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On regarde ou pas ? Hartley cœur à vif, nouvelle version de la série des années 90

Retour à Hartley High sur Netflix, dans un teen drama plus proche de Sex Education que de la série originale. 

C’est quoi, Hartley, Coeur à Vif (2022) ? Amies inséparables, Amerie (Ayesha Madon) et Harper (Asher Yasbincek) sont élèves au lycée de Hartley. Sur le mur d’un bâtiment désaffecté, elles ont tagué une sorte de carte récapitulant toutes les rumeurs sur les relations sexuelles et amoureuses de leurs camarades. Or, le jour de la rentrée,  le tag est découvert. Consternée, la directrice impose des cours d’éducation sexuelle aux élèves. Quant à Amerie, elle devient une paria détestée par tout le monde, à l’exception de Darren (James Majoos) et Quinni (Chloe Hayden). De surcroît, elle se bagarre avec Harper, qui la rejette sans qu’elle comprenne pourquoi. Entre son béguin pour le beau Dusty (Joshua Heuston), son flirt avec Malachi (Thomas Weatherall), son amitié brisée avec Harper et son surnom de Map bitch, l’année scolaire s’annonce mouvementée pour la jeune fille. 

L’essentiel

Prononcer les mots Hartley, cœur à vif , c’est risquer de provoquer une vague de nostalgie chez ceux qui étaient ados dans les années 1990. A partir de 1994 et durant sept saisons, la série australienne a suivi les parcours croisés des élèves du lycée de Hartley High, de leurs parents et de leurs professeurs, tout en abordant de nombreux problèmes de société.

Aujourd’hui, Netflix nous en propose une nouvelle version. Ou à peu près… L’action se déroule dans le même établissement et on croise certains personnages de la série originale (on vous laisse découvrir lesquels), mais il s’agit moins d’une suite, d’un reboot ou de ce que l’on voudra que d’une déclinaison qui puise largement dans d’autres séries plus récentes.

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On aime

Si ce Hartley s’éloigne radicalement de la série de 1994, ce n’est pas illogique. Les ados des années 2020 n’ont pas les mêmes préoccupations, les mêmes références, les mêmes relations que ceux des années 1990 et on comprend donc que les intrigues et les personnages évoluent. On notera en particulier que la série se veut plus inclusive, avec davantage de personnages LGBTQIA + , sans pour autant donner l’impression de s’efforcer de cocher des cases. 

On pourrait se perdre dans le nombre des élèves, mais le premier épisode trouve une jolie manière de présenter aux spectateurs Amerie, Harper, Ca$h (Will McDonald), Spider (Bryn Chapman Parish), Malakai (Thomas Weatherall) ; le même artifice permet vite de comprendre quelles sont leurs relations les uns avec les autres. Et si certains personnages sont moins intéressants ; ils sont largement compensés par les autres, plus fouillés et attachants. En particulier le duo Darren / Quinni, dont la relation tendre et complice est très émouvante. Ce sont aussi les personnages les plus charismatiques : Darren, adolescent non-binaire excentrique qui galère à faire comprendre son identité de genre à sa famille, ne sait pas comment gérer sa relation avec Ca$h ; Quinni est atteinte d’un trouble du spectre autistique et sa petite amie a souvent du mal à gérer la situation.

Ce Hartley a du rythme, du pep’s et de la bonne humeur. Une fois écartée toute velléité de comparaison avec la série d’origine, si l’on accepte que l’on  puise largement du côté d’autres séries, on se laisse prendre au jeu des relations entre ces ados – qu’elles soient amoureuses, platoniques, sexuelles ou amicales. Les épisodes jouent avec l’humour et le drama, le récit est fluide, il y a de la place pour le rire, l’émotion et la tension… De sorte qu’on enchaîne les épisodes sans difficulté.

On aime moins

Quiconque s’attend à un reboot de Hartley, Cœur à vif  – avec notamment la même approche de thématiques sociales et le même parcours croisé des adolescents et des adultes qui les entourent – sera déçu. Le titre est plus comme un prétexte qu’autre chose. Centrée exclusivement sur ses jeunes héros et en grande partie sur le sexe, la série aborde certes en toile de fond d’autres questions comme les violences sexuelles, les discriminations, la brutalité policière, l’autisme… mais à la va-vite et sans les approfondir. 

Sur le plan narratif, l’explication de la rupture entre Amerie et Harper se construit au fil de flash-backs, jusqu’au final. Mais comme la raison est évidente dès le début, le « mystère » entourant leur dispute est bancal, superflu et casse le rythme du reste de la série.  

Mais le défaut principal de Hartley, c’est ce sentiment de déjà-vu – et pas seulement parce qu’on est face à un teen drama qui parle de sexe. Amerie a indéniablement quelque chose de l’héroïne de Mes premières fois (triangle amoureux  inclus ) ; Darren, c’est le Chester de Genera+ion ; Quinni partage de nombreux points communs avec Lily de Sex Education. C’est du reste avec cette autre série Netflix que la comparaison est la plus criante, aussi bien dans les situations (les cours d’éducation sexuelle ou une épidémie de chlamydia) que dans les réactions des élèves. Il y a aussi du Euphoria ou du Skins… Pour le dire vite, Hartley mixe toutes ces séries sans jamais réussir à trouver un ton qui lui serait propre. 

On regarde si… on a adoré les séries évoquées comme références ; on a envie d’un teen drama rythmé et sympathique ; on n’a jamais vu Hartley version originale et on ne risque donc pas d’être déçu des changements.

On ne regarde pas si… on s’attend à une série reprenant les codes, la dynamique, les intrigues dramatiques et des personnages dans la veine de ceux de la série originale ; on ne voit pas l’intérêt d’une déclinaison de Sex Education ; on préfère largement revoir Hartley version 1994, disponible sur MyTf1.

Hartley, Coeur à vif 
10 épisodes de 50′ environ
Disponible sur Netfli

About author

Traductrice et chroniqueuse, fille spirituelle de Tony Soprano et de Gemma Teller, Fanny Lombard Allegra a développé une addiction quasi-pathologique aux séries. Maîtrisant le maniement du glaive (grâce à Rome), capable de diagnostiquer un lupus (merci Dr House) et de combattre toutes les créatures surnaturelles (vive les frères Winchester), elle n'a toujours rien compris à la fin de Lost et souffre d'un syndrome de stress post-Breaking Bad
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