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Mogadiscio, l’une des villes les plus dangereuses du monde

Une attaque contre un restaurant de Mogadiscio, ce jeudi 21 janvier, a fait au moins dix-neuf morts. Une violente explosion s’est déclarée. Puis, des hommes armés ont fait irruption dans le Beach View Cafe, établissement du front de mer de la capitale somalienne.

La tuerie a été revendiquée par les rebelles shebabs, affiliés à l’organisation terroriste Al-Quaïda. Quatre des attaquants ont été tués, l’un a été capturé. Cet évènement ne remédie pas à la réputation de la ville. Cette dernière est jugée très dangereuse. Théâtre de la guerre civile somalienne, elle connaît depuis une vingtaine d’années les combats des milices rivales.

Carte de la Somalie. © Ministère de la Défense.

Carte de la Somalie.
© Ministère de la Défense.

Un pays en guerre civile

Le climat de fin du monde à Mogadiscio s’explique en partie par la situation globale du pays. La guerre civile y fait rage depuis 1991, quand le nord-ouest du pays a déclaré son indépendance sous le nom de République de Somaliland. La communauté des somalis y est majoritaire. Elle est composée de groupes autonomes qui ne reconnaissent d’autre autorité que Dieu. L’entité du Somaliland n’est reconnue par aucun gouvernement étranger.

Un combattant shebab guette les soldats de l'AMISOM. © AFP / Abdulle Abikar.

Un combattant shebab guette les soldats de l’AMISOM.
© AFP / Abdulle Abikar.

Le pays est divisé. Le Parlement de transition contrôle le centre et le sud. Le nord-ouest constitue le territoire de Somaliland. Le nord-est se déclare également autonome en 1998, sous le nom de Puntland. Toutes les tentatives de reconstruction de l’État échouent, jusqu’à une conférence de réconciliation en 2003, avec un projet de fédéralisme.

Une ville au centre des combats

Seulement, les affrontements s’échauffent à Mogadiscio. Le Parlement fédéral de transition de Somalie, composé de représentants des grands camps somalis, s’exile au Kenya en 2004. Il siège désormais dans la ville somalienne de Baidoa. Il n’a aucun contrôle sur le pays, et est soutenu à bout de bras par les quelques 7000 soldats de l’Union africaine (AMISOM). En dépit des meilleures intentions, le chaos se maintient dans les rues de Mogadiscio, désormais aux mains de puissantes factions islamistes.

Parmi ces dernières, on peut compter les Shebabs. S’ils contrôlaient la majeure partie du sud de la Somalie, ils ont été chassés de la capitale en 2011. Néanmoins, ils dominent toujours de larges zones rurales. Ils y mènent des attentats-suicides, parfois jusqu’à Mogadiscio.

Mogadiscio, en novembre 2008. © FRANCO PAGETTI,

Mogadiscio, en novembre 2008.
© FRANCO PAGETTI,

Piraterie et famine

Les actes de piraterie sont également de mise. En 2011, les pirates somaliens détenaient plus de 700 otages. Une étude de 2013 de la Banque mondiale a démontré que, pour s’attaquer véritablement à la piraterie, la communauté internationale doit en priorité aider la nation à se doter d’un véritable système politique. Pour le moment, ce n’est pas du tout le cas. Le 17 novembre 2015, le Sous-Secrétaire général des Nations Unies aux droits de l’homme, Ivan Simonovic, a par ailleurs appelé les partenaires de la Somalie à accroitre leur soutien.

La famine touche la ville de plein coeur. En 2011, 250.000 personnes sont mortes de la faim, pour moitié des enfants de moins de cinq ans. Quelques années plus tard, la faim domine toujours. La majorité des personnes qui continuent d’y être exposées sont celles qui ont dû quitter leurs régions pour fuir la famine. Elles vivent dans des camps de fortune entre les bâtiments de la capitale.

Après vingt ans d’oppositions à Mogadiscio, la ville est un spectacle de désolation.

© Photo à la Une : AFP / Farah Abdi.

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