Shemar Moore revient sur TF1 en agent du SWAT, dans une série très convenue  – mais néanmoins efficace, grâce à des scènes d’action spectaculaires.

C’est quoi, SWAT ? Lors d’une intervention, le chef du SWAT de Los Angeles – unité d’élite de la police – abat un jeune noir désarmé. Face à la colère de la communauté et aux émeutes raciales qui s’en suivent, il est limogé et remplacé par le sergent afro-américain Daniel « Hondo » Harrelson (Shemar Moore). Si cette promotion calme les esprits, elle attise en revanche le ressentiment du sergent Deacon Kay (Jay Harrington), qui comptait sur le poste. Sous les ordres du nouveau commandant, lui-même issu des quartiers pauvres, l’équipe va devoir accomplir différentes missions risquées dans les zones sensibles de la ville.

Lancée en Octobre 2017 sur CBS, SWAT arrive aujourd’hui sur TF1. Dans l’esprit, il s’agit du reboot d’une série de 1975 portant le même titre (diffusée en France sous le titre Section 4), et qui a déjà fait  l’objet d’une adaptation au cinéma (SWAT, unité d’élite en 2003). Au départ pourtant, le scénariste Aaron Rashan Thomas (Friday Night Lights, Les Experts : Manhattan ) pensait créer une série originale, dont il a écrit le pilote avec son ami Shawn Ryan (showrunner de The Shield). Intéressée par le projet, Sony leur demande toutefois de l’adapter à l’univers de la série SWAT, dont elle détient les droits. Avec Shemar Moore dans le rôle principal et le réalisateur Justin Lin (Fast and Furious) aux commandes du premier épisode, la série obtient ainsi le feu vert ; malgré des audiences modestes, elle a été renouvelée pour une deuxième saison, en cours de diffusion aux États-Unis. Si cette nouvelle version s’accorde des libertés vis-à-vis de la série d’origine, elle en reprend la trame de fond, le nom des personnages et le générique, modernisation de celui des années 1970.

SWAT suit une unité d’élite de la police de Los Angeles, chargée d’intervenir dans les situations de crise, en particulier dans les quartiers difficiles. A la tête de la brigade, on trouve le sergent  Hondo (Shermar Moore, dont l’interprétation parfois un peu monotone est compensée par des abdominaux dont il fait largement étalage – avis féminin totalement subjectif…). Parangon de droiture morale frôlant la perfection, il est profondément impliqué dans la communauté. Afro-américain issu d’un milieu modeste, il a été promu après une bavure commise par son prédécesseur, mais vit mal la situation car il estime qu’il devrait être nommé en raisons de ses mérites et non en vertu d’une discrimination positive ou de questions politiques. Il entretient en outre une liaison secrète avec sa supérieure, le Capitaine Cortez, ce qui les place tous deux dans une situation inconfortable puisqu’ils enfreignent le règlement.

Sa promotion contrarie le sergent Deacon Kay (excellent Jay Harrington), seul membre de l’unité marié et père de famille, qui se retrouve sous les ordres de celui qui était jusque là son subordonné. Le reste de l’équipe réunit Jim Street (Alex Russell), jeune recrue tête brûlée dont la mère est incarcérée ; Dominic Luca (Kenny Johnson), fils et petit-fils d’agents du SWAT, vétéran entièrement dévoué à l’unité au point de lui sacrifier toute vie privée ; Chris Alonso,(Lina Esco), seule femme de l’équipe et donc confrontée au sexisme ambiant ; et l’agent Victor Tan (David Lim).

Shemar Moore, le flic de Los Angeles

Procédural avec une légère trame feuilletonnante, SWAT suit un format éprouvé, dont elle ne s’éloigne jamais. Chaque épisode s’ouvre par une scène montrant un meurtre, un enlèvement ou un opération de trafic de drogue, qui provoque l’entrée en action du SWAT. Nos agents doivent alors enquêter, remonter la piste des criminels et les neutraliser, lors d’interventions musclées où ils utilisent un arsenal militaire impressionnant. En arrière-plan, la vie personnelle des membres de l’unité, leurs relations de travail, les problèmes hiérarchiques qu’ils rencontrent et leurs difficultés familiales constituent un fil conducteur, d’un épisode à l’autre. Malgré les tensions et désaccords ponctuels, la camaraderie et l’esprit d’équipe règnent au sein de l’unité, dont les membres se soutiennent en permanence dans les situations de tension extrême qui sont leur quotidien.

Le point fort de SWAT réside sans nul doute dans ses scènes d’action trépidantes, au nombre de trois ou quatre par épisode. Fusillades, courses-poursuites, explosions… Spectaculaires et impressionnantes, ces séquences-là – qui rappellent celles de Hawaii 5-0 ou NCIS : Los Angeles – vous scotchent à votre siège. C’est du reste évident dès les premières scènes, emblématiques de ce que SWAT fait de mieux.

L’équipe du SWAT, prête à l’action

Séduisante sur le papier, notamment grâce au contexte de tensions raciales et sociales dans lequel elle semble s’inscrire au départ, l’histoire n’est malheureusement pas aussi percutante que ce que l’on pouvait espérer. D’une part, parce que les héros restent enfermés dans des schémas caricaturaux, au point que les dialogues sans éclat et leurs réactions sont faciles à anticiper, malgré les zones d’ombre que tentent de leur insuffler les scénaristes (la relation de Street avec sa mère, par exemple). Surtout, les différentes intrigues manquent d’ambition en terme d’écriture : le déroulement en est prévisible, le dénouement parfois évident dès la première scène, avec des criminels interchangeables qui servent surtout de chair à canon pour le SWAT. C’est d’autant plus regrettable que, lorsque les scénaristes abordent des sujets plus sensibles tels que le racisme, la discrimination ou des aspects plus politiques, ils livrent leurs meilleurs épisodes.

Série d’action pure, SWAT ne nécessite pas une attention soutenue et n’engendre pas de réflexion intellectuelle complexe. Ce n’est pas forcément une critique : bien faite, une série simple, directe et efficace peut s’avérer divertissante et plaisante à suivre. C’est définitivement le cas ici : SWAT reste une série distrayante, dès lors qu’on a conscience de ses limites et qu’on se contente de scénarios simples mais corrects, et de scènes d’action spectaculaires. Oh, et des pectoraux de Shemar Moore.


SWAT (CBS)
Saison 1 – 22 épisodes de 45′ environ.
Diffusion sur TF1 à partir du 8 Janvier à 21H00.