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On débriefe pour vous… Marcella, héroïne perturbée au cœur d’un polar noir

Enquêtrice instable mais fascinante, Marcella donne son nom à cette série britannique – dont TF1 diffusera prochainement une adaptation.

C’est quoi, Marcella ? Inspectrice de police à Londres, Marcella (Anna Friel) a pris un congé pour élever ses enfants, désormais adolescents. Dépressive, elle souffre de périodes d’amnésie ; elle reprend conscience après des trous noirs et ne garde aucun souvenir de ce qui s’est passé. Lorsqu’elle est contactée par son ancien partenaire Rav Sangha (Ray Panthaki), chargé d’élucider des meurtres en série similaires à ceux sur lesquels elle a enquêté sans succès onze ans plus tôt, Marcella demande à réintégrer son ancienne unité. Mais l’investigation va la toucher de très près et la rapprocher dangereusement du gouffre, en raison de son instabilité psychologique. 

Hans Rosenfeldt, c’est l’homme derrière Bron, série qu’il a créée en 2011 et qui a été adaptée aux États-Unis (The bridge) et en France (Tunnel). Il est aussi le showrunner  de Marcella, production britannique dont TF1 prépare sa propre version intitulée Rebecca avec Anne Marivin et Benjamin Biolay. Avec trois saisons disponibles sur Netflix, cette série policière aux intrigues complexes se démarque en particulier grâce à la personnalité de son héroïne. 

Chaque saison reprend à peu près la même construction : une scène-choc en guise d”introduction, une enquête avec son lot de suspects et de rebondissements, des intrigues secondaires sans aucun lien apparent avec le récit principal… jusqu’à ce que toutes les pièces s’emboîtent. Attention, spoilers à suivre dans le résumé des trois saisons. 

Saison 1

Confuse et couverte de sang, Marcella reprend conscience dans sa salle de bains. Retour en arrière : inspectrice de police en retrait depuis des années, Marcella vit une séparation difficile avec son mari Jason (Nicholas Pinnock) et entretient des rapports tendus avec ses enfants. Elle va reprendre du service suite à une série de meurtres brutaux, semblables à ceux sur lesquels elle avait enquêté sans succès. Mais lorsque l’une des victimes s’avère être la nouvelle compagne de son ex-mari, Marcella se retrouve dans une position d’autant plus délicate qu’elle souffre de périodes d’amnésie et ignore alors ce qu’elle a fait ou ce qui lui est arrivé. Et si elle était coupable ? C’est ce qu’elle va tenter de découvrir.

Marcella : enquêtrice, victime et… coupable ?

Saison 2

Marcella est sur le point de sauter dans le vide depuis le toit du commissariat. Nouveau retour en arrière, au cœur d’une nouvelle affaire (la découverte du cadavre d’un petit garçon disparu depuis des années, camarade d’école de son fils) qui va mener Marcella sur une multitude de pistes (détournement de fonds, soupçons d’abus sexuels…) et surtout  la confronter à ses démons en la poussant à chercher à se souvenir du traumatisme refoulé qui a détruit sa vie. Loin d’être une libération, la révélation va la plonger dans une douleur insupportable, aux conséquences tragiques. 

Saison 3

Présumée morte, Marcella vit sous les ponts et a coupé tous les liens avec sa famille et ses collègues. Lorsqu’un inspecteur en charge des opérations sous couverture retrouve sa trace, elle accepte une mission d’infiltration : sous le nom de Keira Devlin, elle se rapproche des Maguire, une famille criminelle irlandaise qui contrôle Belfast. Tandis qu’à Londres, son ancien partenaire enquête sur un meurtre politique impliquant les Maguire, Marcella est la cible d’un harceleur qui semble connaître sa véritable identité et menace de révéler son passé…

Nouveau nom, nouveau look et même instabilité pour Marcella

Les synopsis des trois saisons laissent augurer d’un thriller policier efficace, complexe dans ses multiples ramifications ; les mots « tueur en série », « meurtre d’enfant », « traumatisme refoulé » suggèrent l’atmosphère sombre et lourde qui règne tout au long de la série. Une production britannique, née de l’imagination d’un scénariste suédois : c’est sans doute la meilleure manière de présenter Marcella, où l’on retrouve un ton propre aux séries anglo-saxonnes mais aussi un style « polar nordique » très caractéristique.  Il y a quelque chose de  Luther ou Broadchurch, et quelque chose de The Killing ou Bron

Il y a d’abord cette ambiance froide et crépusculaire, cette obscurité prégnante, cet environnement désolé qui engendrent une forme de mélancolie et une sensation d’oppression ; ces meurtres violents et ces drames pesants. Mais il y a aussi cette héroïne qui, justement, rappelle la Saga Norén de Bron. Comme elle, Marcella est une excellente enquêtrice obsédée par son travail, mais surtout une femme solitaire et fragile, aux accès de violence insoupçonnés et incapable de forger des liens émotionnels car hantée par son passé. Le traumatique qu’elle a subi se manifeste par ces périodes d’amnésie, qui sont à la fois son fardeau et son salut : ces trous noirs la tourmentent, mais ils lui permettent de refouler des souvenirs trop douloureux pour être affrontés. 

Marcella ne donne pas seulement son titre à la série, elle lui confère aussi un angle particulier et toute son originalité.  A mesure que progressent les différentes enquêtes, Marcella émerge dans toute sa noirceur et ses ambivalences. Les autres acteurs ne déméritent pas mais tout la série repose sur ce personnage – et donc sur les épaules de la magnifique Anna Friel, parfaite dans le rôle de cette femme instable et perdue, et qui doute (comme le spectateur) de sa santé mentale. Elle n’est pas forcément sympathique ou attachante ; c’est bien mieux : elle est envoûtante et dérangeante. De plus en plus insaisissable, de plus en plus magnétique aussi, à mesure qu’elle s’enfonce dans la noirceur et la douleur.

Avec son ambiance de thriller nordique, ses multiples rebondissements, sa construction complexe et son héroïne instable, Marcella est une série prenante – grâce à des intrigues criminelles peut-être classiques mais qui tiennent en haleine, et surtout en raison de la personnalité du personnage éponyme.  En attendant de savoir si Rebecca sera aussi fascinante que son acolyte britannique, accompagnez Marcella dans sa descente aux enfers. Le voyage est éprouvant, mais il en vaut la peine.  

Marcella (ITV)
3 saisons – 24 épisodes de 45′ environ.
Disponible sur Netflix. 

About author

Traductrice et chroniqueuse, fille spirituelle de Tony Soprano et de Gemma Teller, Fanny Lombard Allegra a développé une addiction quasi-pathologique aux séries. Maîtrisant le maniement du glaive (grâce à Rome), capable de diagnostiquer un lupus (merci Dr House) et de combattre toutes les créatures surnaturelles (vive les frères Winchester), elle n'a toujours rien compris à la fin de Lost et souffre d'un syndrome de stress post-Breaking Bad
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Rebecca, adaptation française de Marcella, en tournage cet été avec Anne Marivin et Benjamin Biolay