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Les agriculteurs mobilisés pour bloquer 14 raffineries de l’hexagone

Des agriculteurs bloquent 14 raffineries et dépôts de carburant du groupe Total pour protester contre les importations d’huile de palme. Les conséquences sur l’approvisionnement des stations devraient être mineures.

Les agriculteurs, qui bloquent depuis ce dimanche soir dépôts de carburants et raffineries pour protester contre l’importation de produits agricoles contraires aux normes imposées en France et en Europe, sont prévenus: le gouvernement “ne reviendra pas” sur l’autorisation donnée à Total d’importer de l’huile de palme.

“Ces blocages sont illégaux”, a déclaré à lAFP, lundi le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, estimant que “ce n’est pas en bloquant” des raffineries “qu’on trouvera des solutions”.

Il s’est néanmoins engagé à recevoir mardi les représentants de la FNSEA et ceux des Jeunes Agriculteurs (JA), syndicats qui ont appelé aux blocages pour trois jours reconductibles.

Les paysans ont déployé des tracteurs et des bottes de paille, et répandu des tas de fumier ou de terre devant 14 raffineries ou dépôts de carburant.

Ils souhaitent que le gouvernement renonce à son contingent d’importation d’huile de palme et dénoncent ses “incohérences” : inciter les agriculteurs français à monter en gamme, tout en concluant des accords de commerce internationaux qui provoquent des distorsions de concurrence.

“Le gouvernement ne reviendra pas dessus” l’autorisation donnée à Total d’importer de l’huile de palme pour alimenter sa bioraffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône), qui doit démarrer cet été, a déclaré M. Travert à l’AFP. Jusqu’à 300.000 tonnes par an de cette huile hautement controversée car accusée de favoriser la déforestation en Asie du Sud-Est, doivent être importées. L’agriculture française affirme pouvoir fournir davantage d’huile de tournesol ou de colza, mais plus chère.

A La Mède, une cinquantaine d’agriculteurs étaient rassemblés lundi matin. Les camions de l’usine ont dû faire demi-tour, seuls les salariés ont pu entrer.

“C’est un coup de semonce au gouvernement. Nous ne pouvons pas nous aligner sur les cerises de Turquie, le blé canadien, le bœuf argentin ou l’huile de palme asiatique. S’ils continuent, c’est la mort de l’agriculture française” a prévenu Jean-Paul Comte, président de la FRSEA Paca.

“L’organisation est faite pour durer” car “le dialogue est rompu”, a renchéri Damien Greffin, président de la FRSEA d’Ile-de-France, devant le dépôt de Grigny (Essonne).

 

 

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