La France va-t-elle enfin avoir SA série d’anticipation ? Réponse le 16 novembre avec Transferts, nouveau projet, qui semble en prendre la direction.

C’est quoi Transferts ? Dans un futur proche, le transfert de l’esprit d’un corps à un autre est rendu possible par une substance mystérieuse. Florian, père de famille dans le coma, se réveille un jour dans le corps de Sylvain, un capitaine de police membre d’une brigade spécialisée dans les transferts illégaux.

L’anticipation si présente dans la fiction anglo-saxonne n’est jamais parvenue à se faire une place dans nos séries françaises. Après l’échec de Trépalium sur Arte et Emma sur TF1, on pensait le genre voué à retourner sous d’autres latitudes plus clémentes. Et puis est arrivée Transferts, le nouveau projet d’Arte, qui fit sensation lors du dernier festival Séries Mania et on se prend de nouveau à se dire que c’est possibe. Sujet fort, univers riche et complexe, de vraies réflexions morales, philosophiques, tout était réuni pour donner une série réussie… et on peut vous le dire : la série est totalement réussie et devrait on l’espère s’installer durablement sur nos écrans (si la diffusion en rafale façon Arte ne refroidit pas celles et ceux qui voudraient la découvrir).

Une narration forte qui monte en puissance

Le point fort de la série est de très vite poser les bases de son sujet et les questions qu’elle va soulever. Le petit soucis c’est qu’elle le fait peut-être trop longtemps sur les deux premiers épisodes et le rythme en pâtit un peu. Mais ce qui paraît très vite évident c’est que l’univers de Transferts a été parfaitement pensé, construit et qu’il nous apparaît comme cohérent. Transfert / Contre transfert / Questions religieuses et éthiques / extrémisme de tous bords / collusion du politique et du religieux, la série aborde toutes les questions, certains diront peut-être que Transferts en aborde trop dans le temps qu’il lui ait impartit (6 épisodes) mais il n’y a jamais de sentiment d’indigestion.

A mesure que l’on avance dans la série, la tension augmente de plus en plus et rien ne semble pouvoir arrêter l’engrenage dans lequel est pris notre héros… jusqu’à un final que l’on ne soupçonnait pas et qui relance la série dans une direction des plus intéressantes.
Derrière la question du transfert de l’âme / de l’esprit, la série joue habilement avec une thématique très utilisée dans les séries à savoir le double, le sosie. Qu’arrive-t-il quand sous un nouveau visage, vous prenez la place d’une personne dont vous ignorez tout ? Au delà de l’astuce du « jumeau » utilisé dans des séries comme Ringer ou Two, on pense par exemple à Orphan Black où dès le premier épisode, l’héroïne prend la place de son double sans savoir qui elle est réellement. Les thématiques sont certes éloignées mais les ressorts narratifs assez proches.

Transfert a soigné son casting et sa réalisation

A la différence de Trépalium qui sous pensait nous en mettre plein la vue avec peu, Transferts opte pour une réalisation efficace, rythmée mais qui sait éviter les pièges du cheap.

En anticipation, quand on a peu de moyens, il y a deux solutions : le post-apocalyptique où tout est ravagé et on repart quasiment à zéro (façon Section Zéro, ou Revolution) ou bien le futur proche où l’environnement change peu et où l’on peut centrer les efforts de la mise en images de ce monde un peu différent sur des éléments technologiques. Outre la technique du transfert bien entendu, les touches de modernité sont intelligemment présentées au fil des épisodes pour nous permettre une immersion totale dans cet univers sériel.

Outre sa réalisation, Transferts a aussi parfaitement réussi son casting, donnée essentielle pour nous emporter totalement. Les comédiens, très bien choisis, donnent corps (et âme) à leur personnage.
On mentionne évidemment le héros de Transferts Arieh Worthalter, récompensé pour ce rôle à Séries Mania ; mais comment ne pas aussi évoquer Brune Renault (Béatrice) dans ce vrai beau rôle de femme moderne à laquelle la jeune comédienne donne une dimension toute particulière. A leurs côtés, on retrouve une galerie de comédiens parfaitement choisis comme Thierry Frémont, Patrick Reynal, Patrick Deschamps. Mais on voudrait adresser une mention spéciale à la jeune Pili Groyne. On ne vous dira rien sur son personnage afin de vous laisser la surprise mais on peut dire sans se tromper qu’elle crève l’écran dans Transferts.


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Transferts réussit son pari de nous scotcher à son univers de nous passionner pour ses personnages. La promesse faite sur la série est pleinement remplie et on ne peut que trépigner d’impatience pour une saison 2 en voyant le final de la saison 1. C’est une réussite.