis de Laurent Grégoire, informaticien de profession, et français résidant à Amsterdam, qui se prononce dans Ouest France « contre le système de vote électronique, « que ce soit par internet ou via des machines à voter ». Ce dernier, comme les 700 000 Français de l’étranger, reçoit l’année dernière un courriel du ministère des Affaires étrangères pour tester, en décembre 2011, le nouveau système de vote mis en place par le ministère des Affaires étrangères : le vote par internet. Il s’agissait en réalité d’une expérimentation en vue des élections législatives de 2012. Laurent Grégoire, persuadé de l’existence d’une faille du vote par internet, décide de filmer et de publier une vidéo (« Comment mon ordinateur a voté à ma place ») mettant en scène son acte de piratage. Il y montre que si l’ordinateur depuis lequel l’électeur déclenche le vote est « compromis » (entendre vérolé) par un virus intrusif de type « cheval de Troie », le piratage peut être effectif. Le créateur du virus peut ainsi s’introduire dans votre ordinateur et éventuellement modifier votre choix électoral. Autrement dit quand l’électeur croit voter pour le candidat A, le logiciel envoie en vérité l’information qu’il a voté pour le candidat B. Quant à la vidéo mettant en scène l’acte de piratage, elle n’est plus disponible. Pure coïncidence.

L’évolution technologique est parfois génératrice de dégâts collatéraux. Une démocratie « machinisée », bientôt peut être une démocratie piratée… Le vote électronique, ou la démocratie en danger.

 

Tristan Molineri

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