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Sarkozy : la justice valide des écoutes téléphoniques embarrassantes

écoutes téléphoniques

La chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris a autorisé ce jeudi 8 mai l’utilisation des écoutes téléphoniques entre Nicolas Sarkozy et l’avocat Thierry Herzog. La mise en examen du président de l’UMP est donc confirmée. Il est poursuivi pour corruption, trafic d’influence actif et recel de violation du secret professionnel.

La sentence est tombée ce matin et pourrait bien être très lourde pour Nicolas Sarkozy. La cour d’appel de Paris a validé toutes les écoutes téléphoniques (à l’exception d’une seule) engagées entre l’ancien président de la république et l’avocat Thierry Herzog. Le parquet général avait demandé le 4 mars dernier l’annulation de ces écoutes, celle-ci étant selon lui anticonstitutionnelle.

Un recours en vue

Nicolas Sarkozy ne va pas en rester là. Il va maintenant se pourvoir en cassation, afin de demander une nouvelle (et dernière) fois d’annuler l’utilisation de ses écoutes. C’est en tout cas ce qu’ont annoncé les avocats des mis en examen, juste après la décision de la Cour ce matin.

Les avocats semblaient par ailleurs quelque peu étonnés en sortant de la Cour d’appel, tant ils étaient confiants et pensaient que la procédure judiciaire allait être annulée. Maître Paul-Albert Iweins, un des avocats de la défense, dénonce ainsi une décision allant à l’encontre des droits civiques. “Le combat pour le secret des communications entre un avocat et son client n’est pas simplement le combat de Thierry Herzog, c’est le combat de tous les avocats, et il va se poursuivre avec la même ardeur” déclarait-il au micro de France Info :

L’affaire “Bismuth”

Principal point de litige : une ligne téléphonique, sur laquelle Nicolas Sarkozy aurait été mis sur écoute, sans avoir été prévenu au préalable. En 2014, les enquêteurs découvrent qu’il aurait pris contact avec le haut magistrat Gilbert Azibert par l’intermédiaire de son avocat Thierry Herzog afin de “tenter d’influer sur une décision” de la Cour de Cassation le concernant dans l’affaire Bettencourt. “Ou, à tout le moins, pour tenter d’obtenir des informations confidentielles“, d’après une source proche de l’enquête.

En échange de ces services, Nicolas Sarkozy, qui se faisait appeler Paul Bismuth lors de ces échanges téléphoniques, aurait proposé au magistrat de lui offrir un poste haut-placé à Monaco. Depuis, Nicolas Sarkozy a été blanchi dans l’affaire Bettencourt, et Gibert Azibert n’a pas obtenu de promotion à Monaco.

Ces révélations arrivaient dans le cadre d’une toute autre enquête. Nicolas Sarkozy était en effet accusé d’avoir reçu 20 millions d’euros de la Libye pour financer sa campagne de 2007. Certaines sources proches du général Khadafi, alors à la tête de l’État libyen, avaient même été jusqu’à confirmer l’information sur Mediapart :


Financement libyen de Sarkozy : un témoignage… par Mediapart

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