Après un an d’attente, Cherif saison 6 arrive enfin sur France 2. Si l’on prend toujours plaisir à les retrouver, la série semble se chercher davantage. Passage en revue.

C’est quoi Cherif saison 6 ? Kader et Roxane forment désormais un binôme solide et soudé. Leurs trajectoires sont liées : la policière est le premier soutien de Cherif suite à la fuite de Christelle Laurent, la dangereuse criminelle obsédée par lui…  Roxane est également aux premières loges lorsque Kader se retrouve face à Jenifer, fraichement libérée de prison. Fidèle à elle-même la jeune femme est déterminée à récupérer la garde d’Eddy…De son côté, Kader est le témoin privilégié d’une Roxane plus que jamais liée à la vie professionnelle de son mari… L’équipe du commissariat évolue elle aussi : Baudemont a des envies de carrière, Dejax apprend une nouvelle qui va le bousculer au plus haut point, Doucet découvre qu’avoir une fille journaliste se révèle bien plus problématique qu’il ne le pensait, Sarah est de retour et prend son envol, et Maman Cherif a ses secrets… C’est main dans la main que le duo Kader et Roxane, entouré de toute cette famille Cherif, enquête sur une nouvelle série d’affaires plus surprenantes les unes que les autres… 

Cherif saison 6 : le plaisir des retrouvailles

Il est des moments séries de l’année que l’on attend avec une certaine impatience. Avec son parfait timing, Cherif fait accepter plus facilement la fin des fêtes grâce au plaisir de retrouver cette équipe que l’on aime tant depuis 6 ans.
Depuis ses débuts, Cherif a su (dé)jouer les codes des séries télé et des séries policières pour les faire sienne et ainsi créer une parfaite série méta comme il en existe finalement assez peu chez nous. Cette nouvelle saison n’échappe pas à la règle et se paye des hommages directs aux films de maisons hantées, à Mister Robot, à Miami Vice, aux procedurals américains façon Perry Mason ou même aux crimes parfaits façon Columbo, avec en guest Dani Lary, maître français de la grande illusion, ou au film de Capra La vie est belle, revisité dans Dallas (Dejax montre à Cherif ce qu’aurait été leur vie à tous sans lui). Mélangée avec un fil rouge qui alimente la narration au fil de la saison (le retour de Christelle Laurent), c’est dans ces moments là que Cherif est la meilleure. En assumant ses références et en faisant de son personnage un héros conscient d’être un personnage de séries télé -comme quand Cherif se prend en photo avec une belle voiture de cinéma et déclare à Roxane « C’est pour les fans … ils adorent ça« ). Quand elle se souvient de la série qu’elle est et ce qui en fait sa force, Cherif tutoie les sommets de ses meilleurs moments.
Du coup, la seconde partie de la saison 6 l’emporte très largement sur la première, revient à ses fondamentaux, recentre le fil rouge, joue avec codes et références. Le double épisode final est même l’un des meilleurs depuis le début de la série. On ne dévoilera rien bien entendu mais suspense, tendresse et humour sont au rendez-vous. Mieux, le personnage de Cécile Rebboah est l’une des meilleures trouvailles de la série, assumant jusqu’au bout du bout le côté méta de Chérif comme elle l’a rarement fait. Quel impact cette révélation aura sur la série ? Réponse en  saison 7 …

Cherif saison 6 : une saison qui se cherche et un héros plus en retrait

Malheureusement il convient aussi de pointer du doigt ce qui, cette saison, fonctionne nettement moins bien.
Si Cherif a toujours connu des petits creux, il semble cette année plus nombreux.
La première moitié de la saison est plus poussive malgré des petits moments savoureux et certaines intrigues policières clairement moins réussies. La multiplication des intrigues secondaires nous perd et dilue notre attention (comme plusieurs sous-intrigues fil rouge pas toutes nécessaires et qui éloigne du cœur de la saison).
Cherif navigue ainsi entre deux genres : le procedural semi-feuilletonannt et la série policière chorale. Le but est donc clairement affiché : rendre la série plus chorale et pour ça, il faut donner encore plus de coffre aux personnages secondaires en les sortant de leur « rôle type » dans la série. Moins nécessaire aussi, la longue présentation de la vie personnelle de Roxane qui met du temps à trouver un sens (il faut attendre la seconde moitié de la saison pour lui trouver une raison vraie d’être).
Mais le changement le plus notable concerne Cherif lui même. Moins présent, moins dans l’interaction avec sa partenaire, parfois même au second plan, c’est dommage pour une série qui porte son nom (sans doute nécessaire par le travail de préparation d’Abdalhafid Metalsi pour réaliser 2 épisodes – le 6 et le 10).
De même, le sel de la série venait beaucoup de « l’œil qui pétille » d’Abdalhafid Metalsi à chaque apparition de Cherif. On ne sent plus autant cette envie et ce plaisir dans ces nouveaux épisodes où le jeu apparaît plus « mécanique ».


Les points forts de la saison

Le fil rouge principal
Les références aux autres séries … quand elles s’assument totalement
Le travail de Christophe La Pinta, compositeur, pour retravailler régulièrement les grands thèmes de séries américaines. Saurez-vous les retrouver ?
Le travail de Nathalie Blanc (Christelle Laurent) qui campe une psychopathe très réussie
La partition de François Bureloup : quand il permet à son personnage Beaudemont de toucher à l’émotion, le comédien est assez remarquable de justesse.
Les éléments offerts à Aurore Erguy pour assombrir son personnage (dans 2 épisodes). C’est clairement dans cette direction qu’il faut aller avec le personnage.
Le choix très audacieux pour conclure la saison 6. Avec cette fin, Lionel Olenga démontre son amour des séries, c’est quand il a la liberté de jouer avec ce cadre qu’est Cherif qu’il est le meilleur.