Kim Jong-un l’avait évoqué dans ses voeux du nouvel an… C’est désormais chose faite. Il y aura bien une délégation Nord-Coréenne aux Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang (9 au 25 février). Le rapprochement a été acquit après que les deux parties se soient réunies mardi matin, au coeur de la zone démilitarisée qui sépare les deux Corées.

Première rencontre depuis deux ans

Les délégations du Sud et du Nord de la Corée se sont entretenues mardi 9 janvier. La rencontre a eu lieu dans le village de Panmunjon, dans la zone démilitarisée entre les deux Corée. Ce contact sonne comme des retrouvailles pour les deux pays qui ne s’étaient pas entrevus depuis décembre 2015.

À l’issue de ces discussions, la partie Nord-Coréenne représentée par le président de la commission pour la réunification pacifique, Ri Son-gwon, s’est déclarée prête à envoyer une délégation aux JO d’hiver. « Offrons au peuple un cadeau précieux pour le nouvel an » a déclaré le Nord-Coréen. « Le peuple souhaite ardemment voir le Nord et le Sud aller vers la paix et la réconciliation », a répondu le ministre de l’unification Sud-Coréen, Cho Myoung-gyon.

 

À lire aussi : La Corée du Sud tend la main à Pyongyang pour les J.O 2018

Les lignes téléphoniques fonctionnent de nouveau

Mercredi 3 janvier, les deux leaders coréens s’étaient entretenus au téléphone. Ils réanimaient ainsi, une ligne de contact civile mis en place en 1971. Elle avait plusieurs fois été coupée depuis. La dernière interruption remontait à 2016 alors que les Nord-Coréens menaient des essais nucléaires.

Mercredi matin à 8 heures, ce sera au tour de la ligne militaire d’être rétablit. Elle avait été fermée en 2016 après que Séoul ait décidé de mettre fin au programme industriel de coopération inter-coréenne de Kaesong. Le gouvernement sud-coréen reprochait à leurs voisins de détourner les revenus de ce programme à des fins militaires. 

Une trêve de courte durée ?

Séoul a proposé à Washington de décaler les exercices militaires annuels américano-sud-coréens qui doivent coïncider, en 2018, avec les JO et les Jeux paralympiques. Seulement, le fait qu’ils aient lieu plus tard pourraient ne faire que retarder la fin de cette trêve. Selon Pascal Boniface, directeur de l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris), « Si les manœuvres sont aussi importantes que par le passé, il y aura une reprise des tensions ».

Cette pause pourrait également être écourtée par les Etats-Unis. Dimanche, l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, a rappelé la position du président américain : « [les Nord-Coréens] doivent être d’accord pour parler de l’interdiction de leurs armes nucléaires ».

À lire aussi : « Une guerre nucléaire peut éclater à tout moment » selon la Corée du Nord