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On a vu pour vous … It’s Not Like That, drama familial doux et old school

It’s not like that explore la fragilité des liens familiaux et la possibilité d’une nouvelle relation, entre deuil, reconstruction et attirance impossible.

C’est quoi, It’s not like that ? Dans une banlieue de Géorgie, Malcolm (Scott Foley) est pasteur. Père de trois enfants, il tente de maintenir un équilibre familial depuis la mort de sa femme, Jenny, emportée par un cancer un an plus tôt. En face de chez lui, Lori (Erinn Hayes), mère de deux adolescents, tente de reconstruire sa vie après un divorce douloureux avec un ex-mari alcoolique en rémission. Les deux familles sont liées par  une amitié de longue date, et Malcolm et Lori s’épaulent et se soutiennent dans les épreuves. Malgré eux, ils se rapprochent dans une intimité ambivalente qui ressemble aux prémisses de l’amour. Mais ce n’est pas comme ça… si ? 

Créée par Ian Deitchman (Parenthood) et Kristin Robinson, It’s Not Like That (sur Prime Video) s’inscrit dans la lignée de séries comme Parenthood justement ou 7 à la maison – avec toutefois une touche un peu plus contemporaine et une composante religieuse qui évoque Nobody wants this.  

Pour autant, It’s Not Like That endosse pleinement son héritage des drames familiaux network des années 2000. Rythme lent, dialogues abondants, absence de cynisme, émotion constante : la série va à contre-courant des formats plus modernes basés sur le choc ou la tension permanente. Elle assume pleinement ce côté “old school” avec une forme de douceur tranquille où les émotions se construisent petit à petit. 

Une tragédie du quotidien : vivre après la perte

    Dans une banlieue résidentielle de Géorgie, Malcolm, pasteur et père de trois enfants, tente de surmonter la mort de sa femme, survenue un an plus tôt. Son amie et voisine,  Lori, élève ses deux enfants adolescents et  essaye de se remettre d’un divorce douloureux. Le point central de la série n’est donc pas un événement spectaculaire, mais une question simple : comment continue-t-on à vivre quand tout ce qui structurait notre quotidien a disparu ?

    Les enfants incarnent cette reconstruction chaotique autant voire plus que leurs parents. Chacun a son propre mini-arc narratif, classique mais bien amené. Par exemple, Flora, l’aînée de Malcolm, remet en question sa foi depuis la mort de sa mère, au point de refuser d’assister aux sermons de son père. Merritt et Casey, côté Lori, voient leur relation s’effriter sous le poids des changements familiaux. Même Justin, plus jeune, s’accroche à des détails dérisoires comme le goût du pain de viande de sa mère disparue.

    Les enfants, eux aussi, doivent se reconstruire

    Ce détail résume bien cette approche : il évoque l’absence… à travers un simple plat. Ce geste minuscule raconte davantage le deuil qu’un long monologue. La série excelle précisément dans ces micro-moments : pas de grands twists, pas de révélations artificielles, mais une accumulation de petites scènes émouvantes. Il faut quand même prévenir : parfois, on force un peu sur les bons sentiments, jusqu’à frôler le mielleux. La série n’évite pas totalement cet écueil, certaines séquences appuyant sur le pathos.   

    La foi comme décor, pas comme dogme

      Produite par Amazon via sa filiale Wonder project, qui s’est fait une spécialité des émissions souvent marquées par la religion,  It’s not like that pourrait sembler très marquée “foi chrétienne”, voire prosélyte. Mais dans les faits, la religion fonctionne davantage comme un cadre culturel que comme un discours idéologique. Le série est certes marquée par cette dimension spirituelle mais elle ne cherche pas à imposer une morale. 

      Malcolm est pasteur : il parle de Dieu, de deuil, de consolation. Mais la série prend soin de ne jamais transformer cette dimension en doctrine imposée. La religion devient un langage parmi d’autres pour parler de la perte, pas une réponse définitive à celle-ci. Flora questionne frontalement les croyances de son père. D’autres personnages parlent de sexualité, de désir, de jalousie ou de solitude sans filtre moral.

      C’est sans doute là que It’s Not Like That trouve son équilibre le plus intéressant : dans une spiritualité diffuse, jamais dogmatique, qui coexiste avec des problématiques universelles. On est loin d’un récit religieux au sens strict. La foi est un élément de contexte culturel plus qu’un moteur narratif, qui peut résonner avec d’autres croyances, voire pas de croyance du tout.

      Malcolm et Lori, amis… et plus si affinités ?

      Amitié ou amour, la zone grise émotionnelle

        Le cœur dramatique de la série repose sur la relation entre Malcolm et Lori. Deux adultes brisés, liés par leurs familles, leurs enfants et un passé commun, qui se soutiennent d’abord par nécessité avant que quelque chose de plus ambigu n’émerge.

        Scott Foley apporte à Malcolm une chaleur naturelle, une forme d’empathie tranquille mais fissurée par le deuil. Erinn Hayes, elle, donne à Lori une énergie plus instable, entre humour nerveux et fragilité émotionnelle.

        Leur dynamique est constamment en tension : soutien émotionnel, attirance implicite, loyauté envers les familles, culpabilité diffuse. Leur relation se nourrit d’ambiguïté, notamment quand l’un des deux fréquente une autre personne. Malcolm sort avec l’institutrice de son fils, Lori s’aventure sur les applications de rencontres… Chacun se réjouit pour l’autre, tout en gardant en tête qu’il y a , peut-être, la possibilité de quelque chose entre eux. 

        On croit à cette intimité née de l’amitié. On croit au fait qu’ils se connaissent depuis longtemps. Et quand la frontière devient floue entre soutien affectif et attirance, cette zone grise devient le moteur narratif principal de la série. Leur alchimie fonctionne précisément parce qu’elle repose sur l’indécision : est-ce de l’amitié prolongée ? Une reconstruction affective ? Ou le début d’une histoire  ?

        Classique et bien écrite, It’s Not Like That est une série « confortable ». Et ce n’est pas une critique. Ce n’est pas une série spectaculaire. Ce n’est pas une série qui marque par son originalité formelle. Mais c’est une série qui fonctionne par sa sincérité. Elle parle de deuil sans grandiloquence, de foi sans prosélytisme, d’amour sans certitude. Elle observe des personnages ordinaires dans des situations ordinaires, mais avec suffisamment de justesse et de tendresse pour qu’on s’y laisse prendre. Yes, exactly like that.  

        It’s not like that
        8 épisodes de 45′ environ
        Sur Prime Video

        About author

        Traductrice et chroniqueuse, fille spirituelle de Tony Soprano et de Gemma Teller, Fanny Lombard Allegra a développé une addiction quasi-pathologique aux séries. Maîtrisant le maniement du glaive (grâce à Rome), capable de diagnostiquer un lupus (merci Dr House) et de combattre toutes les créatures surnaturelles (vive les frères Winchester), elle n'a toujours rien compris à la fin de Lost et souffre d'un syndrome de stress post-Breaking Bad
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